Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 21:29

Les murs de sang est le huitième roman écrit à quatre mains par le couple Jérôme CAMUT - Nathalie HUG. Il met en scène un homme traqué qui vit une véritable course contre la montre pour arracher sa fille des griffes de ses ravisseurs. L'exercice est d'autant plus difficile que l'enlèvement est lié à un cambriolage auquel le personnage principal a participé quelques treize années auparavant et qu'il n'arrive pas à faire le lien entre les deux évènements. En outre, pour le lecteur, vient se greffer une troisième période, un peu plus ancienne encore, et qui elle concerne les agissements douteux d'une famille de notables provinciaux.

Si CAMUT et HUG aiment souvent mélanger les genres, ils nous offrent ici une intrigue dans la plus pure tradition du thriller. Et c'est même un récit qui donne l'impression d'être calibré pour le cinéma tant les situations spectaculaires s'enchaînent à un rythme haletant. C'est d'ailleurs aussi à ce niveau que l'on trouve le point faible du roman, la surenchère systématique devenant rapidement néfaste pour sa crédibilité.

Mais les auteurs sont également d'excellents conteurs et parviennent à capter d'emblée l'attention du lecteur, sans jamais la relâcher, grâce à un récit parfaitement structuré. En d'autres termes, il faut considérer Les murs de sang comme un divertissement qui n'a d'autres ambitions que de faire passer un bon moment de lecture.

 

CITRIQ


 

Les murs de sang - Jérôme CAMUT et Nathalie HUG
Calmann-Lévy, 2011, 400 pages

 
Quatrième de couverture

 

Douze ans que Jack van Bogaert est séparé de sa fille, Lucie. Après une jeunesse tumultueuse et un séjour prolongé dans une prison balinaise, il coule des jours paisibles auprès de Libby, la femme qu’il aime, sur une petite île paradisiaque. Un bonheur inespéré auquel s’ajoutent des retrouvailles avec Lucie, dont la mère vient de mourir et qu’il est venu récupérer en Suisse. Survient un stupide accident de voiture sur une route de montagne, et tout bascule.

Avec cette intrigue ingénieuse filée sur trois époques, Jérôme Camut et Nathalie Hug nous offrent un thriller complexe, sensible, virtuose.

 

 

 

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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 11:02

Séparé de son associée et compagne depuis leur dernière enquête commune, Patrick Kenzie a bien vite besoin de la retrouver quand il enquête sur un insaisissable tueur qui aime à manipuler mentalement ses victimes, jusqu'à les pousser au suicide...

Cinquième aventure du couple Kenzie-Gennaro, Prières pour la pluie se veut à nouveau un divertissement particulièrement efficace dans le développement d'une intrigue d'une terrible noirceur. Comme d'habitude, Dennis LEHANE aime aussi montrer son empathie envers le genre humain au travers d'une galerie de personnages tous plus crédibles les uns que les autres. 

 

CITRIQ


 

Prières pour la pluie - Dennis LEHANE
(Prayers For Rain, 1999)
Traduction de Isabelle MAILLET
Rivages, collection Rivages/Noir N° 612, 2006, 480 pages

 
Quatrième de couverture

 

Patrick Kenzie est toujours détective privé à Boston, mais il s'est séparé de sa fidèle coéquipière, Angela Gennaro. Lorsque karen, une jeune femme victime de harcèlement, a recours à ses services, il règle rapidement le problème et pense ne plus en entendre parler. Jusqu’au jour où il apprend que karen s'est jetée du vingt-sixième étage d'une tour. Il semble qu'une invraisemblable succession de malheurs ait poussé à bout la jeune femme... mais Patrick ne croit pas à une telle série de coïncidences et, confronté à un tueur qui ne tombe sous le coup d'aucune loi, il va avoir besoin de l'aide d'Angela.

Avec ce cinquième épisode de la saga Kenzie-Gennaro, Dennis Lehane confirme son statut d'auteur de best-sellers.

