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Théodora est une adolescente parisienne qui vit seule avec son père depuis que sa mère est décédée tragiquement. Perturbée, elle a coupé les ponts avec ses amis et obtient des résultats médiocres au collège, au point d'avoir redoublé sa quatrième.

 

Son échappatoire c'est l'Internet, et plus précisément un jeu en ligne, Barbarian Killers, dans lequel elle excelle, au point d'être classée parmi les cinq meilleurs joueurs au monde. Elle y incarne Fennec des Sables qui, en collaboration avec les quatre autres joueurs ayant atteint le plus haut niveau du jeu, doit combattre l'Armée de l'Obscur. Et la passion de Théo est telle qu'elle ne sait plus très bien où se situe la frontière entre le jeu et la réalité. Il lui arrive ainsi d'être "transférée" physiquement dans le jeu ; il lui arrive aussi d'être le témoin d'accidents dans la vie de tous les jours, et dont les Barbarians semblent être à l'origine. Mais le véritable problème est qu'elle est la seule à voir ces Barbarians, et qu'elle est contrainte de s'interroger sur sa santé mentale en même temps que sur l'existence d'un univers parallèle.


Ses discussions avec ses colistiers sur le chat réservé du jeu la convainquent que deux mondes parallèles coexistent bel et bien. Dès lors les interrogations se multiplient dans l'esprit de Théo, parmi lesquelles la façon dont s'opère le passage d'un univers et l'autre, et le rôle qu'elle est appelée à jouer dans l'invasion manifeste du monde réel par les Barbarians.


Une thématique de fond banale dans une collection dédiée à la jeunesse n'est pas très incitatif pour le lecteur potentiel en quête d'une Fantasy riche à défaut d'être novatrice. De fait, Le règne de la barbarie est avant tout un roman pour la jeunesse, son style narratif, et parfois naïf, en témoignant. De plus les rebondissements et révélations se succèdent à un rythme soutenu, ponctués ici et là de traits d'humours auxquels le public cible ne devrait pas être insensible.


Mais Le règne de la barbarie n'est pas que cela, bien au contraire. Il est aussi un roman qui recèle des qualités bien plus profondes qu'il n'y paraît de prime abord.


En premier lieu les deux auteures s'intéressent aux problèmes inhérents à l'adolescence d'aujourd'hui comme, par exemples, les rapports conflictuels avec l'autorité parentale ou les difficultés propres aux familles monoparentales. Ces sujets sont certes évoqués rapidement, mais ils le sont de manière si subtile que les lecteurs adolescents ne devraient pas avoir de mal à s'identifier à Théodora.


En second lieu l'existence d'un univers parallèle est le moyen d'évoquer la culture celte, tant dans son aspect historique que dans son aspect mythologique. Brigitte AUBERT et Gisèle CAVALI dissertent alors de manière tout à fait poétique pour montrer que les mythes et légendes originels ont façonné notre inconscient collectif et que s'en souvenir c'est comprendre le monde et tous les êtres qui le peuplent. A ce niveau, il ne serait d'ailleurs pas étonnant qu'une telle lecture ne soit pas aussi riche d'enseignements pour bien des lecteurs adultes.


Il y a donc deux niveaux de lecture dans Le règne de la barbarie, premier tome de la pentalogie Les Cavaliers des Lumières. Et l'on se surprend à oublier bien vite le premier, le plus facile et le plus prévisible, pour se laisser transporter par le second, bien plus riche et inattendu.

 

CITRIQ

Les Cavaliers des Lumières - Brigitte AUBERT et Gisèle CAVALI ; Le règne de la barbarie, illustration de Alexandre TUIS, Plon collection Jeunesse, 2008, 312 pages

Les Cavaliers des Lumières - Brigitte AUBERT et Gisèle CAVALI ; Le règne de la barbarie, illustration de Alexandre TUIS, Plon collection Jeunesse, 2008, 312 pages

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