Lundi 1 décembre 2008

La Rossiya est un Empire morcelé entre le Muscobar et la Smarna au sud, le Tielen, l'Azhkendir et le Khitari au nord. Seuls deux d'entre eux se disputent toutefois l'hégémonie : c'est le Tielen, dirigé par le prince Eugène. et le Muscobar, dirigé par la famille Orlov. Mais c'est sur l'Azhkendir, royaume bien moins évolué que ses deux voisins, et dirigé par le Drakhaon, que le prince Eugène tourne son regard pour l'emporter sur la famille Orlov. Il fait ainsi assassiner le Drakhaon pour placer sur le trône d'Azhkendir un homme qui lui est tout acquis. Ce qu'il ignore, c'est que le Drakhaon assassiné avait un fils, réfugié depuis sa prime jeunesse à la frontière entre le Muscobar et la Smarna.

 

Cet enfant c'est Gavril Andar. Celui-ci ignore tout de son ascendance, et c'est même pour devenir peintre qu'il a été élevé par sa mère. Mais peu importe son éducation, il est désormais le Drakhaon, et les Druzhina, guerriers de l'Azhkendir, l'enlèvent pour le ramener dans son château. Là il découvre qu'il a beau être roi, il n'en est pas moins prisonnier et destiné de surcroît à affronter un terrible destin. C'est celui du continent Rossiya tout entier, mais c'est aussi celui de tout homme de son sang, appelé à devenir un guerrier-dragon, donc à perdre son humanité au profit d'un esprit d'une puissance extrême : le Drakhaoul.

 

L'intrigue de fond de Seigneur des neiges et des ombres ainsi présentée ne présage pas d'une très grande originalité. Et en effet ce roman se situe dans la plus pure tradition de la Fantasy initiatique dont les EDDINGS et autres WILLIAMS, entre autres, se sont fait les spécialistes. Néanmoins, l'oeuvre présente des qualités certaines sur lesquelles il convient de s'arrêter.

 

Ce sont tout d'abord des idées originales dans les sources d'inspiration des différentes forces en présence. C'est par exemple le Muscobar, qui s'inspire ouvertement de la Russie tsariste du XIXème siècle. C'est aussi le Tielen, plus occidental, et certainement inspiré d'un pays comme l'Autriche ou la Suisse. Mais c'est surtout l'Azhkendir, qui n'est pas sans rappeler les Carpates, et notamment la Transylvanie, non seulement pour sa géographie mais aussi pour le rôle que cette région a joué dans l'inspiration de Dracula. Et de fait Sarah ASH mélange habilement deux mythes, celui du dragon et celui du vampire, pour se les approprier de manière novatrice par l'intermédiaire du Drakhaon.

 

Une autre qualité de Seigneur des neiges et des ombres est à rechercher dans la plume de l'auteure. Celle-ci est certes simple, mais elle est superbement rythmée et parfaitement structurée. C'est pourquoi Sarah ASH tient ses lecteurs captifs tout au long du roman grâce à des rebondissements parfaitement enchaînés. Sachant que la trame principale est cousue de fil blanc, ce n'est pas un mince exploit. Et puis il y a une galerie de personnages parfaitement caractérisés. Certains sont plus attachants que d'autres, mais tous sont intéressants et complexes, ce qui les rend crédibles.

 

Notons enfin que Seigneur des neiges et des ombres a beau n'être que le premier tome d'une trilogie intitulée Les larmes d'Artamon, le roman est doté d'une véritable fin qui lui confère toutes les qualités d'une oeuvre indépendante. En cette époque de cycles interminables, parfois inachevés et souvent morcelés n'importe comment, c'est aussi une qualité qu'il convenait de signaler.

 


 

Les Larmes d'Artamon, Sarah ASH
(Tears of Artamon)

 

Seigneur des Neiges et des Ombres
(Lord of Snow and Shadows, 2002)
Traduction de Michèle ZACHAYUS
Illustration de Didier GRAFFET
Livre de Poche, collection Fantasy n° 31201, novembre 2008, 736 pages


Quatrième de couverture

Trois royaumes. Un homme. Une destinée écrite en lettres de sang.

 

Gavril Andar mène dans le Sud une vie paisible... jusqu’au jour où de féroces guerriers viennent bouleverser cette sérénité. Ramené de force dans le royaume hivernal d’Azhkendir, il apprend que le roi, son père qu’il n’a jamais connu, a été assassiné, et que dans ses veines coule le sang brûlant du Drakhaoul. Dès lors, le destin du jeune Gavril est scellé. Prisonnier de Kastel Drakhaon, cerné par les glaces, il est censé venger la mort de son père. Mais le jeune homme doit lutter pour garder son âme humaine et retenir les sombres instincts qui menacent de s’emparer de lui. Car être Drakhaon ne signifie pas seulement accéder au trône d’Azhkendir : cela implique aussi de devenir un guerrier-dragon, d’une puissance extraordinaire... et de puiser dans le sang d’innocents pour survivre !

 

Avec cette trilogie, Sarah Ash s’impose comme l’une des plus belles voix de l’heroic fantasy romanesque, aux côtés de Robin Hobb et Sara Douglass.

 

par Philémont publié dans : A...
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Lundi 24 novembre 2008

Los Angeles, 1923. Chrysandra Flamande est une star du cinéma, avec tout ce que cela implique dans les caricatures les plus extrêmes : une réputation professionnelle surfaite, une vie personnelle autocentrée sur son image, sans oublier l'argent, le sexe, l'alcool et la drogue. Et voilà que Chrysandra Flamande voit les assassinats se multiplier dans son entourage et qu'elle fait elle-même l'objet d'attentats. Un vieux chinois l'a pourtant prévenu, mais c'est bien difficile à croire pour une femme uniquement ancrée dans les plaisirs terrestres : elle est l'objet des attentions d'un démon mandchou...

 

Avec La fiancée du dieu Rat, Barbara HAMBLY immerge donc le Hollywood des années 20 dans la mythologie chinoise. Sa reconstitution du fameux quartier de Los Angeles est d'ailleurs minutieuse et sans concessions envers quelques personnages bien connus de l'époque (Rudolph Valentino, D.W. Griffith...). Et s'ils sont purement imaginaires, la plupart des autres personnages ne sont là que pour montrer que ce milieu n'est vraiment pas reluisant (les producteurs véreux, les entremetteurs...). Tout cela est toutefois montré au travers du regard de la dame de compagnie de Chrysandra Flamande, Norah Blackstone, aussi honnête que réaliste.

 

La rigueur n'est en revanche pas de mise en ce qui concerne la mythologie chinoise. A ce niveau, tout est purement imaginaire et peu crédible. Il en est ainsi du dieu Rat et de son histoire. Il en est de même des chiens pékinois de l'actrice qui sont censés la défendre contre les attaques du démon. Mais la rigueur mythologique n'est pas l'objectif de Barbara HAMBLY, celle-ci visant uniquement au divertissement dans son expression la plus pure. Il n'en reste pas moins que quelques mois après les faits racontés dans son roman, l'Histoire sera marquée par le départ définitif du dernier empereur chinois, d'origine mandchoue, de la Cité interdite...

