Régulièrement Michel BUSSI délaisse le polar pour s'aventurer dans d'autres genres. Il l'a fait il y a trois ans au profit (mais pas pour le meilleur) de la science-fiction. Il réitère cette année en se lançant dans le roman historique.
Car Les Ombres du monde est avant tout une reconstitution millimétrée du génocide rwandais et est en cela passionnant. Plus encore, force est de reconnaître que le génocide des Tutsis au Rwanda aura rarement été aussi si bien documenté, y compris par les journalistes, les magistrats ou même les protagonistes de cette horreur. Il faut dire que pour se faire il faut prendre le temps de comprendre les racines culturelles du conflit d'une part, et de faire le tri dans les nombreux mensonges d'Etat (rwandais comme français) qui ont fait entrer ce tragique épisode de trois mois dans l'Histoire mondiale.
Mais Michel BUSSI étant le romancier que l'on sait, il n'en oublie pas pour autant de développer une véritable intrigue qu'il façonne à grand renfort de rebondissements, de faux-semblants et de twists. Cela rassurera ses inconditionnels, ou inquiétera ses détracteurs, c'est selon ; à titre personnel il me semble que les ficelles traditionnelles de l'auteur sont parfaitement adaptées à son propos donnant à son histoire une dimension humaine dans une tragédie qui en manque cruellement.
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