« Une intrigue complexe et impeccable, d'une grande subtilité psychologique. »
Paris-Match

 

 

Par Philémont - Publié dans : L...
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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 08:12

Un pendule de Foucault est une expérience conçue pour mettre en évidence la rotation de la Terre par rapport à un référentiel inertiel. Elle tient son nom du physicien Jean Bernard Léon Foucault qui, en 1851, en réalisa la première démonstration publique en accrochant un pendule de 67 mètres à la voûte du Panthéon de Paris. La masse sphérique de 28 kg qu'il portait est aujourd'hui réutilisée dans le pendule installé au Musée des arts et métiers de la capitale française. C'est face à lui que démarre le roman éponyme d'Umberto ECO ; il restera aussi au coeur de son intrigue.

 

Le Pendule de Foucault est la narration circonstanciée de Casaubon qui, par passion des mystères ésotériques, en particulier des sociétés secrètes, imagine avec deux amis un Plan mondial inédit destiné à diriger le monde. Avec le souci du détail, de nombreuses et longues digressions historiques, un humour grinçant, une érudition hors du commun et une bonne dose d'imagination, ECO veut démontrer que tout un chacun est libre de ses interprétations des faits avérés ou légendaires de l'Histoire. C'est ainsi que, par exemple, il tourne en ridicule la croyance de certains dans la portée cosmique des dimensions de la pyramide de Khéops en faisant le même genre de démonstration à partir des dimensions d'un simple kiosque à journaux.

 

Comme il se doit, et comme cette brève présentation le suggère, le roman fourmille de références. Leur nombre, ainsi que la capacité de l'auteur à imaginer des liens entre elles, en font une oeuvre a priori difficile d'accès. Mais Umberto ECO a aussi le sens du romanesque et parvient à donner à son récit une fluidité qui le rend facilement appréhendable par un lecteur qui ne dispose pas de toutes les clés de lecture. A la limite, l'ignorant le plus complet pourra tout simplement se laisser transporter par la beauté de la langue puisque l'écriture d'ECO est très joliement travaillée. Pour autant il est conseillé d'avoir certaines connaissances historiques, notamment sur les Templiers et les traditions ésotériques, pour en apprécier toutes les richesses.

 

CITRIQ


 

Le Pendule de Foucault - Umberto ECO
(Il Pendolo di Foucault, 1988)
Traduction de Jean-Noël SCHIFANO
Le Livre de Poche, n° 4301, 1992, 672 pages

 
Quatrième de couverture

 

Après l’immense succès du Nom de la rose, voici le second grand roman d’un géant incontesté de la littérature mondiale.
À Paris, au Conservatoire des Arts et Métiers où oscille le pendule de Foucault, Casaubon, le narrateur, attend le rendez-vous qui lui révélera pourquoi son ami Belbo se croit en danger de mort.
À Milan, trois amis passionnés d’ésotérisme et d’occultisme ont imaginé par jeu un gigantesque complot, ourdi au cours des siècles, pour la domination mondiale. Et voici qu’apparaissent en chair et en os les chevaliers de la vengeance…
Telles sont les données initiales de ce fabuleux thriller planétaire, incroyablement érudit et follement romanesque, regorgeant de passions et d’énigmes, qui est aussi une fascinante traversée de l’Histoire et de la culture occidentales, des parchemins aux computers, de Descartes aux nazis, de la kabbale à la science.
Un de ces romans que l’on n’oublie plus jamais. Et assurément un classique.

 

 

Par Philémont - Publié dans : E...
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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 11:24

1Q84 est un roman à deux voix, auxquelles une troisième se joindra dans la dernière partie. Il y a celle d'Aomamé, tueuse à gages à la solde d'une vieille dame qui veut punir de mort les auteurs de violences faites aux femmes. Il y a celle de Tengo, professeur de mathématiques rêvant de devenir écrivain. Les deux se sont connus subrepticement quand ils avaient 10 ans, il y a 20 ans, et sont restés depuis amoureux l'un de l'autre sans jamais se revoir pour autant. Mais en cette année 1984 d'étranges évènements vont peu à peu les rapprocher, et ce dans un espace-temps parallèle qu'Aomamé nomme 1Q84...

