Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 11:15

C'est annoncé sur le quatrième de couverture : Sur des mers plus ignorées est le roman qui a inspiré le quatrième volet de la saga cinématographique Pirates des Caraïbes. C'est donc sans surprise que le lecteur est plongé dans un roman d'aventures trépidantes mêlant pêle-mêle pirates, sorcellerie vaudou et mythologie biblique. Le jeune John Chandagnac est en effet enrôlé malgré lui dans un équipage de pirates, lequel est en quête de la Fontaine de Jouvence pour le compte de Barbe Noire, doté d'étranges pouvoirs maléfiques...

 

S'il n'y a rien de particulièrement original dans ce roman, force est toutefois de reconnaître à Tim POWERS un talent certain pour capter l'attention de ses lecteurs, son récit étant parfaitement rythmé et non sans humour. Il dissémine en outre ici et là bon nombre de références historiques qui attestent du sérieux de sa démarche. En d'autres termes, Sur des mers plus ignorées est un divertissement de qualité qui ravira les amateurs des aventures Jack Sparrow, et peut-être même les autres.

 

CITRIQ


 

Sur des Mers plus Ignorées - Tim POWERS
(Stranger Tides, 1987)
Traduction de France-Marie WATKINS
Illustration de Didier GRAFFET
Bragelonne, mai 2011, 360 pages

 
Quatrième de couverture

 

Le roman qui a inspiré Pirate des Caraibes : La Fontaine de jouvence

 

« Sur des mers plus ignorées mêle la terreur et l'émerveillement. Vous adorerez les personnages, vous resterez éveillé toute la nuit pour finir ce roman, et quand vous vous endormirez enfin, l'histoire continuera dans vos rêves. »
Orson Scott Card *****

 

C'est en 1718 que Jack devint un pirate des Caraïbes... Il voguait vers le Nouveau Monde quand son navire fut attaqué par des pirates. Le capitaine lui proposa de mourir tout de suite... ou de devenir l'un d'entre eux. Le choix fut vite fait ! Il dut rapidement apprendre à manier aussi bien la grand-voile que le sabre d'abordage.
Mais c'est pour sauver une belle jeune fille que Jack allait devoir affronter les plus sinistres dangers : magie vaudoue, zombies, puissances maléfiques et par-dessus tout le terrible Barbe-Noire, à la recherche de la fabuleuse fontaine de Jouvence...



Tim Powers est né en 1952 aux États-Unis. Ami intime de Philip K Dick, inventeur du steampunk, génie de l'histoire occulte, son art du suspense, sa fougue picaresque et son humour ont conquis un vaste public. Il a obtenu le prix Apollo pour Les Voies d'Anubis, ainsi que plusieurs World Fantasy Awards et Locus Awards. Il vit en Californie.

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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 00:00

L'homme qui peignit le dragon Griaule - Lucius SHEPARD

Griaule s'est littérallement échoué dans cette vallée. Si son immense corps semble mort, son âme est bel et bien vivante, et ce depuis des temps immémoriaux. C'est pourquoi un homme entreprend de le tuer complètement en le... peignant.
Cette nouvelle sert d'introduction à un cycle de six longues nouvelles consacrées à Griaule. Parfaitement construite, elle relève d'une Fantasy originale, profonde et émouvante. Elle ne peut que donner envie de se plonger dans l'intégrale du cycle désormais disponible en un unique volume.

http://www.belial.fr/lucius-shepard/l-homme-qui-peignit-le-dragon-griaule

 

La métamorphose - Franz KAFKA

La métamorphose est un grand classique de Franz Kafka et de la littérature fantastique. Il s'agit d'une nouvelle allégorique sur la métamorphose subite et physique d'un jeune homme en insecte et sur celle, bien plus progressive et psychique, de ses proches quant au comportement qu'ils adoptent face à lui et à sa situation. Au-delà de la simplicité apparente du récit, il s'agit d'un récit extrêmement troublant et d'une profondeur rare.

http://www.ebooksgratuits.com

 

Le goût du sang - Michel PAGEL

Deux anciens amants se retrouvent sur une planète après plusieurs années de séparation. Vampires tous deux, ils ont vécu ensemble une cinquantaine d'années et se sont séparés par lassitude. Ces retrouvailles sont l'occasion d'évoquer l'histoire d'amour de l'un avec une jeune espagnole...
Le goût du sang de Michel PAGEL est une courte nouvelle légère qui traite le thème du vampirisme sur le ton de la dérision.