 

Au final, l'univers hollywoodien des années 20 et la mythologie chinoise imaginaire s'avèrent être des sujets rêvés pour l'écriture de Barbara HAMBLY. Elle sait parfaitement rendre attachant ses personnages, aussi caricaturaux soient-ils. Elle manie aussi l'humour avec finesse, là où il aurait été facile de sombrer dans le mauvais goût. Alors peu importe que le sujet de fond ne soit pas très original ; peu importe aussi que l'intrigue ne ménage guère de surprises ; La fiancée du dieu Rat atteint son objectif principal : celui de divertir le lecteur qui n'en demande pas plus.


 

La fiancée du dieu Rat, Barbara HAMBLY
(Bride of the Rat-God, 1994)
Traduction de Michelle CHARRIER
Illustration de Krystal CAMPRUBI
Livre de Poche, collection Fantasy n° 31108, septembre 2008, 480 pages


Quatrième de couverture

Dans le Los Angeles du cinéma muet, l’actrice Chrysandra Flamande a tout ce qu’elle désire : des amis éperdus d’admiration, des soirées brillantes, des distractions exotiques et plus de bijoux qu’elle ne peut en porter. Une vie de star, jusqu’au jour où un vieux Chinois la prévient que le joyau ancien qu’elle a porté lors de son dernier triomphe cinématographique l’a désignée comme la fiancée d’un dieu maléfique de Mandchourie. Bien sûr, Chrysandra ne l’écoute pas. Mais des meurtres étranges sont commis autour d’elle, et des traces de dents viennent ronger les fondations de sa maison...
Se pourrait-il que le dieu Rat soit réellement réveillé ?

 

Auteur prolifique, Barbara Hambly est connue aussi bien pour ses romans policiers historiques que pour ses histoires de fantasy épique et de fantastique vampirique.

par Philémont publié dans : H...
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Lundi 17 novembre 2008

A Thurène, l'une des grandes villes de la planète Devanta, Blaine Donne exerce le métier de détective privé après avoir été mis à la retraite des Opérations Spéciales, service chargé du maintien de l'ordre dans la Galaxie. Alors qu'il est en mal d'argent, il se voit confier plusieurs missions. La plupart sont d'apparence anodine (empêcher le mariage d'une riche héritière et d'un coureur de dot, assurer la transmission d'un héritage, etc.) mais une autre implique deux personnages influents de la société Thurènienne à l'origine d'un mystérieux projet : Elyseum. Dès lors, Blaine Donne est l'objet de divers attentats de plus en plus sophistiqués qu'ils ne déjouent que grâce à sa propre maîtrise des techniques utilisées, en particulier informatiques.

Auteur prolixe, mais connu en France uniquement pour son cycle de Fantasy Le monde de Recluce, L.E. MODESITT signe avec Elyseum un roman de Science-Fiction dans la plus pure tradition du Space-Opera. On y découvre en effet une planète colonisée par l'Homme, où la technologie s'est alliée au raffinement des grandes capitales européennes. Ainsi, Thurène est-elle calquée sur Paris où les habitudes bourgeoises ne sont pas sans rappeler le raffinement italien. Par ailleurs, Devanta, comme toutes les planètes de la Galaxie, est dirigée d'une main discrète mais ferme par l'Assemblée.

Mais ce Space-Opera est aussi très largement mâtiné de Cyberpunk. Les Hommes vivent en effet dans un monde ultra-technologique, où l'informatisation est extrême. Ainsi la chirurgie esthétique est devenue si banale que tous les êtres humains semblent sortir d'une gravure de mode, et que l'on peut même changer de sexe à volonté. De même l'informatique est si développée que chacun est relié en permanence à son ordinateur personnel par le biais d'implants. Bien entendu, les vaisseaux spatiaux sont courants et particulièrement sophistiqués.

C'est d'ailleurs pour son côté Cyberpunk que l'on regrettera quelques longueurs à Elyseum. Son intrigue étant menée comme une enquête policière, les investigations virtuelles du héros sont trop répétitives pour que le lecteur ne laisse pas échapper ici et là quelques bâillements ; de même les termes techniques utilisés auraient probablement mérité un peu plus de pédagogie. Pour le reste, Elyseum est un roman très rythmé, peut-être même un peu trop, le lecteur n'ayant guère le temps de connaître les personnages rencontrés, et donc de s'y attacher.

Il n'en demeure pas moins qu'Elyseum est un divertissement plaisant qui se lit d'une traite. Le lecteur pourra également s'amuser des multiples références à d'autres oeuvres littéraires qui parsèment le roman. Ainsi Hypérion est-il, sous la plume de MODESITT, une partition musicale très prisée de la bourgeoisie. De même, les excentricités de certains personnages sont-elles une forme d'hommage à Minuit dans le jardin du Bien et du Mal.


 

Elyseum, L.E. MODESITT
(The Elysium Commission, 2007)
Traduction de Patrick DUSOULIER
Illustration de Jackie PATERNOSTER
Robert Laffont, collection Ailleurs et demain, septembre 2008, 408 pages


Quatrième de couverture

Dans un avenir lointain, la Terre a été abandonnée pour cause de désastre écologique, et l'humanité a essaimé à travers la Galaxie. Sur un monde fort civilisé, Devanta, s'affrontent le Bon, la Brute et le Truand.
Le Bon, c'est Blaine Donne. Ancien des services spéciaux chargés d'assurer un minimum d'ordre dans la Galaxie humaine, ayant conservé de redoutables capacités à l'action et l'équipement adéquat, Donne, moyennant finances, enquête grâce à sa maîtrise de l'informatique et à ses relations.
Il est aussi l'Ombre et protège le faible et l'orphelin durant les nuits de Devanta et surtout de Thurene, la capitale qui a des allures de Nouveau Paris.
La Brute, ce sont les frères Eloi qui, après avoir construit sans scrupules un empire du divertissement, ont décidé d'investir dans un projet plus ambitieux.
Le Truand, c'est Judeon Maraniss, physicien sans génie, qui en détournant quelques technologies connues ou volées entreprend de créer un univers-bulle, Elyseum, distinct du nôtre mais qui s'enflera aux dépens de celui-ci, condamné.
Or, Donne se voit confier plusieurs missions dont la plus étrange concerne un mystérieux projet Elyseum.

Un space opera jubilatoire, truffé d'allusions à de grandes œuvres de la littérature et de la science-fiction.
 

par Philémont publié dans : M...
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Jeudi 13 novembre 2008

Le Vélum est un multivers dans lequel coexistent une infinité de mondes, parmi lesquels le nôtre ne se démarque guère. Dans le Vélum, le temps est en effet tridimensionnel. Il y a bien sûr la dimension classique (le passé, le présent et le futur), mais il y a aussi une dimension parallèle, dans laquelle l'Histoire peut avoir pris une route totalement différente de celle que l'on connaît. Et il y a encore une dimension perpendiculaire, plus métaphysique, symbolisée par des univers morts (l'Enfer, ou le bas) et le vide, ou peut-être bien l'infini (les Cieux, ou le haut).