 

Hommage avoué dans le fil du récit au célèbre roman de George ORWELL, celui de MURAKAMI relève plus du fantastique diffus et onirique que de la science fiction. Mais les contrées imaginaires dans lesquelles il entraîne ses personnages et ses lecteurs n'en menacent pas moins l'équilibre du monde réel, lequel est évoqué par le biais de la vie simple et réaliste des deux principaux protagonistes. L'histoire contemporaine du Japon est aussi évoquée par le biais des évènements marquants de la première moitié du XXème siècle (la colonisation de la Mandchourie et de la Mongolie), ou plus récents (les agissements criminels de la secte Aum).

 

Roman fantastique, historique et sociologique, 1Q84 est en fait une véritable réflexion sur la société contemporaine. Par le biais de thèmes universels comme les liens familiaux, l'amour, la vie et la mort, Haruki MURAKAMI aborde des sujets bien connus au-delà des seules frontières du Japon. C'est celui de la peur de l'autre et de la solitude ; c'est aussi celui de la quête de spiritualité et de la frontière mouvante entre le bien et le mal. Ainsi, si l'on voulait résumer le sujet du roman en une seule question cela pourrait être celle-ci : la défense du bien (ses croyances) justifie-t-elle les moyens (l'extrémisme) ?

 

Comme d'habitude avec MURAKAMI, l'écriture est très belle et le rythme lent. Comme d'habitude également, le lecteur se laisse emporter sans ennui dans le récit. Mais cette fois-ci on pourra aussi regretter la longueur particulière du roman, sensation accentuée par le découpage en trois tomes totalement artificiel. On ne saurait donc que conseiller de lire les trois volumes en une seule fois, tout en restant conscient qu'il ne s'agit pas là de l'oeuvre la plus percutante de l'auteur.

 

CITRIQ


 

1Q84 - Haruki MURAKAMI
(1Q84, 2009)

Livre 1, Avril-Juin
Traduction de Hélène MORITA
Belfond, collection Littératures étrangères, août 2011, 544 pages


Quatrième de couverture

 

Le passé — tel qu'il était peut-être — fait surgir sur le miroir l'ombre d'un présent — différent de ce qu'il fut ?

 

Un événement éditorial sans précédent

 

Une oeuvre hypnotique et troublante
Un roman d'aventures
Une histoire d'amour
Deux êtres unis par un pacte secret

 

Dans le monde bien réel de 1984 et dans celui dangereusement séduisant de 1Q84 va se nouer le destin de Tengo et d'Aomamé...

 

 

 


1Q84 - Haruki MURAKAMI
(1Q84, 2009)

Livre 2, Juillet-Septembre
Traduction de Hélène MORITA
Belfond, collection Littératures étrangères, août 2011, 544 pages


Quatrième de couverture

 

Les choses qui restent enfermées dans notre coeur n'existent pas en ce monde. Mais c'est dans notre coeur, ce monde à part, qu'elles se construisent pour y vivre.

 

Le Livre 1 a révélé l'existence du monde 1Q84. 

 

Certaines questions ont trouvé leur réponse.
D'autres subsistent : qui sont les Little People ? Comment se fraient-ils un chemin vers le monde réel ? Pourquoi deux lunes dans le ciel ? Et la chrysalide de l'air, est-elle ce lieu ou sommeille notre double ? 

 

Ceux qui s'aiment ne sont jamais seuls. 

 

Le destin de Tengo et d'Aomamé est en marche.

 

 


 

1Q84 - Haruki MURAKAMI
(1Q84, 2009)

Livre 3, Octobre-Décembre
Traduction de Hélène MORITA
Belfond, collection Littératures étrangères, mars 2012, 530 pages

 
Quatrième de couverture

Ils ne le savaient pas alors, mais c'était là l'unique lieu parfait en ce monde. Un lieu totalement isolé et le seul pourtant à n'être pas aux couleurs de la solitude.

 

Le Livre 3 fait entendre une nouvelle voix, celle d'Ushikawa.

 

Et pose d'autres questions : quel est ce père qui sans cesse revient frapper à notre porte ? La réalité est-elle jamais véritable ? Et le temps, cette illusion, à jamais perdu ?

 

Sous les deux lunes de 1Q84, Aomamé et Tengo ne sont plus seuls.