http://www.belial.fr/michel-pagel/le-gout-du-sang

 

Rempart - Laurent GENEFORT

Rempart est une force militaire internationale spécialisée dans la surveillance des aliens. Car dans les années 2020 ces derniers surgissent en masse de Bouches qui s'ouvrent aléatoirement partout dans le monde. Ils ne sont pourtant pas particulièrement menaçants, mais face à l'inconnu la politique sécuritaire ambiante conduit à faire jouer le principe de précaution. Voilà donc un texte engagé sur une thématique très actuelle. Il est lauréat du Grand Prix de l'Imaginaire 2011 dans la catégorie « nouvelles francophones ».

http://www.belial.fr/laurent-genefort/rempart

 

Je suis l'ennemi - Thomas DAY

Nouvelle parue originellement en 1997 dans le Bifrost n° 8, Je suis l'ennemi met en scène un homme entièrement composé de métal qui, enfermé au coeur d'une sphère de Walton, est passé en jugement. Il est vrai qu'il est particulièrement dangereux.

Il s'agit d'une nouvelle complexe dans laquelle on peut ressentir des influences telles que Dalton TRUMBO (Johnny s'en va-t-en guerre) ou Richard MATHESON (Je suis une légende) dans un cadre éminemment science-fictif. Intéressant.

http://www.belial.fr/thomas-day/je-suis-l-ennemi

 

Je ne suis pas une légende - Catherine DUFOUR

Extraite de son recueil L'accroissement mathématique du plaisir, Je ne suis pas une légende est une parodie du célèbre roman de Richard MATHESON. Son héros n'est rien de moins qu'un personnage ordinaire et bien terne pour qui la fin du monde vient irrémédiablement de la mondialisation et de ses conséquences sur la société. C'est très malin et très drôle. C'est en téléchargement sur la plateforme numérique du Bélial'.

http://www.belial.fr/catherine-dufour/je-ne-suis-pas-une-legende

 

Averse cosmique - Jean-Jacques NGUYEN

L'exploration de l'espace est désormais une activité commerciale dominée par la Compagnie Commerciale Interstellaire. La Fédération Terrestre ne peut quant à elle pas lutter et doit se contenter d'agir dans la limite du seul système solaire.

Averse cosmique, de Jean-Jacques NGUYEN, est une nouvelle dans la tradition de ce que pouvait écrire Arthur C. CLARKE, avec une thématique éminemment anticapitaliste. Initialement éditée dans le Bifrost n° 13 (avril 1999), elle est aujourd'hui proposée en téléchargement sur la plateforme numérique du Bélial'.

http://www.belial.fr/jean-jacques-nguyen/averse-cosmique

 

Les enfants de Mercure - Stephen BAXTER

Dans Les enfants de Mercure Stephen BAXTER fait découvrir aux hommes une étrange forme de vie sur la planète Mercure. Cela prend la forme d'une fable dans un contexte éminemment hard science. Etonnant.

Initialement publiée dans le Bifrost n°8 (mai 1998), cette nouvelle est proposée au téléchargement sur la plateforme numérique du Bélial'.

http://www.belial.fr/stephen-baxter/les-enfants-de-mercure

 

 

Le cimetière des toucans - Francis BERTHELOT
Un sculpteur de talent exerce sont art retiré du monde en lisière d’une forêt de sombre réputation. Pourtant c’est bien dans cette forêt que Quentin trouve une nouvelle matière à travailler, laquelle fait l’émerveillement des villageois qui achètent régulièrement ses oeuvres. L’humanité étant ce qu’elle est, elle cherche donc à percer le secret du sculpteur, quitte à détruire irrémédiablement ce qu’elle n’aurait jamais du voir…

Porté par une prose très poétique, ce conte a pour thème la création et son corollaire, la desctruction, avec comme personnage principal une humanité capable du meilleur, comme du pire.

http://www.belial.fr/francis-berthelot/toucans

 

Le poème au carré - Catherine DUFOUR

Extrait de son recueil L'accroissement mathématique du plaisir, Le Poème au carré de Catherine DUFOUR est une réécriture d'Alice au pays des merveilles dans laquelle la jeune héroïne est désormais proche de l'adolescence avec tout ce que cela implique de désinhibition et de rébellion. Comme souvent avec l'auteure, c'est très malin et très drôle.

