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Dans les années 1960, alors que Dean Howell fait ses classes dans l'Alabama avant d'être envoyé sur le front au Vietnam, un accident le laisse dans un état végétatif. Sa femme Sarah voit alors sa morne vie devenir un enfer : après de longues journées à l'usine, elle doit s'occuper de son mari léthargique, tout en supportant son odieuse belle-mère, Jo, qui accuse la ville entière du sort de son fils. Lorsque celle-ci offre une étrange amulette à l'homme qu'elle tient pour responsable, se met en branle une implacable danse macabre dans toute la petite ville. Et tandis que meurtres inexplicables et morts accidentelles s'enchaînent, Sarah est sûre d'une chose : cette amulette joue forcément un rôle dans cette hécatombe et elle doit absolument mettre la main dessus pour la neutraliser.

Premier roman de Michael McDOWELL, inédit jusque-là en français, L'Amulette relève de l'Horreur la plus pure sous couvert de laquelle l'auteur se livre à une satire corrosive de la violence sociale. Il y développe une thématique beaucoup plus riche qu'il n'y paraît de prime abord, immergeant son lecteur dans une communauté rigide, opposée à tout au changement et obsédée par sa réputation ; les habitants de Pine Cone deviennent ainsi complices des atrocités qui y sont commises par simple passivité ou conformisme. McDOWELL, comme il le fera souvent par la suite, s'intéresse aussi à la famille comme foyer potentiel des plus terribles cruautés, et aux femmes comme incarnation du mal absolu aussi bien que de la résilience la plus pure. Enfin, pour l'auteur, le Mal est transmissible, l'amulette n'étant ici que le catalyseur d'une violence latente dans la communauté de Pine Cone.

Michael McDOWELL est doté d'un style précis et rythmé. Il évite l'écueil du grotesque en faisant surgir la violence dans un quotidien savamment dépeint dans tout ce qu'il a de banal. Pour autant, sur la longueur du roman, son dernier tiers s'essoufle quelque peu avant un final aussi rapide qu'ouvert laissant les lecteurs libres de leurs interprétations. Certains pourraient s'arrêter sur le sourire final de Sarah, d'autres n'y voir tout aussi bien qu'une illusion puisque le Mal est toujours là, latent, profondément enfoui au coeur même de la société.

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L'Amulette - Michael McDOWELL (The Amulet, 1979), traduction de Laurent VANNINI, illustration de Pedro Oyarbide, Monsieur Toussaint Louverture, 2025, 480 pages

L'Amulette - Michael McDOWELL (The Amulet, 1979), traduction de Laurent VANNINI, illustration de Pedro Oyarbide, Monsieur Toussaint Louverture, 2025, 480 pages

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