 

 

 


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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 09:22

Après une aventure relativement légère, Gone, Baby, Gone marque le retour à l'horreur la plus absolue pour Patrick Kenzie et Angela Gennaro. En effet, dans ce quatrième roman de la série qui leur est consacrée l'intrigue se construit autour de la disparition d'une enfant de quatre ans et permet à Dennis LEHANE d'aborder des thèmes comme l'enfant non désiré et/ou maltraité, ou encore les regards très contrastés que peuvent porter les adultes sur ce type de problématiques. A ce titre, les personnages de Kenzie et Gennaro prennent d'ailleurs une dimension supplémentaire dans l'humanité qu'ils dégagent depuis le début de la série. C'est pourquoi il faut considérer Gone, Baby, Gone comme un nouveau roman fort réussi par LEHANE.

 

CITRIQ


 

Gone, Baby, Gone - Dennis LEHANE
(Gone, Baby, Gone, 1998
Traduction de Isabelle MAILLET
Rivages, collection Rivages/Noir n° 557, 2005, 560 pages

 
Quatrième de couverture

 

Patrick Kenzie et Angela Gennaro, les deux héros de Dennis Lehane, sont chargés de retrouver une petite fille de quatre ans, Amanda, mystérieusement disparue un soir d’automne.
Curieusement, la mère d’Amanda paraît peu concernée par ce qui est arrivé à sa fille, qu’elle avait laissée seule le soir du drame pour aller dans un bar. Sa vie semble régie par la télévision, l’alcool et la drogue. Patrick et Angie découvrent d’ailleurs que la jeune femme travaillait pour le compte d’un dénommé Cheddar Olamon et qu’elle aurait détourné les deux cent mille dollars de sa dernière livraison. Olamon se serait-il vengé en kidnappant la fille de son « employée » ?

 

Ce quatrième tome des aventures de Kenzie et Gennaro distille une petite musique déchirante et se termine par une chute aussi inattendue que bouleversante.

 

« Gone, Baby, Gone invite à un voyage vertigineux dans l'Amérique d'en bas. »
Le Point

 

Par Philémont - Publié dans : L...
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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 09:18

Chinois expatrié aux Etats-Unis, QIU Xiaolong est un romancier et poète connu pour sa série de romans consacrés à l'inspecteur principal Chen Cao. Mort d'une héroïne rouge est le premier de cette série.

 

Comme l'auteur, le personnage principal a aussi une passion parallèle, voire transversale à son activité officielle : la poésie. Celle-ci le guide en effet dans bon nombre des actes de sa vie, qu'elle soit personnelle ou professionnelle, ce qui donne un ton très particulier à son roman policier dans lequel on trouve de nombreuses citations de poésies chinoises et américaines. Dans le cadre d'une enquête sur le meurtre d'une travailleuse modèle de la nation, le lecteur conviendra qu'il s'agit d'une technique narrative pour le moins originale.

 

Un autre anachronisme du roman est son caractère policier très en retrait par rapport aux canons du genre. Le lecteur découvre d'ailleurs très tôt l'identité du meurtrier, QIU préférant s'attarder sur ce qui est sa véritable préoccupation : la vie à Shanghai au début des années 1990. De ce point de vue l'auteur est très précis et décrit toutes les composantes de la vie en société dans la Chine post-place Tian'anmen, depuis la gastronomie jusqu'aux difficultés de transports, en passant par la crise du logement, sans oublier bien sûr la politique avec l'omniprésence du Parti et la corruption. L'inspecteur Chen Cao a d'ailleurs bien plus de mal à arrêter le meurtrier qu'à l'identifier, celui-ci bénéficiant de puissantes protections en tant qu'enfant d'un cadre supérieur du Parti.

 

Au moins pour le lecteur occidental, l'exercice est dépaysant et passionnant. Il est en effet rare qu'un roman policier soit aussi précis dans sa dimension humaine et sociale. Cela compense de manière très originale le faible intérêt de l'intrigue du point de vue strictement policier. Reste à savoir comment et si cet intérêt sera renouvelé dans les romans suivants.

 

CITRIQ


 

Mort d'une héroïne rouge - QIU Xiaolong
(Death of a Red Heroine, 2000)
Traduction de Fanchita Gonzalez BATTLE
Points, collection Policier n° P1060, 2003, 512 pages

 
Quatrième de couverture

 

Shanghai, 1990. Le cadavre d'une jeune femme est retrouvé dans un canal. Pour l'inspecteur Chen et son adjoint Yu, l'enquête se transforme en affaire politique lorsqu'ils découvrent que la morte était une jeune communiste exemplaire. Qui a pu l'assassiner ? Chen et Yu vont l'apprendre à leurs dépens, car, à Shanghai, on peut être un camarade respecté et dissimuler des moeurs déroutantes.