http://www.belial.fr/catherine-dufour/le-poeme-au-carre

 

Quand il y aura des pommiers sur Mars - Ugo BELLAGAMBA

Voici une uchronie d'Ugo BELLAGAMBA. Dans cet avenir alternatif, la Russie a gagné la guerre froide et conquis l'espace avant les américains, en collaboration avec les chinois. On voyage ainsi à bord d'un immense dirigeable au-dessus des plaines désertiques de Mars, le seul risque étant cette poignée de terroristes capitalistes et... américains. Il s'agit d'un récit léger et rythmé, mais aussi touchant pour l'hommage qu'il rend à une certaine vision humaniste de l'espace.

http://www.belial.fr/ugo-bellagamba/quand-il-y-aura-des-pommiers-sur-mars

 

Les années métalliques - Michel DEMUTH

Heltreb est envoyé en mission sur la vieille planète Terre. Abandonnée par les hommes depuis trois siècles, elle n’est plus occupée que par des robots qui poursuivent inlassablement leur besogne aussi mécanique qu’absurde. Comme cela contribue à rendre la planète inhabitable, la mission d’Heltreb est simple : détruire les robots afin de rendre son berceau à l’humanité.

Voici donc une nouvelle très asimovienne (sa première parution date de 1959) dans laquelle l’homme est dépassé par sa propre création et doit apprendre à contourner les lois de la robotique pour arriver à ses fins. C’est extrait du recueil A l’est du cygne de Michel DEMUTH et c’est proposé en téléchargement sur la plateforme numérique du Bélial’.

http://www.belial.fr/michel-demuth/les-annees-metalliques

 

L'appel de la nébuleuse - Claude ECKEN 

Un homme face à son destin et à l’immensité d’une vaste nébuleuse. C’est le thème de cette nouvelle de Claude ECKEN sur la plateforme numérique du Bélial’.

http://www.belial.fr/claude-ecken/l-appel-de-la-nebuleuse

 

Un amour dévorant - Jean-Philippe JAWORSKI

Entre sa première édition et son édition de poche, le recueil de nouvelles Janua Vera de Jean-Philippe JAWORSKI s’est vu augmenté d’un texte, Un amour dévorant. Le lien communiqué ici permet d’y accéder.

http://couroberon.free.fr/Nouvelles/Unamour.pdf

 

Un bon chienchien, ça - Timothée REY

Voici une autre nouvelle du Tibbar de Timothée REY (chronique à venir). Dans l'esprit de Magma mia !, il s'agit d'une farce dans laquelle un étudiant passe son examen de dressage de dragon.

C'est proposé en libre téléchargement par Les moutons électriques.

http://www.moutons-electriques.fr/virtuel.php?n=38

 

Nuptiale - Jean-Philippe JAWORSKI

Pour célébrer le prix Imaginales 2009 obtenu par le roman Gagner la guerre de Jean-Philippe JAWORSKI, Les moutons électriques propose une courte nouvelle de l'auteur en libre téléchargement. Il s'agit d'un conte dans lequel une reine demande à tout prétendant la tête du dragon qui terrorise la région.

http://www.moutons-electriques.fr/virtuel.php?n=30

 

La Faim du monde - Xavier MAUMEJEAN

Quand la gastronomie est désormais un outil diplomatique au service de la paix dans le monde. C'est ce que nous conte Xavier Mauméjean dans la nouvelle La Faim du monde proposée sur la plateforme numérique du Bélial'.

http://www.belial.fr/xavier-maumejean/la-faim-du-monde

 

En sa tour, Annabelle - Claude ECKEN

En sa tour, Annabelle est une nouvelle très poétique dans laquelle un jeune homme raconte comment sa soeur, simple d'esprit, et rejetée de tous, y compris de ses parents, lui a donné l'amour des mots et est devenue sa muse.
Cette nouvelle est extraite du recueil Le Monde, tous droits réservés de Claude ECKEN et est proposée en téléchargement par le Bélial' au prix minimum de 0,00 €. En fait, elle fait partie de la plateforme numérique innovante lancée le 1er septembre 2010 par cet éditeur. Il faut donc en profiter et soutenir ce genre d'initiatives, trop rares aujourd'hui.

http://www.belial.fr/claude-ecken/en-sa-tour-annabelle

Par Philémont - Publié dans : Quelques nouvelles au hasard (ou presque)
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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 20:57

