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Après un Tragique Millénaire l’Europe est désormais dominée par la Granbretanne qui multiplie les conquêtes, toutes plus sauvages et sanglantes les unes que les autres. Elle bâtit ainsi un Ténébreux Empire contre lequel Dorian Hawkmoon, duc de Köln, se rebelle avec l’appui de l’ultime province indépendante, la Kamarg…

Même si cela n’est pas décrit explicitement, il semblerait que l’Europe de Michael MOORCOCK soit ici une Europe post-apocalyptique. La société y est redevenue médiévale, mais elle a développé des compétences scientifiques qui ressemblent fort à ce que l’on pourrait appeler de la magie. L’Amérique et l’Asie n’existent plus, remplacées respectivement par les légendaires Amarehk et Asiacommunista dont on ne sait quasiment rien. Quant à l’Afrique et l’Océanie, il semblerait qu’on en ignore jusqu’à l’existence.

La légende de Hawkmoon ne se caractérise toutefois pas seulement par sa situation géographico-politique. Elle se singularise aussi par le ton utilisé, et surtout par le fait que celui-ci change du tout au tout une fois passés les quatre premiers volumes.

La tétralogie initiale se compose de :

  1. Le Dieu Fou (Sorcerer's Amulet (Lancer) / The Mad God's Amulet (ensuite), 1968), traduction de Jacques GUIOD ;
  2. L'Épée de l'Aurore (The Sword of the Dawn, 1968), traduction de Bernard FERRY ;
  3. Le Joyau Noir (The Jewel in the Skull, 1967), traduction de Jean-Luc FROMENTAL et François LANDON ;
  4. Le Secret des Runes (The Runestaff, 1969), traduction de Bernard FERRY.

Elle nous raconte la façon dont Dorian Hawkmoon vient à bout du Ténébreux Empire. C’est l’occasion pour Michael MOORCOCK de nous servir une Fantasy dans le sens le plus extrême du terme. Notre héros semble en effet invincible : seul ou accompagné de quelques amis il extermine ses ennemis, humains ou monstres, par centaines, voire milliers. En outre, comme souvent avec MOORCOCK, l’écriture est rythmée à l’extrême, l’auteur ne s’embarrassant pas de la psychologie de ses personnages, lui préférant l’action en toute occasion.

La trilogie finale se compose de :

  1. Le Champion de Garathorm (The Champion of Garathorm, 1973), traduction de Gérard LEBEC ;
  2. La Quête de Tanerlorn (The Quest for Tanelorn, 1975), traduction de Gérard LEBEC ;
  3. Le Comte Airain (Count Brass, 1973), traduction de Gérard LEBEC.

Elle nous conte les conséquences de la chute de la Granbretanne pour Dorian Hawkmoon. Et cette fois-ci c’est l’occasion pour Michael MOORCOCK de plonger ses lecteurs dans le multivers qu’il a initié avec le cycle d’Elric, Dorian Hawkmoon n’étant rien de moins, on l’aura compris, qu’une figure du champion éternel. Dès lors, l’auteur abandonne l’Heroic Fantasy facile, pour une Fantasy plus sérieuse, presque expérimentale, abordant des thèmes relatifs à la condition de l’Homme, par rapport aux autres Hommes, et par rapport au monde dans lequel il vit.

A une Fantasy facile et caricaturale succède donc une Fantasy sérieuse et parfois confuse. Du point de vue de la confusion, La légende de Hawkmoon peut d’ailleurs rappeler les pires moments du cycle d’Elric. Par ailleurs, à aucun moment, Hawkmoon n’atteint la même puissance dramatique qu’Elric. Il n’en reste pas moins que Michael MOORCOCK sait raconter une histoire à ses lecteurs et qu’il réussit finalement à les captiver, si tant est qu’ils ne sont pas allergiques à son style si particulier.

La légende de Hawkmoon - Michael MOORCOCK, Illustration de Jean BASTIDE, Pocket, 2015 et 2016, 768 et 480 pagesLa légende de Hawkmoon - Michael MOORCOCK, Illustration de Jean BASTIDE, Pocket, 2015 et 2016, 768 et 480 pages

La légende de Hawkmoon - Michael MOORCOCK, Illustration de Jean BASTIDE, Pocket, 2015 et 2016, 768 et 480 pages

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