Les divinités, appelées Amortels, ont choisi le Vélum tout entier comme champ de bataille pour la guerre qui les déchire. Le trône de Dieu est en effet vacant est c'est autour de Métatron, l'ange-gardien du Seigneur et de son trône que s'est constituée l'Alliance. A l'opposé, les Souverains sont des divinités anciennes qui refusent le diktat de l'Alliance et comptent bien le lui disputer.

Le Vélum vit à l'heure du Livre de Toutes les Heures, un ouvrage au contenu changeant, qui contient tout, mentionnant tous les noms, et dont la lecture semble rendre fou. Ce livre est découvert au début de notre XXIème siècle par Guy Reynard Carter qui, obsédé par une légende familiale, veut en percer les secrets et de ce fait s'enfonce au plus profond du Vélum pour en devenir témoin actif.

Là Carter découvre que tous les Amortels n'ont pas choisis leur camp et que certains refusent de prendre part à la guerre. C'est le cas de Phreedom, jeune rebelle qui incarna Inanna dans un autre monde, celui de la mythologie sumérienne ; c'est aussi le cas de Finnan en lutte perpétuelle contre l'autorité et qui incarna lui le Prométhée de la mythologie grecque. Et en refusant de prendre part à la guerre des cieux, Phreedom revivra la descente aux enfers d'Inanna dans son Amérique du XXIème siècle ; pour Finnan ce sera le calvaire de Prométhée dans l'Europe sanglante du début du XXème siècle.

Si cette brève présentation de l'intrigue de Vélum peut paraître complexe, il n'en reste pas moins qu'elle l'est bien moins que dans la réalité. Car, à l'image du Livre de Toutes les Heures, Vélum est un entrelacement perpétuel de petits chapitres par le biais desquels le lecteur se trouve plongé subitement dans un tout autre univers que celui dans lequel il était immergé précédemment. Il y croise divers personnages en divers espace-temps qui ne sont rien d'autres que des incarnations différentes des mêmes caractères en des lieux et des époques différentes. Ainsi, Phreedom et Finnan, respectivement personnages centraux des première et deuxième partie, ont des liens étroits dans les deux. De même Carter, en s'immergeant dans le Vélum, apparaît à tout moment et en tous lieux. Et il y en a bien d'autres...

Et que le lecteur ne compte pas trop sur Hal DUNCAN pour lui donner les clés de son intrigue. Vélum est un roman qui demande au lecteur une attention de tous les instants, qui nécessite souvent des allers et retours dans les chapitres, qui contraint parfois d'accepter de rester dans le flou, et qui demandera inévitablement de nombreuses lectures pour en appréhender toutes les dimensions. De plus, DUNCAN use et abuse de son érudition en matière d'Histoire, notamment contemporaine, et de mythes originels. A ce niveau non plus, il ne faut guère compter sur l'auteur pour faire preuve de pédagogie. Le lecteur a donc tout intérêt à être préalablement armé, ou alors à accepter de se documenter en cours de lecture. Enfin Vélum est une oeuvre pleine de références littéraires. Bien sûr le Vélum fait immanquablement penser au multivers de MOORCOCK. De même, Le Livre de Toutes les Heures, parfois appelé Macronomicon et dont un certain Liebkraft a abondamment parlé, est un hommage ouvert à LOVECRAFT. Mais c'est surtout à BORGES et à son Livre de sable que Le Livre de Toutes les Heures fait penser. En effet, comme le sable semble comporter un nombre infini de grains, Le Livre de Toutes les Heures semble être composé lui d'un nombre infini de pages.

Vélum est donc un roman éminemment complexe. Pourtant l'écriture de Hal DUNCAN est telle qu'il est difficile de ne pas se laisser prendre à son jeu. A la fois joliment travaillée et nerveuse, elle est terriblement efficace et ne peut qu'inciter le lecteur à tourner les pages avec frénésie, en dépit des zones d'incompréhension qu'il rencontrera inévitablement. De ce fait, et au fur et à mesure que la lecture avance, le dessein de l'auteur apparaît ainsi que, en filigrane, son message, plus politique celui-là.

Au final, ce premier tome du diptyque Le Livre de Toutes les Heures est une oeuvre qui ne peut laisser indifférent. Soit le lecteur y adhère totalement dès le départ et il vivra une expérience littéraire particulièrement marquante. Soit le lecteur ne s'implique pas et il pourrait bien abandonner sa lecture en cours pour revenir très vite vers une littérature de pur divertissement. Mais dans ce dernier cas, il pourrait aussi avoir conscience d'être passé à côté d'une oeuvre aussi forte que rare.


 

Le Livre de Toutes les Heures, Hal DUNCAN
(The Book of All Hours)

Vélum
(Vellum, 2005)
Traduction de Florence DOLISI
Illustration de DAYLON
Denoël, collection Lunes d'Encre, septembre 2008, 688 pages

Quatrième de couverture

Depuis des temps immémoriaux, le siège de Dieu est vacant. Ses anges et tous ceux dont le sang se charge d’un parcelle de divin, les Amortels, se sont divisés en deux clans : les Souverains et l’Alliance. Leur guerre n’a pas lieu dans les cieux, mais sur le Vélum, ce tissu de mondes en comparaison duquel notre Terre n’est qu’une trace de crasse sous l’ongle d’un pouce. Pour Finnan et Phreedom, qui refusent de choisir leur camp, le temps est compté, car la guerre des cieux sera bientôt totale.

Parution évènement de l’année 2005 en Grande-Bretagne, Vélum est le premier volume d’un diptyque, Le livre de toutes les heures, qui s’achèvera l’an prochain avec Encre. Souvent comparé à L'Échiquier du mal, cette fresque apocalyptique, d'une ambition rare, s'adresse tout autant aux lecteurs de Dan Simmons qu'à ceux du Festin nu de William S. Burroughs.

Hal Duncan est écossais. Il vit à Glasgow. Le succès de Vélum, traduit dans de nombreux pays, l'a consacré comme un des meilleurs écrivains du genre.
 

par Philémont publié dans : D...
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Samedi 8 novembre 2008

Inutile de résumer les différents Harry Potter à ma façon. D'abord les quatrièmes de couvertures se suffisent à eux-mêmes. Ensuite beaucoup d'entre vous ont déjà lu ces romans et vu les films qui, me semble-t-il, sont assez fidèles aux écrits de Joanne K. ROWLING. Enfin, j'estime que ceux qui n'ont ni lu ni vu Harry Potter en ont suffisamment entendu parler pour savoir de quoi il retourne.

Chacun des sept romans composant la série est structuré de manière identique, à quelques petites variantes près, surtout en fin de cycle. Ils débutent par le calvaire de Harry chez ses parents adoptifs avant la rentrée des classes. On suit alors une année scolaire classique, entrecoupée de vacances de Noël et de Pâques, et de matchs de Quidditch. L'année s'achève alors par les vacances d'été et le retour chez soi.

A l'image de cette structure, l'écriture de ROWLING est simple, sans être simpliste, donc agréable à lire. En outre, l'auteur possède un style plein d'humour et plutôt recherché. C'est d'ailleurs en ce sens que la série des Harry Potter n'est pas seulement de la littérature enfantine. En effet, il est peu probable que tous les traits d'humour de ROWLING soient bien saisis par les enfants ; à l'inverse, il ne fait guère de doute qu'ils soient appréciés par des personnes d'un âge plus avancé.