 

« Une femme. Anonyme. Nue. Le corps a été trouvé dans un sac en plastique noir dans le canal Baili. »

 

« Des livres comme celui-ci, fins, érudits, on n'en a pas lu cinquante sur la Chine d'aujourd'hui. En y ajoutant l'excellent suspense, on obtient de quoi passer deux ou trois soirées passionnantes. »
Elle

 

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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 21:19

On a quitté Patrick Kenzie et Angela Gennaro exsangues. Ils sont de retour pour le moins contraints...

 

La troisième enquête de Patrick Kenzie et Angela Gennaro est très différente des deux précédentes. L'intrigue est déjà bien moins noire. Le ton est ensuite beaucoup plus léger, voire même humoristique par moment. Pour autant le récit demeure très prenant, même si les éléments de suspense ne sont pas vraiment inattendus.

 

C'est pourquoi la sombre histoire familiale à l'arrière-plan du récit, associée aux personnalités des deux personnages principaux, font de Sacré un divertissement hautement recommandable. Tout en gardant à l'esprit qu'il ne s'agit pas là de ce qu'il y a de plus marquant dans l'oeuvre de Dennis LEHANE.

 

CITRIQ


 

Sacré - Dennis LEHANE
(Sacred, 1997)
Traduction de Isabelle MAILLET
Rivages, collection Rivages/Noir n° 466, 2003, 416 pages

 
Quatrième de couverture

 

Patrick Kenzie et Angela Gennaro ont affaire à un client hors du commun. Pour s’assurer leurs services, le milliardaire Trevor Stone ne trouve rien de mieux que de les kidnapper en pleine rue. Il faut dire qu’il est aux abois : son épouse est morte dans un terrible accident de voiture, il est atteint d’un cancer incurable et sa fille Désirée a disparu. Fait troublant, l’enquêteur chargé de retrouver la jeune fille a également disparu. Patrick et Angie se laissent convaincre d’accepter l’affaire et la partie de cache-cache commence. Des bureaux de l’organisation SOS détresse jusqu’à Tampa en Floride, le tandem suit une piste où ne manquent ni les rebondissements, ni les cadavres. Au bout du voyage, ils attendent quelques révélations saisissantes.

 

Les deux héros de Dennis Lehane reprennent du service dans une aventure à la tonalité moins sombre que les précédentes, mais au suspense tout aussi intense. Ils n’ont perdu ni leur flair, ni leur humour caustique, armes non négligeables pour survivre dans le monde pervers des milliardaires qui pratiquent l’art de la fugue et de la manipulation.

 

« Dans la grande tradition chandlerienne… Le style est enlevé, incisif, le sens de l’humour omniprésent »
Bruno Corty, Le Figaro

Par Philémont - Publié dans : L...
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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 21:14

Une chose est certaine, les habitués de Guy Gavriel KAY n'ont pas besoin de voir son nom imprimé sur la couverture de ses romans pour reconnaître son style et ses préoccupations d'auteur, en tout cas depuis Tigane en 1990.  Alors rappelons simplement pour ceux qui ne le connaissent pas encore qu'il aime développer une Fantasy proche de l'Histoire dans laquelle la magie se veut discrète, tout juste représentative du paganisme des époques dans lesquelles il situe ses intrigues, et le bestiaire traditionnel du genre totalement absent. De même on ne trouve pas chez KAY de super-héros invincible mais des personnages humains, avec leurs forces comme leurs faiblesses, et dont le mode de vie est décrit de façon à rendre compte de la vie en société en un lieu et à une époque lointaine.

 

Si cette époque est toujours sensiblement la même, bien qu'étendue (le Moyen-Age), jusqu'à maintenant l'auteur s'était surtout intéressé aux pays du sud, essentiellement européens (France, Italie, Espagne), mais aussi proche-orientaux (l'empire byzantin). Avec Le dernier rayon du soleil il se situe bien plus au nord, et veut rendre compte d'une période de l'Histoire pendant laquelle les gallois s'allient aux anglo-saxons pour combattre les invasions danoises, soit la fin du IXème siècle sous le règne du roi anglais Alfred le Grand.