Au XXVème siècle l'humanité est devenue oisive, la robotique l'ayant totalement remplacée dans les tâches nécessaires au fonctionnement de la société. Les hommes ne s'occupent que de leurs plaisirs sexuels (mais pas de la procréation) et sensoriels (la drogue est omniprésente dans toutes les couches de la société) ; et quand quelque chose ne va pas, le gouvernement se charge de fournir en masse des tranquillisants. La contrepartie est que la population est désormais passive, ne sachant même plus lire et ayant même oublié ce qu'est un enfant ; en d'autres termes l'humanité est vieillissante et elle ne fait rien pour contrecarrer cet état de fait.

 

Trois êtres vont pourtant tenter l'impossible, chacun à leur façon. C'est Paul Bentley qui, en tombant par hasard sur de vieux ouvrages, va apprendre à lire et à avoir l'irrépressible envie de transmettre son savoir. C'est Mary Lou Borne, une jeune rebelle qui s'oppose depuis son enfance au système. C'est Robert Spofforth, androïde de classe 9, la plus sophistiquée, et qui détient en lui une part d'humanité que la plupart des hommes n'ont même plus. Les trois personnages vont bien sûr se rencontrer, s'affronter aussi. Reste à savoir si ce sera pour le bien de l'humanité,  ou non.

 

L'oiseau d'Amérique est donc à ranger dans la catégorie des romans d'anticipation dystopique. Son thème n'est d'ailleurs pas sans rappeler Le meilleur des mondes d'Aldous HUXLEY. Walter S. TEVIS nous y propose une parabole humaniste sur le destin de l’homme en même tant qu'un violente critique de la société moderne et de ses travers : individualisme, consumérisme, perte des valeurs morales... Et il le fait en mettant en scène des personnages attachants et complexes, et dont les contradictions lui font éviter le manichéisme que l'on pourrait craindre d'une telle thématique.

 

En dépit d'un rythme lent, le lecteur ne s'ennuie pas un instant et demeure fasciné par l'univers qu'il découvre peu à peu. L'oiseau d'Amérique est de ces oeuvres qui s'apprécient pour la beauté du texte, qu'il s'agisse de la prose de TEVIS, ou des références qu'il utilise. On n'écrit d'ailleurs plus guère de romans de science fiction de cette façon aujourd'hui ; alors en se plongeant dans celui-ci on ne peut que le regretter.

 

CITRIQ


 

L'Oiseau d'Amérique - Walter S. TEVIS
(Mockingbird, 1980)
Traduction de Michel LEDERER
Illustration de Tibor CSERNUS
J'ai Lu, n° 1246, 1981, 352 pages

  


Quatrième de couverture

Walter Tevis, qui vit à New York, est l'auteur de plusieurs romans réputés — dont L'arnaqueur et L'homme tombé du ciel, tous deux portés à l'écran avec succès.

 

Sous la chape d'acier du XXVe siècle technologique, l'Amérique s'éteint, doucement mais sûrement. Automatisée, « tranquillisée », stérilisée. Et l'un de ses maîtres est un robot, Spofforth, splendide prototype de race noire, aux facultés intellectuelles inouïes.
Mais les systèmes trop parfaits sont fragiles... Ainsi Spofforth, par la faute de son concepteur, a gardé un coupable souffle d'âme... Ainsi Paul, petit fonctionnaire soumis, découvre par hasard, soudain émerveillé, les secrets de la lecture depuis longtemps bannie. Il les partagera avec Mary Lou, la jolie rebelle qui refuse ce monde mécanisé.
Un robot capable de souffrir, un couple qui redécouvre l'amour et les mots, est-ce l'ultime chance de l'humanité ?

 

Par Philémont - Publié dans : T...
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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 08:10

Sauvagerie est un court roman prenant la forme du journal circonstancié du docteur Richard Greville, psychiatre appelé en renfort par la police pour enquêter sur le massacre de Pangbourne Village dans lequel tous les adultes ont été retrouvés assassinés, et tous les enfants ont disparu.

 

J. G. BALLARD situe son roman dans la seconde moitié des années quatre-vingt dans une banlieue résidentielle de Londres. La réussite sociale y était la norme, la sécurité maximale. Des caméras de surveillance étaient d'ailleurs disséminées partout dans le village et deux gardes se relayaient 24 heures sur 24. C'était les années Thatcher, celles de l'ultra-libéralisme, et de la logique ultra-sécuritaire.

