Quatre années après les évènement narrés dans Mon Coeur est une tronçonneuse, Jade Daniels, qui se fait désormais appeler Jennifer, tente de tirer un trait sur son passé traumatique lorsque Dark Mill South, un légendaire tueur en série amérindien, s’évade de prison. Quand les cadavres éviscérés s’accumulent dans la ville et ses alentours, les réflexes de Jennifer et sa connaissance encyclopédique des slasher movies reprennent le dessus. Elle tente ainsi de rallier à sa façon singulière ses amis et les autorités locales pour les sauver de leur condition de victime. Le seul problème est que « le tueur a vu les mêmes films » qu'elle...
Deuxième tome de la trilogie Indian Lake, N'aie pas peur du faucheur exploite la même technique narrative (l'Horreur en tant que genre et métaphore de la vie en société) pour développer une riche thématique autour des traumas de l'enfance et de la survie qu'ils induisent, le tout dans un contexte d'identité amérindienne particulièrement marquée.
Dès lors on appréciera d'autant plus le récit que le lecteur est amateur de films d'horreurs, les références ad hoc étant innombrables. En outre, quand Stephen Graham JONES était plutôt didactique dans le premier opus, il l'est beaucoup moins dans N'aie pas peur du faucheur ; dès lors si le lecteur ne connaît pas ce cinéma, et ses codes, il passera à côté de la plupart des références et du roman dans son entier. Dans tous les cas, la lecture de ce tome n'est pas recommandée sans celle préalable du précédent dans la trilogie.
Quoi qu'il en soit la démarche de Stephen Graham JONES est subtile, lui permettant de produire un roman intelligent et de démontrer que l'Horreur peut aussi être un genre littéraire à part entière, dans le sens le plus noble du terme.
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