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Premier roman de Dan SIMMONS, Le Chant de Kali est un roman d'horreur mettant en scène une lente descente aux enfers sur Terre.

L’histoire suit Robert Luczak, poète et journaliste américain, envoyé à Calcutta avec sa femme et son bébé pour retrouver un mystérieux manuscrit attribué à un écrivain mythique et supposé mort. Mais dès leur arrivée, la ville s’impose comme un personnage à part entière et se fait de plus en plus dense, étouffante, et bientôt hostile. SIMMONS ne se contente d'ailleurs pas de la décrire mais la fait littéralement ressentir. La chaleur, la foule, la misère et la violence s’infiltrent dans chaque page, jusqu’à créer une sensation d’oppression constante.

Mais Le Chant de Kali ne se contente pas de ce décor exotique inquiétant. Le roman joue avec l’ambiguïté, le surnaturel demeurant flou, insaisissable. Est-ce une réalité ? Une hallucination collective ? Une dérive psychologique ? SIMMONS cultive cette incertitude avec une précision redoutable. Le lecteur, comme le protagoniste, perd progressivement ses repères.

Le véritable cœur du roman réside dans sa brutalité émotionnelle. Là où beaucoup de récits d’horreur s’appuient sur le choc et le spectaculaire, SIMMONS préfère une approche plus insidieuse et développe une tension morale et affective, notamment autour de la cellule familiale. Le sentiment de vulnérabilité — celui de ne pas pouvoir protéger ceux qu’on aime — devient alors l’horreur la plus tangible.

Bien sûr, on pourra aussi reprocher au roman sa vision sombre et parfois caricaturale de l’Inde. Calcutta est de fait présentée à travers un prisme profondément anxiogène et cauchemardesque. Certes, c’est justement un tel choix narratif qui sert le propos du roman, mais cette représentation pourra questionner ceux des lecteurs sensibles aux prises de position ultérieures de SIMMONS.

Pour autant, ce qui reste après la lecture du roman, c'est sa densité en dépit de sa relative brièveté. En 1985, Dan SIMMONS démontrait déjà sa maîtrise dans l’art de mêler horreur psychologique et tension narrative. A la lecture de ce premier roman, on comprend déjà pourquoi il s'imposera comme l'une des grandes voix des littératures de l'imaginaire.

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Le Chant de Kali - Dan SIMMONS (Song of Kali, 1985), traduction de Bernadette EMERICH, illustration de Jean-Marc DENGLOS, Pocket, 2018, 368 pages

Le Chant de Kali - Dan SIMMONS (Song of Kali, 1985), traduction de Bernadette EMERICH, illustration de Jean-Marc DENGLOS, Pocket, 2018, 368 pages

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