 

A cet égard, l'enquête de Richard Greville est effroyable. La technique narrative est à son image : factuelle, précise et glaciale. C'est ni plus ni moins que le reflet d'une société totalement aseptisée, mais néanmoins non sans faiblesses. Le dénouement fait réellement froid dans le dos.

 

Sauvagerie est donc un récit percutant. Parfaitement écrit, il est représentatif d'une bonne part de l'oeuvre de BALLARD, celle de cette anticipation sociale qu'il revendiquait comme court-termiste puisque plus représentative d'un « présent visionnaire » que d'un « futur inventé ». Sa taille peut d'ailleurs en faire une bonne introduction à l'oeuvre ballardienne dans son ensemble.

 

CITRIQ


 

Sauvagerie - James Graham BALLARD
(Running Wild, 1988)
Traduction de Robert LOUIT
Tristram, octobre 2008, 128 pages
 

Quatrième de couverture

Pangbourne Village est un enclos résidentiel de luxe près de Londres, où une dizaine de familles aisées — directeurs généraux, financiers, magnats de la télé — vivent en parfaites harmonie et sécurité. Jusqu’au jour où l’on découvre que tous les enfants viennent d’être kidnappés et leurs parents sauvagement massacrés.
Deux mois après les faits, les enlèvements ne sont toujours pas revendiqués. Les enquêteurs sont dans l’impasse. Impuissants, ils se repassent avec effarement la vidéo tournée sur la scène du crime. La froideur méticuleuse des assassinats ajoute à l’impression d’être en présence d’une tuerie hors-norme.
La police décide de faire appel à un psychiatre, le docteur Richard Greville, pour reprendre l’enquête.
Dans ce bref roman magistral — qui rappelle le formidable auteur de nouvelles qu’il est par ailleurs — J.G. Ballard explore les conséquences extrêmes de la logique ultra-sécuritaire.

 

J.G. Ballard est né en 1930 à Shanghai. À la suite de l’attaque sur Pearl Harbor, il est interné avec sa famille par l’armée japonaise dans un camp de prisonniers civils jusqu’à la fin de la guerre. De retour en Angleterre et après des études de médecine à Cambridge, il exerce divers métiers, notamment comme pilote de la RAF au Canada. Ses premières nouvelles paraissent en 1956 et dès lors il ne cesse plus d’écrire. Son premier roman, Le Monde englouti, est publié en 1962, suivi depuis d’une trentaine d’autres livres de fiction. Deux d’entre eux ont été adaptés au cinéma par Steven Spielberg (Empire du Soleil) et David Cronenberg (Crash).
J.G. Ballard — qui est souvent présenté outre-manche comme « le plus grand auteur anglais vivant » — vit près de Londres, à Shepperton.

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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 08:58

Ténèbres, prenez-moi la main est le second roman mettant en scène les détectives Patrick Kenzie et Angela Gennaro. Ils y traquent un tueur en série et prennent progressivement conscience qu'il est lié à leur jeunesse dans un quartier populaire de Boston...

 

Un peu à la façon d'un James ELLROY qui aurait suivi une cure d'empathie pour ses personnages, Dennis LEHANE nous propose un roman d'une terrible noirceur et à l'intrigue parfaitement millimétrée. Superbement écrit, émouvant aussi, comme la totalité des personnages du récit, le lecteur n'achève pas tout à fait indemne ce récit. C'est à coup sûr une référence du genre.

 

CITRIQ


 

Ténèbres, prenez-moi la main - Dennis LEHANE
(Darkness, Take My Hand, 1996)
Traduction de Isabelle MAILLET
Rivages, collection Rivages/Thriller, 2000, 408 pages

Quatrième de couverture

«Viens, m'ont dit les Ténèbres, viens avec nous.» Mais j'étais faible, je pourrissais et je n'avais même pas la force de m'agenouiller. «Ténèbres, leur ai-je répondu, prenez-moi la main. Emmenez-moi loin de cet endroit.» Et les Ténèbres m'ont emmené.