 

Comme d'habitude avec KAY, ce contexte n'est pas décrit directement mais suggéré par le biais d'un univers peuplé de personnages imaginaires. C'est ainsi que les gallois sont appelés Cyngaëls, les anglo-saxons Anglcyns, et les vikings Erlings ; quant à Alfred le Grand il s'agit d'Aëldred. C'est donc au lecteur de faire le rapprochement avec l'Histoire s'il le souhaite, mais il peut tout aussi bien s'en dispenser et considérer ce qu'il lit comme une pure Fantasy. Ce serait toutefois dommage pour l'intérêt intellectuel du roman.

 

Même si la technique narrative de Guy Gavriel KAY est éprouvée, force est ici de reconnaître que le résultat est en demi-teinte. On appréciera bien sûr la dimension humaine du roman, ainsi que le rejet de tout manichéisme de la part de l'auteur. Mais on peut aussi lui reprocher une certaine facilité dans le développement de son intrigue, tant du point de vue du suspense (rien n'est particulièrement inattendu, et il ne se passe finalement pas grand chose) que de la référence un peu trop systématique à l'aigle de sang, mode d'exécution aussi spectaculaire que douteux d'un point de vue historique. Et n'oublions pas non plus le happy-end, autre marque de fabrique de KAY, mais peut-être ici un peu plus agaçant que dans ses autres productions.

 

En d'autres termes, Le dernier rayon du soleil risque fort d'être une déception pour les habitués de l'auteur ; pour les autres ils ont ici l'occasion de lire une Fantasy historique joliment écrite mais dont la facilité la fera oublier aussi vite qu'elle aura été lue.

 

CITRIQ


 

Le dernier rayon du soleil - Guy Gavriel KAY
(The Last Light of the Sun, 2004)
Traduction de Elisabeth VONARBURG
Illustration de Marc SIMONETTI
Pocket, collection Fantasy n° 5934, novembre 2010, 608 pages

 
Quatrième de couverture

 

Quelque part au nord, trois civilisations sont parvenues à un tournant de leur histoire. À bord de leurs vaisseaux-dragons, les Erlings mènent des raids sanguinaires contre les Anglcyns, contraints de s'allier avec leurs ennemis de toujours, les Cyngaëls, pour repousser les envahisseurs. Mais le vent du changement souffle sur ces terres hostiles où rien ne pousse. Thorkell le Rouge, Aëldred et Alun, les chefs de ces trois peuples que tout oppose, vont bientôt réaliser que leur survie dépend les uns sans les autres, tant leurs destins sont désormais étroitement liés. Malgré la présence bienveillante des fées de l'entremonde, est-on arrivé au dernier rayon de soleil ?

 

« Le Dernier rayon du soleil marque le grand retour d'un des auteurs de fantasy les plus passionnants du moment. »
Bifrost

 

 

 

 

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Samedi 21 avril 2012 6 21 /04 /Avr /2012 11:31

Deuxième enquête commune de Joe Leaphorn et Jim Chee, Le voleur de temps nous propose une nouvelle plongée dans la société navajo contemporaine. Le contexte est une enquête sur un trafic meurtrier de poteries anasazies. La finalité est une véritable peinture sociologique de la situation des amérindiens de nos jours. A ce dernier titre, les deux personnages principaux illustrent parfaitement l'opposition entre tradition et modernité à laquelle ce peuple est confronté.

 

Si le caractère policier du roman est classique, son cadre et son sujet de fond sont éminemment dépaysants et intéressants, en tout cas pour les lecteurs européens. L'écriture étant de plus soignée, Le voleur de temps est un divertissement de grande qualité.

