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Premier tome d'une trilogie intitulée Kushiel, La marque est un roman de fantasy qui se démarque de la production classique du genre par l'érotisme que l'on y trouve. L'héroïne, et narratrice, a été vendue à la Cour de la Nuit par sa mère dans sa plus tendre enfance. En Terre d'Ange, la Cour de la Nuit est constituée de treize maisons de plaisir, chacune ayant sa propre devise au sujet du sacrifice que fît Naamah, la déesse de l'amour. Phèdre est en outre dotée d'un don rarissime, celui de Kushiel, le dieu de l'amour et de la souffrance ; en d'autres termes elle ne trouve son propre plaisir que dans la douleur. Pour cultiver et développer ce don elle a bénéficié de la formation d'Anafiel Delaunay, lequel veille à ce que l'apprentissage soit complet et non axé sur les seuls arts du plaisir. C'est ainsi qu'à sa majorité elle est une courtisane très prisée, tant pour son don et sa beauté que pour sa culture dans tous les domaines. Elle peut ainsi et surtout récolter quelques secrets d'alcôves qui renseignent Delaunay sur les agissements des ennemis de la cour tourmentée de Terre d'Ange...

 

Ces univers et contexte sont longuement mis en place dans un bon premier tiers du roman qui permet au lecteur de prendre conscience qu'ils sont très largement inspirés de l'Europe de la Renaissance. L'originalité tient bien sûr aux treize maisons de plaisir qui, chacune dans leur spécialité, permettent à l'auteure d'insérer ici et là quelques scènes érotiques plutôt inhabituelles dans ce genre de roman. Mais que l'on ne s'y trompe pas : la prose est raffinée et en aucun cas vulgaire, y compris quand Jacqueline CAREY met en scène le masochisme de Phèdre. Il n'en reste pas moins que cette mise en place est un peu longue et par moment répétitive.

 

Les activités de Phèdre finissent néanmoins par lui faire mettre à jour un complot contre la couronne de Terre d'Ange. Le roman se transforme alors radicalement, puisque Phèdre se trouve alors plongée dans une quête tout ce qu'il y a de classique en fantasy, devenant successivement esclave d'une tribu barbare, puis marin sur un navire de guerre, avant de pouvoir revenir en Terre d'Ange pour sauver la couronne. Même si Phèdre a encore l'occasion de mettre parfois son don en pratique, le roman perd alors toute originalité.

 

La marque est donc un roman ambivalent, se caractérisant clairement par une structure en deux parties. La première est originale mais longue ; la seconde beaucoup plus classique et donc bien moins intéressante. Il n'en demeure pas moins que le tout est extrêment bien fait et que la prose de Jacqueline CAREY est parfaitement adaptée au raffinement du personnage de Phèdre. Etant données les qualités de cette dernière, ce n'est pas à un mince exploit et explique probablement que l'oeuvre ait obtenu le prix Locus du premier roman en 2002.

 

CITRIQ

La marque - Jacqueline CAREY (Kushiel's Dart, 2001), traduction de Frédéric LE BERRE, illustration de Anne-Claire PAYET, Bragelonne, 2008, 792 pages

La marque - Jacqueline CAREY (Kushiel's Dart, 2001), traduction de Frédéric LE BERRE, illustration de Anne-Claire PAYET, Bragelonne, 2008, 792 pages

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