 

Une nuit, la psychiatre, Diandra Warren reçoit un appel anonyme et menaçant qu'elle croit lié à l'une de ses patientes. Quand arrive au courrier une photo de son fils Jason sans aucune mention d'expéditeur, elle prend peur et demande de l'aide à Patrick Kenzie et à Angela Gennaro. Les deux enquêteurs acceptent de surveiller discrètement Jason tout en cherchant à identifier l'auteur des menaces. Mais la piste ne mène nulle part. Ils s'apprêtent à classer l'affaire lorsqu'une fille du quartier est retrouvée crucifiée sur un terrain vague. C'est le début d'une série de meurtres particulièrement odieux, qui semblent reproduire ceux qui furent commis vingt ans plus tôt par un tueur aujourd'hui incarcéré. Patrick et Angie ne se doutent pas qu'ils vont déterrer des secrets qui bouleverseront leur vie et celle de leurs proches.

 

Voilà la deuxième aventure de Patrick Kenzie et Angela Gennaro, les deux héros de Un dernier verre avant la guerre, qui devront aller à la rencontre de l'inacceptable, jusqu'au dénouement terrible et poignant, aussi imprévisible que l'automne à Boston où même le temps semble contaminé par le mal ambiant. De la peur à la compassion, de la répulsion à l'amour, on passe par toutes les couleurs de l'émotion dans ce roman dont les échos résonnent encore longtemps après la dernière page.

 

La critique américaine a unanimement salué en Dennis Lehane l'un des auteurs majeurs de la nouvelle génération du roman noir.

Par Philémont - Publié dans : L...
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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 08:52

Debout les morts est le quatrième roman de Fred VARGAS. Comme le précédent avec ses « empereurs », il met en scène un trio de personnages décalés, les « évangélistes ». C'est Marc Vandoosler, dit « Saint Marc », le médiéviste du point de vue duquel la plus grande partie de l'histoire est racontée. C'est aussi Mathias Delamarre, dit « Saint Matthieu », le préhistorien qui aime vivre nu. C'est enfin Lucien Devernois, dit « Saint Luc », l'historien de la Grande Guerre et bavard impénitent. Sous le parrainage d'Armand Vandoosler, l'ex-flic viré pour avoir aidé un criminel à s'échapper, et accessoirement oncle de Marc, ils enquêtent sur la disparition subite de la cantatrice Sophia Siméonidis, leur voisine avec qui ils avaient sympathisés.

 

Le résultat est un roman plein d'humour et une intrigue parfaitement maîtrisée autour d'une sombre histoire de jalousie. On sent d'ailleurs que la technique narrative de l'auteure s'est affinée par rapport à celle de Ceux qui vont mourir te saluent. Debout les morts est tout simplement un pur moment de plaisir, qui rappelle en outre que Fred VARGAS peut être brillante même quand elle abandonne son personnage fétiche Jean-Baptiste Adamsberg.

 

CITRIQ 


  

Debout les morts - Fred VARGAS
Editions Viviane Hamy, 1995, 272 pages


Quatrième de couverture

Un hêtre peut-il pousser en une seule nuit dans un jardin, à Paris, sans que personne l’ait planté ?
Oui. Chez la cantatrice Sophia Siméonidis ; et elle n’en dort plus.
Puis elle disparaît sans que cela préoccupe son époux.
Après une série de meurtres sinistres, ses trois voisins « dans la merde », aidés par l’ex-flic pourri Vandoosler, découvriront les racines du hêtre, vieilles de quinze ans, grasses de haine et de jalousie.

 

On retrouve ici les qualités et l'humour de l’auteur de Ceux qui vont mourir te saluent (éd. Viviane Hamy, 1994) que la presse a largement salué.
Fred Vargas est archéologue. Son roman L'Homme aux cercles bleus a obtenu le Prix du Festival de Saint-Nazaire en 92.

 

 

 

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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 08:43

Crash ! est probablement le roman le plus connu de J. G. BALLARD, grâce à sa thématique sulfureuse. L'auteur britannique s'intéresse en effet à la psycho-sexualité des accidents de voiture par le biais d'un petit groupe de personnages dont la vie a été irrémédiablement chamboulée à la suite d'un crash. Et cela va bien au-delà de l'aspect purement sexuel de ces vies.

 

Comme il se doit, l'oeuvre fit scandale à sa publication. Il est vrai que BALLARD ne s'embarrasse pas de précautions verbales et émaille son récit de détails éminemment crus quant aux accidents décrits et aux actes sexuels qu'ils suscitent, faisant de lui un roman tout simplement pornographique.