Les différentes intrigues sont également très simples, ce qui les rend abordables aux enfants. Les adultes, eux, ne doivent pas s'attendre à quelque chose de délicieusement complexe. Le côté sombre des romans va toutefois crescendo, tous étant menés comme des enquêtes policières, avec rebondissements et retournements de situations à l'appui. De ce dernier point de vue, Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban est probablement le plus évolué des sept volumes.

Le personnage central, comme ses copains d'ailleurs, est un enfant comme tous les autres. Pas spécialement avantagé par la nature, il profite de ses années d'école pour apprendre les choses de la vie de sorcier, et d'être humain tout ce qu'il y a d'ordinaire, qu'elles soient matérielles ou morales. Mais Joanne K. ROWLING n'en fait pas la leçon pour autant : tout est habilement suggéré, dans un lieu banal pour les enfants. Et le fait qu'il s'agisse d'une école un peu spéciale ne change rien aux valeurs mises en avant dans les romans.

Au final, il faut garder à l'esprit que la série des Harry Potter ne compte aucun chef d'oeuvre de la littérature. C'est pourquoi il vaut mieux considérer les multiples prix décernés à l'auteure (dont le Hugo 2001 pour Harry Potter et la Coupe de Feu) comme le résultat d'une politique commerciale particulièrement efficace. Il n'en reste pas moins que la série réunit sept romans très plaisants, qui fourmillent d'idées et qui mettent en scène des personnages particulièrement attachants. Il est toutefois préférable de ne pas les lire d'affilée sous peine de subir une impression désagréable de répétitivité. Sous cette réserve, le lecteur se réjouira de se replonger plus ou moins régulièrement dans les aventures du petit sorcier.


 

Harry Potter à l'école des sorciers
(Harry Potter and the Philosopher's Stone, 1997)
Traduction de Jean-François MÉNARD
Illustration de Jean-Claude GÖTTING
Gallimard, collection Folio junior n° 899, mars 2000, 308 pages

Quatrième de couverture

Le jour de ses onze ans, Harry Potter, un orphelin élevé par un oncle et une tante qui le détestent, voit son existence bouleversée. Un géant vient le chercher pour l'emmener à Poudlard, la célèbre école de sorcellerie où une place l'attend depuis toujours. Voler sur des balais, jeter des sorts, combattre des Trolls  : Harry Potter se révèle un sorcier vraiment doué. Mais quel mystère entoure sa naissance et qui est l'effroyable V..., le mage dont personne n'ose prononcer le nom ?

Harry Potter à l'école des sorciers a obtenu le prix Sorcières du roman 1999 et le prix Tam-tam du livre de jeunesse 1999, catégorie je Bouquine.

« J. K. Rowling a la plume allègre et malicieuse. Son goût de la fantaisie est communicatif. Son sens du suspense vous laisse haletant.  » (Le Monde)

« Le jeune Potter est bien parti pour devenir une star de la littérature enfantine.  » (Télérama)

 


Harry Potter et la chambre des secrets
(Harry Potter and the Chamber of Secret, 1998)
Traduction de Jean-François MÉNARD
Illustration de Jean-Claude GÖTTING
Gallimard, collection Folio junior n° 961, avril 2000, 364 pages

Quatrième de couverture

Une rentrée fracassante en voiture volante, une étrange malédiction qui s'abat sur les élèves, cette deuxième année à l'école des sorciers ne s'annonce pas de tout repos  ! Entre les cours de potion magique, les matches de Quidditch et les combats de mauvais sorts, Harry Potter trouvera-t-il le temps de percer le mystère de la Chambre des Secrets  ? Un livre magique pour sorciers confirmés.

« Une réussite parfaite qui joue avec virtuosité du mystère et du frisson. Il s'agit d'un de ces ouvrages qui vous ensorcellent et vous procurent un sentiment continu de jubilation. Un Bonheur  !  » (Le Monde)

« Un livre génial, drôle, truffé de rebondissements, facile à lire, un livre qu'on a envie d'offrir à tous ses copains.  » (La Croix)

 


 

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban
(Harry Potter and the Prisoner of Azkaban, 1999)
Traduction de Jean-François MÉNARD
Illustration de Jean-Claude GÖTTING
Gallimard, collection Folio junior n° 1006, octobre 2003, 476 pages

Quatrième de couverture

Sirius Black, le dangereux criminel qui s'est échappé de la forteresse d'Azkaban, recherche Harry Potter. C'est donc sous bonne garde que l'apprenti sorcier fait sa troisième rentrée. Au programme  : des cours de divination, la fabrication d'une potion de ratatinage, le dressage des hyppogriffes... Mais Harry est-il vraiment à l'abris du danger qui le menace  ? Un livre époustouflant qui vous emportera dans un tourbillon de surprises et d'émotion.

« On rit toujours autant, on frissonne beaucoup plus, on pleure parfois... un bonheur absolu  !  » (Je Bouquine)

« A ce niveau-là, ce n'est plus un succès d'édition, mais un envoûtement universel.  » (Libération)


Harry Potter et la coupe de feu
(Harry Potter and the Goblet of Fire, 2000)
Traduction de Jean-François MÉNARD
Illustration de Jean-Claude GÖTTING
Gallimard, collection Folio junior, novembre 2001, 768 pages

Quatrième de couverture

Harry Potter a quatorze ans et il entre en quatrième année au collège de Poudlard. Une grande nouvelle attend Harry, Ron et Hermione à leur arrivée : la tenue d'un tournoi de magie exceptionnel entre les plus célèbres écoles de sorcellerie. Déjà, les délégations étrangères font leur entrée. Harry se réjouit... Trop vite. Il va se trouver plongé au coeur des événements les plus dramatiques qu'il ait jamais eu à affronter.

Fascinant, drôle, bouleversant, ce quatrième tome est le pilier central des aventures de Harry Potter.

 

 

Harry Potter et l'Ordre du Phénix
(Harry Potter and the Order of the Phoenix, 2003)
Traduction de Jean-François MÉNARD
Illustration de Jean-Claude GÖTTING
Gallimard, collection Folio junior n° 1364, 2005, 1030 pages

Quatrième de couverture

A quinze ans, Harry entre en cinquième année à Poudlard, mais il n'a jamais été si anxieux. L'adolescence, la perspective des examens et ces étranges cauchemars... Car Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est de retour. Le ministère de la Magie semble ne pas prendre cette menace au sérieux, contrairement à Dumbledore. La résistance s'organise alors autour de Harry qui va devoir compter sur le courage et la fidélité de ses amis de toujours...

D'une inventivité et d'une virtuosité rares, découvrez le cinquième tome de cette saga que son auteur a su hisser au rang de véritable phénomène littéraire.

