Comme son nom le laisse entendre, Needless Street est une impasse. Avant les bois s'y dresse une ultime maison où vit un homme étrange, Ted Bannerman, avec pour seule compagnie sa fille Lauren et une chatte, Oivia, aucune des deux ne sortant jamais de la maison, à tout le moins que personne n'a jamais vu à l'extérieur. Dee, qui emménage dans la maison voisine, se fait très vite observatrice. Car elle est persuadée que son voisin est responsable de la disparition de sa petite soeur une dizaine d'années auparavant...
La Dernière maison avant les bois est la première traduction française de l'américaine Catriona WARD. Disons-le d'emblée, c'est un roman difficilement classable tant il exploite une multiplicité de genres. Son pitch évoque mécaniquement le Fantastique le plus classique avec le thème de la maison maudite, en tout cas (mal) habitée. Son traitement vire très vite à l'Horreur tant certaines scènes sont à la limite du soutenable, alors qu'ici et là sont exploitées quelques figures plus proches de la Fantasy (des garçons verts, des dieux sylvestres, une chatte douée de pensées et de paroles...). Mais son sujet s'avère in fine bien plus rationnel que ce que ces artifices de mise en scène donnent à penser.
Il est toutefois impossible d'aller au-delà de l'analyse sans dévoiler les éléments d'une intrigue et d'un suspense millimétrés. Alors retenons simplement que La Dernière maison avant les bois est un roman choral dont la structure est d'une rare subtilité, en faisant un thriller horrifique et psychologique remarquable, doté d'ailleurs du prix de la British Fantasy Society en 2022.
Les lecteurs français ont désormais l'occasion de découvrir une auteure qui sera probablement à suivre ces prochaines années. Que les âmes sensibles soient toutefois prévenues ici : l'atmosphère ce ce roman est oppressante et certaines scènes difficiles.
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