 

Mais ce caractère est à prendre dans le bon sens du terme, la prose de l'auteur étant de grande qualité, comme d'habitude avec BALLARD, et le propos général étant l'analyse des perversions humaines, en l'occurrence la fascination que les hommes vouent à la mort violente. En quelque sorte, il analyse presque scientifiquement le fait bien connu qu'un accident sur une voie d'autoroute engendre systématiquement un embouteillage sur l'autre voie...

 

Il n'empêche que le sujet du roman est dur et pourrait bien mettre mal à l'aise bon nombre de lecteurs. Rappelons à ceux-là qu'avec ce roman J. G. BALLARD influencera les réalisateurs David Lynch et David Cronenberg (lequel adaptera le roman en 1996), et probablement les romanciers William GIBSON et Chuck PALAHNIUK.

 

CITRIQ


 

Crash ! - James Graham BALLARD
(Crash !, 1973)
in Crash ! / L'île de béton / I.G.H.
Traduction de Georges FRADIER et Robert LOUIT
Denoël, collection Des heures durant, mars 2006, p. 7 à 216
 

Quatrième de couverture

Crash !
Après avoir causé la mort d'un homme lors d'un accident de voiture, James Ballard, le narrateur, développe une véritable obsession — y compris sexuelle — pour la tôle froissée.
L'Île de béton
Alors qu'il revient de son bureau, Robert Maitland est victime d'un accident : sa voiture quitte l'autoroute et vient s'échouer en contrebas sur un îlot surplombé par un échangeur. A priori rien de plus simple que d'être secouru, mais Maitland est blessé et personne ne s'arrête...
I.G.H.
Dans une tour de mille appartements répartis sur quarante étages, la population apparemment homogène ne tarde pas à se scinder en clans. La tour se balkanise et devient le siège d'une nouvelle forme de guerre.

 

Crash !, L'Île de béton et I.G.H. forment la bien nommée « Trilogie de béton », une des oeuvres majeures de la littérature du XXe siècle, où se mêlent esthétique automobile, architecture visionnaire, folie sociétale et une forme de pornographie si élaborée qu'elle donne un nouveau sens à ce mot.

 

J.G. Ballard, Anglais né en Asie, est l'un des plus grands romanciers de notre époque. Plusieurs de ses romans ont été adaptés à l'écran, notamment L'Empire du soleil par Steven Spielberg et Crash ! par David Cronenberg. Il a reçu le prix Jean Monnet de la littérature européenne 2005 pour Millenium People (Denoël, 2005).

 

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Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 08:54

Besźel et Ul Qoma sont deux villes qui se partagent un même territoire. Pourtant leurs habitants ont interdiction d'entrer en contact les uns avec les autres sous peine d'être arrêtés par la Rupture, une police secrète terriblement efficace. Alors quand une jeune femme de Besźel est retrouvée assassinée et que l'inspecteur Tyador Borlú apprend qu'elle l'a été à Ul Qoma il comprend bien vite que cette affaire va être terriblement complexe, d'autant que les travaux de la victime, doctorante en archéologie, semblaient déranger bien du monde dans les classes dirigeantes...

 

A partir de l'idée science-fictive de deux villes littéralement superposées, China MIEVILLE développe dans The City & The City une intrigue digne d'un véritable polar en même tant qu'une chronique politico-sociale détaillée. En d'autres termes l'oeuvre de l'auteur se caractérise par l'originalité, le rythme et l'érudition. L'originalité c'est l'univers qui y est développé, le rythme c'est celui d'un thriller de la plus belle eau, l'érudition c'est celle relative à une société aussi improbable que cohérente, et dont toutes les composantes sont décortiquées et analysées ; c'est en quelque sorte une allégorie de ces pays balkanisés qui rendent bien triste notre monde contemporain. Le tout est mis en valeur par une écriture ciselée, pleine de néologismes, pour laquelle il faut d'ailleurs saluer le travail de traduction.

 

En un mot le résultat est brillant et le lecteur ne s'étonne finalement pas que ce roman ait été multi-primé dans les pays anglo-saxons. En attendant une très probable réplique en France.