 


Harry Potter et le Prince de sang-mêlé
(Harry Potter and the Half-Blood Prince, 2005)
Traduction de Jean-François MÉNARD
Illustration de Jean-Claude GÖTTING
Gallimard, collection Folio junior n° 1418, mars 2007, 746 pages

Quatrième de couverture

Dans un monde de plus en plus inquiétant, Harry se prépare à retrouver Ron et Hermione. Bientôt, ce sera la rentrée à Poudlard, avec les autres étudiants de sixième année. Mais pourquoi Dumbledore vient-il en personne chercher Harry chez les Dursley ? Dans quels extraordinaires voyages au cœur de la mémoire va-t-il l'entraîner ?

Emotion, humour, art du suspense... J.K. Rolling révèle dans ce sixième tome la fascinante complexité de l'univers qu'elle a créé, et met en place tous les ressorts du dénouement.

 


Harry Potter et les Reliques de la Mort
(Harry Potter and The Deathly Hallows, 2007)
Traduction de Jean-François MÉNARD
Illustration de Jean-Claude GÖTTING
Gallimard, collection Folio junior n° 1479, octobre 2008, 896 pages

Quatrième de couverture

Cette année, Harry a dix-sept ans et ne retourne pas à Poudlard. Avec Ron et Hermione, il se consacre à la dernière mission confiée par Dumbledore. Mais le Seigneur des Ténèbres règne en maître. Traqués, les trois fidèles amis sont contraints à la clandestinité. D'épreuves en révélations, le courage, le choix et les sacrifices de Harry seront déterminants dans la lutte contre les forces du Mal.

Avec le dénouement de l'héroïque histoire de Harry Potter, J.K. Rowling signe un chef-d'œuvre d'une grande humanité et d'une maîtrise incomparable !

 

par Philémont publié dans : R...
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Vendredi 31 octobre 2008

Le 19 mai 1845, deux navires de la Royal Navy appareillent depuis l'Angleterre : le HMS Erebus, commandé par le capitaine John Franklin, et le HMS Terror, commandé par le capitaine Francis Crozier ; l'objectif de l'expédition est la découverte du mythique passage du Nord-Ouest. Mais les deux navires, et les 129 hommes de leur équipage, vus pour la dernière fois le 26 juillet 1845 dans la baie de Baffin, ne reviendront jamais en Angleterre.

C'est en 1847 que l'Angleterre commence à s'inquiéter. Entre cette année et 1859 une trentaine d'expéditions sont lancées à la recherche de l'Erebus et du Terror. Les témoignages des Inuits, les restes matériels et humains, éparpillés sur plus de deux cent cinquante kilomètres, et enfin la découverte des notes des officiers de l'expédition permettent alors de reconstituer les faits. Parmi ces derniers il est établi que le capitaine John Franklin décède le 11 juin 1847 alors que les deux navires sont bloqués par les glaces par 70° 05' de latitude Nord et 98° 23' de longitude Ouest depuis le 12 septembre 1846. La banquise ne libérant pas les bateaux, le capitaine Francis Crozier décide de les abandonner le 22 avril 1848 et lance l'équipage survivant dans une longue marche vers le sud. Celle-ci dure vraisemblablement jusqu'au printemps 1850, les hommes mourant les uns après les autres.

C'est cette tragédie que Dan SIMMONS nous raconte dans Terreur. Il le fait en romançant à partir des quelques découvertes post mortem que l'on vient de citer, notamment les témoignages écrits des capitaines Franklin et Crozier. Si, de ce fait, le récit est parfaitement factuel, l'auteur s'attache également à la psychologie des personnages, chaque chapitre étant alternativement consacré à un personnage différent. Il en profite alors pour raconter l'histoire de ces hommes, leur situation présente les amenant à se remémorer leur vie passée. SIMMONS joue également avec la situation géographique et la chronologie du roman ; non linéaires dans son premier tiers, elles le deviennent ensuite pour progressivement se faire plus floue. De cette façon il fait progresser jusqu'à l'horreur l'angoisse qui ressort de la situation de l'expédition tout en nous enseignant sur la vie des marins anglais dans la première moitié du XIXème siècle.

Dan SIMMONS reprend aussi les explications aujourd'hui avancées pour expliquer la tragédie. Ce sont les cartes utilisées qui étaient erronées et qui ont conduit l'Erebus et le Terror à se retrouver prisonniers de la banquise. C'est le mauvais équipement des marins, notamment vestimentaire, la superposition de vêtements en laine et en coton et les bottes en cuir étant peu efficaces contre les froids extrêmes. Ce sont encore les boîtes de conserve stockées qui, du fait de leur fermeture étanche par soudure au plomb, auraient provoquées du saturnisme. Mais l'auteur y ajoute un élément supplémentaire, qui lui est propre, et qui relève du fantastique.

C'est cette énorme chose, cette créature d'une blancheur immaculée, qui surgit sans prévenir pour disparaître aussitôt non sans avoir déchiqueté préalablement quelques hommes. Qui est-elle ? N'est-elle pas liée à la présence de Lady Silence, cette jeune inuit dont la langue a été arrachée lors de sa prime jeunesse et qui accompagne de loin l'expédition, tout en semblant bien mieux s'en tirer que les marins ? On ne le saura que dans les toutes dernières pages du roman, le lecteur ne pouvant faire jusque-là que des suppositions et prendre cette chose pour ce qu'elle est avant tout, une allégorie de la terreur suscitée par la banquise lorsqu'on ne la maîtrise pas, et que l'on ne peut de toute façon jamais maîtriser complètement. Hommage est alors rendu aux Inuits, le Vrai Peuple, seul capable de vivre en harmonie avec la banquise, sa cosmogonie en témoignant ; c'est aussi un hommage au Moby Dick de MELVILLE, notamment quand ce dernier disserte sur la terreur inhérente à la couleur blanche, et qui ouvre d'ailleurs le roman de SIMMONS.

L'élément purement imaginaire est donc utilisé avec subtilité. Comme l'auteur est par ailleurs parfaitement documenté sur l'histoire de l'expédition, et que l'on sait depuis longtemps qu'il est un formidable conteur, cela fait de Terreur un roman terriblement efficace à la lecture duquel le lecteur ne s'ennuie pas une seconde. Au contraire, on pourrait regretter qu'il ne comble pas tous les trous de l'Histoire, mais il vaut franchement mieux considérer qu'il a parfaitement dosé et rythmé son oeuvre et qu'il a produit là un modèle du genre, et même l'un de ses tous meilleurs romans.


 

Terreur, Dan SIMMONS
(The Terror, 2007)
Traduction de Jean-Daniel BRÈQUE
Illustration de F.A. BIARD
Robert Laffont, septembre 2008, 720 pages


Quatrième de couverture

1845. Vétéran de l'exploration polaire, Sir John Franklin se déclare certain de percer le mystère du passage du Nord-Ouest. Mais l'équipée, mal préparée, tourne court ; le Grand Nord referme ses glaces sur Erebus et Terror, les deux navires de la Marine royale anglaise commandés par Sir John. Tenaillés par le froid et la faim, les cent vingt-neuf hommes de l'expédition se retrouvent pris au piège des ténèbres arctiques. L'équipage est, en outre, en butte aux assauts d'une sorte d'ours polaire à l'aspect prodigieux, qui transforme la vie à bord en cauchemar éveillé.
Quel lien unit cette « chose des glaces » à Lady Silence, jeune Inuit à la langue coupée et passagère clandestine du Terror ? Serait-il possible que l'étrange créature ait une influence sur les épouvantables conditions climatiques rencontrées par l'expédition ? Le capitaine Crozier, promu commandant en chef dans des circonstances tragiques, parviendra-t-il à réprimer la mutinerie qui couve ?
Désigné comme l'un des dix meilleurs livres de l'année 2007 par Entertainment Weekly et USA Today, Terreur arrive enfin en France.
S'inspirant d'une histoire authentique — celle de l'expédition Franklin, qui passionna l'Angleterre victorienne — , Dan Simmons livre un roman sombre et grandiose, d'une intensité dramatique et d'un souffle exceptionnels.

