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Trouble est cette Compagnie noire et le monde dans lequel elle évolue. La Compagnie est composée de personnages tous plus énigmatiques les uns que les autres. Ils sont arrivés là on ne sait trop comment, si ce n’est pour oublier un passé peu reluisant, et se retrouver dans un présent guère plus valorisant. Le narrateur lui-même (un membre de la Compagnie) ne dit rien sur lui et a fortiori sur ses compagnons. Bien sûr sa narration est à l’image de la galerie de « gueules » qu’il côtoie : hachée et factuelle. Que voulez-vous ? Un mercenaire, même avec de vagues notions de médecine, ne peut pas s’encombrer de détails sur la vie de sa « famille »…

Le monde dans lequel évolue la Compagnie noire n’est pas mieux traité. Aucun détail, ou si peu (on est quelque part dans le Nord), n’est développé sur les villes et les villages, encore moins sur la faune et la flore visités tout au long du roman. Et l’absence de carte, comme les amateurs de Fantasy ont l’habitude d’en trouver dans leurs ouvrages favoris, n’arrange rien au fait que l’on a du mal à s’imaginer dans quel endroit on se trouve au fur et à mesure du déroulement des événements. Mais, là aussi, quand on y réfléchit, on ne peut pas imaginer un mercenaire s’étendre longuement sur ce qu’il voit : il n’est pas là pour rêvasser…

On ne sait donc pas grand chose. Mais… c’est terriblement efficace ! Le ton employé tout au long du roman est parfaitement adapté au thème développé : le sempiternel combat entre le Bien et le Mal. Mais cette fois-ci, les personnages principaux sont du côté du Mal, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Surtout, on sent très vite que ce Mal n’est pas tout à fait noir, de la même façon que le Bien, assez lointain, n’est lui-même pas tout à fait blanc, sans que l’on sache vraiment pourquoi…

C’est donc bien dans le flou que nous évoluons tout au long de La compagnie noire. On sait seulement que l’on est quelque part entre le noir et le blanc, plus proche du noir tout de même, tout en sachant que « le Mal est relatif (…). On ne peut lui mettre d’étiquette. On ne peut ni le toucher, ni le goûter, ni l’entailler avec une épée. Le Mal dépend de quel côté on se trouve, de quel côté on pointe son doigt accusateur ».

CITRIQ

La Compagnie noire - Glen COOK (The Black Company, 1984), traduction de Patrick COUTON, illustration de Didier GRAFFET, L'Atalante collection Bibliothèque de l'évasion, 1998, 360 pages

La Compagnie noire - Glen COOK (The Black Company, 1984), traduction de Patrick COUTON, illustration de Didier GRAFFET, L'Atalante collection Bibliothèque de l'évasion, 1998, 360 pages

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