L’intrigue se précise. Et c’est tant mieux car cela maintient la force des Annales de la Compagnie noire. Cette fois-ci, la narration est double : celle de Toubib, qui nous avait déjà conté les faits de La Compagnie noire, et celle d’un inconnu, qui nous balance froidement la description de la plus sordide des bourgades. Bien sûr Toubib finira par arriver lui-même dans cette ville, ce qui fusionnera les deux narrations.
Génépi est une horreur. C’est une ville située quelque part au Nord, qui ressemble plus à un terrain vague qu’au résultat d’un plan d’urbanisme. Et en plus il y fait un temps abominable, à tel point que les habitants y crèvent régulièrement de froid.
Les habitants de Génépi, parlons-en justement. Ils sont à l’avenant de leur ville : soit minables, soit salopards, souvent les deux à la fois. Ces charmantes personnes exercent des métiers passionnants : prêteurs sur gages, taverniers endettés jusqu’au coup par les premiers, maquereaux, prostituées et… c’est à peu près tout. A côté d’eux les membres de la compagnie inspirent le plus grand respect.
Outre la compagnie elle-même, le personnage central du roman est Shed, tavernier à Génépi… Glen Cook s’attarde longuement sur lui, de façon à nous dépeindre sa psychologie dans les moindres détails. Et c’est terriblement bien rendu : à travers les actes et la psychologie de Shed, c’est toute l’horreur de Génépi qui nous est montrée. La différence de traitement entre la Compagnie noire et Shed est d’ailleurs assez frappante : les membres de la première restent secrets, alors que l’on sait tout du second.
En résumé, l’ambiance de ce roman est glaciale, dans le bon sens du terme. En outre, l’histoire continue d’être bien menée, peut-être même mieux que dans le premier volume grâce à une plus grande clarté des desseins de la Compagnie.
/http%3A%2F%2Fcitriq.net%2Fwidget%2FauR.png)
Le Château noir - Glen COOK
Publicité