Maître incontesté de la science-fiction depuis la parution des quatre romans du cycle des Cantos d'Hypérion et du diptyque Ilium/Olympos, Dan Simmons est également l'auteur de romans d'horreur et de romans fantastiques, tels que L'Échiquier du Mal.
 

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Lundi 20 octobre 2008

Fraîchement débarqué à San Francisco pour y devenir écrivain, Tommy commence par travailler de nuit dans un supermarché et par tomber amoureux de Jody. Cette dernière est elle-même devenue vampire depuis peu, mordue par Elijah Ben Sapir qui, manifestement, a décidé de tout faire pour rendre sa nouvelle condition particulièrement difficile. Tommy, avec l'aide de ses collègues du supermarché et de l'empereur de San Francisco (un clochard) et ses hommes (ses deux chiens), partent alors en chasse contre le vampire...

Avant la Mort (Un sale boulot), les zombies (Le sot de l'ange) et Godzilla (Le lézard lubrique de Melancholy Cove), Christopher MOORE revisite le mythe du vampire dans Les dents de l'amour. Fidèle à ses habitudes, il le fait par le biais d'une galerie de personnages hauts en couleur et un ton totalement décalé, masquant l'air de rien une peinture de la vie moderne dans les villes américaines.

Comme avec les oeuvres précédemment chroniquées, le résultat est une lecture facile, rapide et drôle dont les amateurs d'humour déjanté raffoleront.


 

Les dents de l'amour, Christopher MOORE
(Bloodsucking Fiends, 1995)
Traduction de Luc BARANGER
Illustration de Néjib BELHADJ KACEM
Calmann-Lévy, collection Interstices, octobre 2008, 330 pages


Quatrième de couverture

La rencontre fortuite de Tommy, débarqué à San Francisco de son Midwest natal pour devenir le nouveau Jack Kerouac, et de Jody, une bouillonnante secrétaire de vingt-six ans, aurait pu nourrir une banale histoire d’amour. Seulement voilà, juste avant de faire la connaissance du jeune homme, la belle Jody a été mordue par Élie Ben Sapir, un vampire âgé de huit siècles, qui a fait d’elle un nosferatu — histoire manifestement de lui pourrir la (non-)vie.
Fort heureusement, Tommy l'écrivain tourmenté, tombé amoureux fou de Jody, veille au grain. Avec l'aide de ses collègues de l’équipe de nuit du supermarché où il travaille et d’un sympathique clochard autoproclamé empereur de San Francisco, il n’aura de cesse de traquer le vieux démon pour défendre sa dulcinée — sans oublier de passer chercher le linge en rentrant, merci.

Après Godzilla dans Le Lézard lubrique de Melancholy Cove, les zombies dans Le Sot de l'ange ou la Mort herself dans Un sale boulot, Christopher Moore dynamite cette fois le mythe du vampire avec sa folie coutumière. À conseiller aux dépressifs.

Né dans l'Ohio en 1957, Christopher Moore, qui aime l'océan, le polo à dos d'éléphant, les émissions télévisées sur les animaux et les crackers au fromage, a étudié l'anthropologie et la photographie au Brooks Institute of photography de Santa Barbara — où il écrira son premier roman, Practical Demonkeeping, publié en 1993. Après avoir passé quelques années dans une forteresse perdue sur une île inaccessible du Pacifique, il s'est récemment établi en Californie.
 

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Lundi 13 octobre 2008

Ellen KUSHNER n'avait été publiée en France qu'à une occasion, celle de Thomas le Rimeur, dont on avait particulièrement apprécié les grandes qualités. Ce roman n'était toutefois pas sa première oeuvre, celle-ci ayant été précédée trois ans plus tôt par Swordspoint, aujourd'hui traduit et édité par Calmann-Lévy.

A la pointe de l'épée met en scène Richard Saint-Vière, mercenaire de son état. Il loue en effet ses services de bretteur à la noblesse, laquelle se les dispute. C'est ainsi qu'il se retrouve bientôt au coeur d'une intrigue politique pour le moins complexe et dangereuse.

Saint-Vière exerce ses talents dans la capitale d'un pays certes imaginaire, mais éminemment influencé par l'image que l'on a aujourd'hui des grandes villes européennes du XVIIème siècle. Il s'agit tant de la ville elle-même, abondamment décrite, que du mode de vie des habitants, qu'il soit membres de la noblesse ou roturiers. L'auteure se plait d'ailleurs à mettre en avant les contrastes entre ces deux catégories de la population.

Elle s'intéresse toutefois beaucoup plus à la noblesse, à son raffinement, à son sens de l'honneur, le tout masquant la plupart du temps des esprits retors avides de pouvoir. Le lecteur découvre cela en même temps que Saint-Vière en étant plongé au coeur d'une machination aussi complexe que subtile.

Cette intrigue est mise en valeur par une très belle écriture. Superbement imagée (la tache de sang sur un champ de neige fraîchement tombée évoquée par MARTIN dans le quatrième de couverture), elle fait la part belle à la psychologie des personnages, qu'ils soient principaux (l'homosexualité de Saint-Vière) ou secondaires (l'avidité des nobles), tout en impulsant un rythme au récit qui tient le lecteur captif jusqu'à la dernière page.

Finalement, s'il n'y avait qu'une chose à regretter, c'est que l'émotion du lecteur est bien moins souvent mise à contribution que dans Thomas le Rimeur. Il faut dire qu'il croise très peu de personnages sympathiques, même Saint-Vière n'étant rien d'autre qu'un tueur froid motivé uniquement par l'argent et sa réputation. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que le roman est sous-titré « Un mélodrame d'honneur ».


 

À la pointe de l'épée, Ellen KUSHNER
(Swordspoint, 1987)
Traduction de Patrick MARCEL
Illustration de Alain BRION
Calmann-Lévy, collection Fantasy, octobre 2008, 308 pages


Quatrième de couverture

Roman à fleuret non moucheté, A la pointe de l’épée conte les exploits de Richard Saint Vière, le plus fameux des tueurs des Bords-d’eau, le quartier des pickpockets et des prostituées. Aussi brillant qu’impitoyable, aussi détaché que violent à ses heures, ce dandy scandaleux gagne sa vie comme mercenaire en vendant ses talents de bretteur au plus offrant, sans trop se soucier de morale.