 

CITRIQ


 

The City & The City - China MIÉVILLE
(The City & The City, 2009)
Traduction de Nathalie MÈGE
Illustration de Marc BRUCKERT
Fleuve Noir, octobre 2011, 400 pages
 

Quatrième de couverture

Les habitants de Besźel et d'Ul Qoma, villes doubles partageant un même territoire, ont interdiction absolue d'entrer en contact avec leurs voisins. La moindre infraction à cette règle déclenche l'intervention de la Rupture, une force de police secrète dont tous redoutent l'efficacité impitoyable. Quand le cadavre d'une inconnue est découvert dans un terrain vague de Besźel, l'inspecteur Tyador Borlú comprend vite que ses ennuis ne font que commencer. Non seulement la jeune femme, étudiante en archéologie, a été tuée à Ul Qoma, mais ses recherches inquiétaient jusqu'aux plus hautes sphères. Et menaçaient de mettre en danger l'équilibre précaire entre les deux villes...

 

Ce polar virtuose a reçu pas moins de cinq prix en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Il a été cité dans la liste des meilleurs livres de l'année par le Los Angeles Times, le Seattle Times et Publishers' Weekly.

 

« Si Raymond Chandler et Philip K. Dick avaient un enfant élevé par Kafka, ce pourrait être The city & the city. » Los Angeles Times

 

« D'une stupéfiante beauté. » Brian Evenson

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Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 08:49

Premier roman de Raymond CHANDLER, Le Grand Sommeil est aussi l'oeuvre fondatrice du roman noir tel qu'il existe depuis. On y trouve en effet une intrigue aux ramifications complexes ; on y trouve également des personnages torturés par leurs démons personnels, tels le sexe, l'alcool et le jeu ; on y trouve enfin la figure mythique du détective privé aux méthodes peu orthodoxes. Ce dernier c'est Philip Marlowe qui a été incarné à l'écran par moultes figures du cinéma, notamment Humphrey Bogart dans l'adaptation éponyme de ce roman (1946).

 

De fait force est de constater qu'en dépit de son âge Le Grand Sommeil n'a rien perdu de sa modernité. Au contraire, le lecteur s'amuse des références explicites à ce roman qu'il a pu lire par ailleurs, tout en se laissant emporter dans les méandres d'une intrigue délicieusement tortueuse. Alors même s'il est inattentif et trouve que l'oeuvre manque d'originalité il serait de bon ton qu'il replace ce roman dans le contexte historique de sa composition.

 

CITRIQ


 

Le Grand Sommeil - Raymond CHANDLER
(The Big Sleep, 1939)
Traduction de Boris VIAN
Édition Ebooks libres et gratuits, 2010
 

Quatrième de couverture

C'est dans ce roman que Philip Marlowe, figure mythique du roman noir, fait sa première apparition. Le vieux général Sternwood fait appel aux services du détective privé pour mettre fin au chantage dont est victime sa plus jeune fille, Carmen. Comme va le découvrir Philip Marlowe, Carmen et sa soeur sont dépourvues de sens moral, la première se drogue et est nymphomane, l'autre boit et perd des fortunes au jeu. Si l'enquête semble d'abord facile car liée à des reconnaissances de dettes, elle va très vite se compliquer quand des gangsters chevronnés vont entrer dans la danse... Ce roman a été porté à l'écran en 1946 par Howard Hawks, avec Humphrey Bogart dans le rôle de Marlowe.

 

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Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 08:40

Deuxième tome de la trilogie Lloyd Hopkins, A cause de la nuit confronte le sergent rencontré dans Lune sanglante à un psychiatre spécialisé dans la manipulation mentale. Et parmi ces victimes il n'y a rien de moins que le sergent lui-même...

 

C'est donc à un terrible face à face que nous convie cette fois-ci James ELLROY, celui d'un flic aussi torturé que fin psychologue et d'un psychiatre pervers. C'est un terrain idéal pour la spécialité de l'auteur : la peinture d'une Amérique contemporaine violente où tout espoir de rédemption semble vain.

 

C'est encore une fois un très grand roman noir.

 

CITRIQ


 

A cause de la nuit - James ELLROY
(Because of the Night, 1984)
Traduction de Claude MUSSOU
Rivages, collection Rivages/Noir, 1987, 336 pages
 

Quatrième de couverture

Il est psychiatre, manipule les solitaires et les faibles. C'est la nuit qu'il exerce son pouvoir maléfique. Plus il soutire d'informations à ses malades, plus sa puissance s'accroît. Jusqu'au jour où ce "voyageur de la nuit" croise le chemin du sergent Lloyd Hopkins.
 
Après Lune sanglante, A cause de la nuit est le second épisode de la saga de Lloyd Hopkins.

 

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