Fils de reine, Aatea n'en est pas moins mal né. Dépourvu du filament, l'organe symbiotique qui permet de coexister avec les îles de son univers maritime, il est condamné à une vie de servitude comme navigateur sur les océans en suspension de la Nuée grâce à son don d'onception.
Mais son voilier solaire ayant été la cible de pirates, la société hiérarchisée dans laquelle il vit lui fait perdre bientôt ce droit, ce qui l'amène à fuir les îles et à se lancer seul dans la Nuée, sur les traces de sa grand-mère dont les récits ont bercé son enfance, telle une quête de sens à donner à sa vie...
On avait pu être charmé par son imparfait premier roman il y a deux ans. On le sera encore plus avec son deuxième opus, totalement indépendant, et remarquable quant aux progrès réalisés en termes de world building et de narration. Car Aatea c'est un avant tout un univers très personnel et superbement construit ; c'est aussi une très belle histoire qui confine à une cosmogonie inspirée des origines néocalédoniennes d'Anouck FAURE.
L'univers dans lequel évolue Aatea est donc avant tout maritime puisque la Nuée est un océan suspendu dans les airs où flottent des îles vivantes dotées de systèmes racinaires. C'est l'occasion pour l'auteure d'évoquer des images saisissantes, de rendre hommage à une nature aussi belle qu'impitoyable, et d'imaginer le concept d'onception, capacité pour certains de percevoir les signaux des éléments et de toutes formes de vies. C'est ce don dont est doté Aatea et qui fait de lui un navigateur exceptionnel.
Fantasy poétique, world building exceptionnel, thématique universelle traitée de manière personnelle, le tout magnifié par une quinzaine d'illustrations de l'auteure à l'encre de Chine, Aatea est une vraie réussite qui devrait convaincre les lecteurs encore sceptiques du talent multiple d'Anouck FAURE.
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