Mais tout va se compliquer lorsque, pour de mystérieuses raisons, certains nobles de la Cité décident de se disputer ses services exclusifs ; Saint Vière va dès lors se retrouver au cœur d’un inextricable dédale d’intrigues politiques et romanesques qui pourraient bien finir par lui coûter la vie…

Au-delà du roman d’aventure mêlé aux subtilités d’un mélodrame, au-delà de l’hommage savoureux rendu à Dumas et aux grands récits de capes et d’épées, A la pointe de l’épée est une œuvre forte, profondément dérangeante, sur la nature de la réalité et la moralité de la violence. Ellen Kushner nous y offre une inoubliable galerie de personnages plus grands que nature, désespérés au point de tout risquer.

Romancière new-yorkaise, Ellen Kushner est née à Cleveland, dans l’Ohio. Passionnée par l’histoire médiévale et les traditions, elle a dirigé une collection de fantasy avant de se lancer dans l’écriture. Auteur du splendide Thomas le Rimeur (World fantasy & Mythopoeic Awards 1991), elle est la cofondatrice de l’Interstitial Art Foundation et anime également Sound & Spirit, une émission de radio sur les musiques, traditions et folklores du monde.

« A la pointe de l’épée commence par une tache de sang sur un champ de neige fraîchement tombée, une image qui s’est gravée à jamais dans mon esprit depuis que je l’ai croisée. […] C’est un début de roman formidable, inoubliable… et le reste est meilleur encore ».
George RR Martin
 

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Mardi 7 octobre 2008

Une saga est un récit en prose caractéristique des littératures scandinaves du XII au XIVème siècle. Méconnu en France, ce genre regroupe une multitude d'oeuvres narratives qui, resituées dans leur contexte géographique et historique, étaient en avance de plusieurs siècles sur leur temps. D'ailleurs elles passionnent une poignée d'érudits rivalisant d'hypothèses quant à leur genèse et leur contenu.

Régis BOYER est de ces derniers. Professeur de langues, littératures et civilisation scandinaves à la Sorbonne de 1970 à 2001, il a réuni quinze de ces sagas dans la prestigieuse collection de La Pléiade en 1987. Il s'agit plus précisément de " sagas islandaises ", c'est-à-dire de sagas se déroulant au moment de la découverte et de la colonisation de l'Islande, soit du Xème siècle au début du XIème siècle. Comme d'habitude dans la Bibliothèque de La Pléiade, ce recueil est agrémenté d'un important appareil critique qui aide le lecteur à appréhender toutes les dimensions de ces oeuvres.

Saga d'Egill, fils de Grímr le Chauve (Egils Saga Skallagrímssonar)

La Saga d'Egill, fils de Grímr le Chauve a probablement été écrite par Snorri Sturluson vers 1230. Politicien, historien et poète islandais, l'oeuvre importante de Snorri Sturluson est aujourd'hui la principale source de connaissance de la mythologie nordique. Il est par ailleurs un descendant d'Egill auquel est consacrée cette saga. Egill a dû naître vers 910 et s'est très vite illustré comme viking ; il montre également de grandes dispositions pour la poésie, ce qui en fait l'un des héros favoris des islandais encore aujourd'hui. Dans le présent récit, il semble également doué pour la magie.

Saga de Snorri le Godi (Eyrbyggja Saga)

La Saga de Snorri le Godi est consacrée aux colonisateurs du Thórsnes, d'Eyrr et de l'Álptafjördr, trois lieux importants du district de l'ouest islandais. Le personnage de Snorri le Godi y sert de lien entre plusieurs familles implantées dans la région.

Sagas du Vínland

Suivent ensuite trois sagas dîtes du Vínland, pays qui fait encore aujourd'hui l'objet de conjectures de la part des chercheurs. La saga d'Eiríkr le Rouge (Eiríks Saga rauda), la Saga des Groenlandais (Groenlendinga Saga) et le Dit des Groenlandais (Groenlendiga Tháttr) content la découverte (en 985) et la colonisation du Groenland  par les islandais, puis la découverte d'autres terres parmi lesquelles le Vínland (vers l'an 1000). D'aucuns estiment que ce pays pourrait être Terre-Neuve, ce qui reviendrait à dire, si cela était prouvé, que la découverte de l'Amérique du Nord serait le fait des vikings et non de Christophe Colomb près de 500 ans plus tard...

Saga des gens du Val-au-Saumon (Laxdoela Saga)

La Saga des gens du Val-au-Saumon est un autre récit consacré à la colonisation de l'ouest islandais. Mais cette fois-ci le texte fait la part belle à la fiction en se concentrant sur les femmes, notamment sur Gudrún dont les amours malheureux font de cette saga une véritable tragédie. On lui attribue notamment un propos devenu proverbial en Islande : « J'ai été la plus mauvaise pour celui que j'aimais le plus ».

Saga de Gísli Súrsson (Gísla Saga Súrssonar)

Probablement le texte le plus moderne du recueil de par son ton, son rythme et ses thèmes, la Saga de Gísli Súrsson est consacrée à un personnage contraint de fuir la vengeance de ses ennemis, tout en ayant conscience que la fin est inéluctable, ne serait-ce que parce qu'il fait des rêves prémonitoires.

Saga des frères jurés (Fóstbroedra Saga)

La Saga des frères jurés conte les destins entremêlés de Thorgeirr et Thormódr dont l'amitié a été scellée dès leur prime jeunesse par le biais d'un rite païen.

Saga de Hávardr de l'Isafjördr (Hávardar Saga Isfirdings)

La Saga de Hávardr de l'Isafjördr est consacrée à un vieil homme qui, poussé par sa femme, retrouve une seconde jeunesse lorsqu'il s'agit de venger l'assassinat de son fils.

Saga de Grettir (Grettis Saga Asmundarsonar)

La Saga de Grettir est consacrée pour sa part à la vie d'un homme si fier et arrogant qu'il finit par être proscrit ; en Islande cela équivaut à une condamnation à mort. Or Grettir, grâce à sa force, vit près de vingt ans dans cette condition, seule la magie venant finalement à bout du personnage devenu alors légendaire pour les islandais.

Saga des chefs du Val-au-Lac (Vatnsdoela Saga)

La Saga des chefs du Val-au-Lac est consacrée à la colonisation d'un district du nord islandais, le Vatnsdalr, par une lignée de chefs remarquables. Le récit comporte également de nombreux éléments propres au surnaturel.

Saga de Glúmr le Meurtrier (Viga-Glúms Saga)

La Saga de Glúmr le Meurtrier conte la vie d'un homme dont les forces de caractère et physique vont le conduire à la tête de son district du nord de l'Islande. Mais ce sont également ces mêmes qualités qui vont le transformer en tyran, puis à sa chute.

Saga des gens du Svarfadardalr (Svarfdaela Saga)

La Saga des gens du Svarfadardalr est consacrée à la colonisation d'un district du nord islandais. Son côté décousu fait de ce texte une succession de scénettes dont la compilation n'est restée qu'à l'état d'ébauche. Mais comme le signale Régis BOYER, il n'est pas sans charme et a au moins le mérite de faire ressortir la qualité des autres oeuvres du recueil.

