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Avec son nouveau roman, Ken FOLLETT remonte encore le temps pour nous plonger dans la Préhistoire et s’intéresser aux origines d’un monument mythique : Stonehenge.

Le Cercle des jours se déroule quelque deux mille ans avant Jésus-Christ, sur un territoire encore sauvage, dominé par les forces de la nature, les croyances ancestrales et les luttes tribales, et qui deviendra bien plus tard l’Angleterre. Le récit se concentre sur la vie de plusieurs clans installés à proximité d’un immense site sacré, autour duquel s’organisent rites, traditions et rivalités.

Au cœur de l’intrigue se trouve la volonté des plus progressistes de moderniser ce lieu sacré en remplaçant ses constructions de bois, trop fragiles face aux éléments lorsqu’ils se déchaînent, par des pierres monumentales. Or la technologie de l’époque est si rudimentaire que l’idée suscite de vives oppositions. Il faut surtout imaginer, puis inventer, les moyens de transporter et d’ériger ces blocs colossaux. L’idée de Stonehenge est née ; sa concrétisation, elle, s’annonce longue et complexe.

Fidèle à ses habitudes de romancier, Ken FOLLETT va bien au-delà de la seule histoire du monument. Il s’intéresse au poids des traditions et des croyances religieuses dans des sociétés primitives dominées par les chefs et les prêtres. Il accorde également une place importante aux femmes, présentées comme les véritables piliers de la vie sociale. Innovation et conservatisme s’opposent frontalement, montrant comment le progrès peut être perçu comme une menace, et combien les sociétés humaines résistent au changement, même lorsqu’il promet un avenir meilleur.

Les personnages évoluent dans un univers rude, où la survie quotidienne relève du combat. Certains aspirent à un monde plus juste, tandis que d’autres s’accrochent au pouvoir que leur confèrent les rites et la peur des dieux. Cette opposition nourrit l’intrigue et confère au roman une dimension profondément dramatique.

Comme souvent chez FOLLETT, les destins individuels s’entremêlent aux grands mouvements de l’Histoire, même si celle-ci demeure ici largement imaginée, tant l’époque décrite est lointaine.

Force est de reconnaître que l’ensemble est stimulant, notamment dans la reconstitution des techniques artisanales, de l’organisation sociale, de la spiritualité et des rapports à la nature. Mais reconnaissons aussi que Ken FOLLETT use et abuse du manichéisme, faisant parfois flirter son intrigue avec le ridicule, tant les relations humaines sont traitées sans nuance, voire à l’eau de rose. C’est certes là une constante de son œuvre, mais elle se révèle ici particulièrement prégnante.

En refermant Le Cercle des jours, le lecteur reste donc partagé : le sentiment d’avoir découvert une reconstitution historique et sociale aussi crédible qu’intéressante, hélas ternie par une opposition du bien et du mal trop appuyée pour convaincre pleinement.

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Le Cercle des jours - Ken FOLLETT (Circle of Days, 2025), traduction de Odile DEMANGE, Christel GAILLARD-PARIS, Renaud MORIN, Pierre REIGNIER, illustration de Joël RENAUDAT, Robert Laffont, 2025, 616 pages

Le Cercle des jours - Ken FOLLETT (Circle of Days, 2025), traduction de Odile DEMANGE, Christel GAILLARD-PARIS, Renaud MORIN, Pierre REIGNIER, illustration de Joël RENAUDAT, Robert Laffont, 2025, 616 pages

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