 

CITRIQ


 

Le voleur de temps - Tony HILLERMAN
(A Thief of Time, 1988)
in Suite Navajo 1
Traduction de Danièle et Pierre BONDIL
Rivages, collection Rivages/Thriller, mai 1993, 832 pages

 
Quatrième de couverture

 

« Un duo d'estime mutuelle entre Chee le traditionaliste et Leaphorn le rationnel, superstars de l' "Indian Thriller". Etincelles inévitables. »
Sylvaine Pasquier, L'Express

 

Joe Leaphorn et Jim Chee sont des révélateurs l'un pour l'autre. Leur confrontation est surtout une découverte et un enrichissement. Et c'est sans doute pourquoi Tony Hillerman estime avoir atteint sa maturité d'auteur avec les romans qui les mettent en scène tous les deux.

 

 

 

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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 11:06

Le club des policiers yiddish est un roman transgenre, tout autant polar qu'uchronie.

 

Il s'agit d'un polar dans la mesure où l'intrigue se développe autour d'une enquête de Meyer Landsman sur un meurtre réalisé dans l'hôtel minable où il vit ; le personnage est d'ailleurs très représentatif du genre puisqu'il est aussi un flic en pleine dépression pour des raisons éminemment personnelles.

 

Il s'agit aussi d'une uchronie puisque Michael CHABON plante son décor de nos jours en Alaska, dans une ville qui aurait accueilli de nombreux juifs européens après la Seconde guerre mondiale. Cette ville est bel et bien réelle, Sitka étant située sur l'île Baranof de l'archipel Alexandre, sur la côte Pacifique de l'État, mais bien évidemment elle n'a jamais été la terre promise des juifs.

 

Si le mélange des genres parait ici particulièrement étonnant, la lecture nous montre qu'il permet à l'auteur de transcender les codes du roman noir et de nous proposer une véritable critique sociale et politique. Exterminés par les allemands, achevés par les arabes, des millions de juifs se sont exilés à Sitka à la fin des années quarante. Etiquetés et fichés par les services de l’immigration américaine, parqués sur un territoire  peuplé d’indiens, la concession n'a toutefois été accordée que provisoirement. Or, en ce début de XXIème siècle, la rétrocession se profile, les habitants vont donc être dans l'obligation de changer de vie, comme les flics qui vont devoir abandonner leurs dossiers, voire même leurs postes. En filigrane bien sûr c'est toute la politique des gouvernements américains successifs qui est pointée du doigt, en particulier celle d'obédience républicaine, laquelle est largement fondée sur la collusion entre la communauté juive et les fondamentalistes chrétiens.

 

De ce point de vue Le club des policiers yiddish n'est toutefois pas d'une lecture facile, le sujet étant complexe. Mais Michael CHABON sait aussi atténuer la gravité de son propos en maniant un humour aussi raffiné qu'omniprésent, les nombreux termes d'argot yiddish utilisés n'y étant pas pour rien. De même, le contexte uchronique n'est dévoilé que par allusions successives par le biais de souvenirs familiaux de Meyer Landsman, ce qui permet au lecteur d'y être immergé sans même s'en rendre compte.

 

Voilà donc un roman riche, drôle et original pour lequel on ne s'étonnera finalement pas qu'il ait décroché rien de moins que les Prix Hugo, Locus et Nebula.

 

CITRIQ


 

Le Club des policiers yiddish - Michael CHABON
(The Yiddish Policemen's Union, 2007)
Traduction de Isabelle DELORD-PHILIPPE
UGE, collection 10/18 - Domaine étranger n° 4363, mai 2010, 544 pages

 
Quatrième de couverture

 

Drôle de temps pour être juif. Drôle de temps pour être flic. Ça tombe mal pour Meyer Landsman ! À Sitka en Alaska, devenu la patrie glaciale et désolée des Juifs, il est l'inspecteur le plus décoré de la police yiddish. Chargé de faire régner la paix dans cette communauté encline aux mystères, l'homme a pourtant sombré dans l'alcool, ruinant son mariage au passage. Exilé à l'hôtel, il découvre un matin le corps d'un junkie assassiné dans le hall. Mais pourquoi ces pressions pour abandonner l'enquête ? Landsman s'obstine : ce mort lui plaît et il refuse de laisser son assassinat impuni... Dans ce monde où religieux et criminels ont échangé leurs compétences, jamais la Terre promise ne lui aura paru plus lointaine...

 

« Michael Chabon y mélange tous les genres pour imposer le sien : ébouriffant. »
Olivia de Lamberterie, Elle

 

 

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