Avec Code Yesterday, Michel BUSSI s’attaque à un monument de la musique populaire : les Beatles. Mais plutôt que de raconter une nouvelle fois leur histoire, il s’amuse à en réinventer les coulisses en partant d’une hypothèse aussi improbable que séduisante.
À Liverpool, Lonely McKenzie, jeune musicienne qui peine à trouver sa place, découvre chez ses grands-parents une vieille partition de Love Me Do. Sa grand-mère Yvonne lui révèle alors un secret qui pourrait bouleverser tout ce que l’on croit savoir sur les Fab Four. Car derrière les chansons mythiques se cacherait une histoire bien différente de celle racontée depuis près de soixante ans. Un secret qui attire également l’attention de Smoky Slug, vieux journaliste musical misogyne et particulièrement obstiné.
Michel BUSSI construit son roman sur cette frontière toujours incertaine entre réalité et fiction. Les épisodes bien connus de l’histoire des Beatles, leurs chansons, leurs rivalités et leurs années de gloire servent de matériau à une histoire parallèle, suffisamment documentée pour paraître plausible, et suffisamment décalée pour ne pas être prise trop au sérieux. L’auteur joue ainsi avec la mémoire collective, avec ce que chacun croit connaître d’un groupe dont les chansons appartiennent désormais à plusieurs générations.
Mais Code Yesterday ne se contente pas de détourner le mythe des Beatles. À travers Yvonne, femme ordinaire restée dans l’ombre, le roman interroge aussi la place de ceux qui créent sans jamais être reconnus, et plus particulièrement celle des femmes dans un univers musical longtemps dominé par les hommes. Face à elle, Lonely incarne une génération pour laquelle les portes semblent un peu moins fermées, mais dont les ambitions restent difficiles à réaliser.
Comme souvent chez Michel BUSSI, le plaisir vient autant de l'histoire racontée que de la manière dont elle est construite. Le lecteur est invité à accepter progressivement l'impossible, tout en cherchant les indices qui pourraient le ramener vers la réalité. Et lorsque les deux finissent par se confondre, l'auteur rappelle une nouvelle fois son goût pour la manipulation et les retournements de situation.
Sans doute faut-il surtout prendre Code Yesterday pour ce qu'il est : un divertissement certes érudit, mais avant tout ludique, qui transforme la légende des Beatles en terrain de jeu romanesque. Une façon originale de revisiter une histoire qui fait désormais partie de la mémoire collective.
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