Saga de Hrafnkell Godi-de-Freyr (Hrafnkels Saga Freysgoda)

La Saga de Hrafnkell Godi-de-Freyr conte la vie d'un héros dont le sens de l'honneur le conduit à sa chute. Mais grâce à sa patience il se relève envers et contre tous. A noter que cette saga se déroule dans l'est islandais, région qui a laissé moins de traces que les autres dans l'Histoire.

Saga de Njáll le Brûlé (Brennu-Njáls Saga)

Le recueil s'achève avec la Saga de Njáll le Brûlé (Brennu-Njáls Saga), très long texte dont l'intrigue se déroule dans le sud de l'Islande. Njáll y est un personnage sage que la plupart des hommes de la région consulte pour leurs affaires, en particulier juridiques. Il évite ainsi bien des conflits jusqu'à ce qu'il soit brûlé vif dans sa maison avec sa famille par ses ennemis. Les qualités narratives de ce texte sont remarquables et il est riche d'enseignements sur les pratiques juridiques de l'Islande au Moyen-Age.

Toutes ces sagas rapportent donc les faits et gestes d'Islandais célèbres à l'échelon local au moment de la colonisation. Ces personnages peuvent en outre circuler d'un texte à l'autre, et leurs auteurs n'hésitent pas à retracer les aventures de leur lignage sur plusieurs générations. Cette dernière caractéristique peut d'ailleurs être problématique pour le lecteur contemporain, tant la généalogie des islandais est développée.

Mais c'est aussi cette généalogie extensive qui fait l'une des grandes qualités des sagas islandaises. Ces récits sont en effet structurés de manière à ne jamais oublier le destin des nombreux personnages évoqués, quitte à signaler la mort de tel personnage secondaire quelques dizaines de chapitres après son apparition dans le récit. Mais comme les chapitres sont très courts, cela donne un rythme soutenu au texte, le lecteur n'ayant alors pas de mal à resituer le personnage en question.

Quant à l'écriture, elle est dépouillée de tout artifice et s'en tient aux faits, ce qui fait des sagas islandaises des oeuvres particulièrement réalistes. Mais les textes ne sont ni dénués d'humour, ni d'éléments propres à l'imaginaire plus ou moins développé des auteurs.

Car il y a également des éléments de fiction dans les sagas islandaises, et même des éléments qui relèvent du surnaturel. C'est la magie, blanche ou noire, exercée par bon nombre de personnages, ce sont aussi certains trolls et autres monstres rencontrés lors des expéditions vikings, ce sont encore les revenants qui dictent les conditions de leur départ définitif. Ces éléments propres à ce que l'on appellerait aujourd'hui Fantastique relèvent bien sûr du paganisme qui avait encore largement cours à l'époque, le christianisme n'étant alors pas totalement implanté.

Il n'est donc pas étonnant que de nombreux auteurs contemporains de Fantasy se soient inspirés de ces textes pour le développement de leurs univers. Ils sont par exemple rien de moins que l'une des sources d'inspiration majeures de TOLKIEN. On retrouve aussi certains ambiances caractéristiques des univers de MOORCOCK, et même des épées chantantes... Quant à Poul ANDERSON, il a écrit ouvertement sa propre saga en unifiant divers textes consacrés à un héros scandinave du VIème siècle.

Dès lors les Sagas islandaises sont une lecture passionnante pour l'amateur de Fantasy souhaitant remonter aux sources du genre qui le fait vibrer aujourd'hui. Il n'est toutefois pas indispensable de lire les quinze textes présentés ici en une seule fois ; et si l'on doit en choisir un seul, la Saga de Njáll le Brûlé est probablement la plus adaptée pour la découverte de cette littérature.


 

Sagas islandaises
Textes traduits, présentés et annotés par Régis BOYER
Gallimard, collection Bibliothèque de La Pléiade, 1987, 2064 pages

par Philémont publié dans : B...
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Mercredi 10 septembre 2008

Andrew Wiggin, dit Ender, est suivi depuis sa conception par la Flotte Internationale. A l'âge de six ans il est retiré à sa famille pour être intégré à l'Ecole de Guerre située en orbite de la Terre. La Flotte Internationale voit en effet en lui celui qui sera capable de vaincre les Doryphores, dont la dernière attaque remonte à soixante-dix ans. Dès lors les manipulations subies par Ender vont crescendo dans leur dureté. Et peu importe qu'Ender ne soit qu'un enfant, la discipline militaire doit tout faire pour qu'il devienne le stratège que l'Humanité attend, et ce le plus vite possible.

La stratégie Ender conte donc le parcours initiatique d'un enfant dans un univers militaire. Ce dernier est particulièrement dur, mais Ender trouve des ressources pour l'affronter par le biais de son intelligence et de ses sentiments. Il est ainsi capable de venir à bout de tous les "jeux" imaginés par les adultes et leurs ordinateurs, tout en ayant conscience d'être manipulé, et en dépassant ses limites à chaque fois qu'il doit franchir un obstacle. Mais Ender est aussi un enfant qui a besoin de se sentir aimé et qui se pose des questions sur son existence dans le monde qui l'entoure.

C'est l'intégralité de cette personnalité que Orson Scott CARD nous fait découvrir. Et il le fait une fois de plus avec une prose de grande qualité, toute en tension et rebondissements, donnant un rythme incroyable au roman. C'est d'autant plus remarquable que l'auteur s'intéresse avant tout à la psychologie d'un enfant, la guerre contre les Doryphores n'étant que suggérée en toile de fond de l'intrigue. Cela fait d'ailleurs de La stratégie Ender une oeuvre profondément humaniste.

Il n'est donc pas étonnant que le roman ait obtenu de nombreux prix, dont le Hugo 1986 et le Nebula 1985. Il n'est pas étonnant non plus que ce roman soit la plupart du temps présenté comme une oeuvre incontournable de la Science-Fiction contemporaine, voire comme un chef-d'oeuvre. Tout simplement.


 

Le cycle d'Ender, Orson Scott CARD
(The Ender saga)

La Stratégie Ender
(Ender's game, 1985)
Traduction de Daniel LEMOINE
Illustration de Jean-Michel PONZIO
J'ai Lu, collection Science-Fiction n° 3781, octobre 2003, 384 pages


Quatrième de couverture

Il y a cinquante ans, la flotte terrienne a réussi à repousser l'attaque des Doryphores... Aujourd'hui pourtant, une nouvelle invasion menace.
Un programme militaire pour la formation des futurs commandants de la flotte est en cours, mais le temps est compté. Parmi les élèves-officiers — tous des surdoués, Andrew Wiggin, dit Ender, focalise toutes les attentions. Appelé à devenir un puissant stratège, il est le jouet des manipulations de ses supérieurs depuis sa naissance... et cela le dépasse.
Car c'est entre ses mains que repose le sort de l'humanité.
Et Ender n'a que six ans.

Orson Scott Card
Né en 1951. D'aucuns considèrent Le cycle d'Ender comme le chef-d'oeuvre de cet auteur contemporain majeur. De confession mormone, Card n'a de cesse de mettre en scène des quêtes initiatiques, où l'accomplissement de l'Homme s'opère par le biais d'une souffrance toujours nécessaire.
 

par Philémont publié dans : C...
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