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Tous deux s’appellent Allan Armadale et ont sensiblement le même âge. Il est vrai qu'ils ont une histoire commune, laquelle les conduira à être dotés de caractères totalement opposés. Il est vrai que l'un sait ce que l'autre ne sait pas et qu'en toute rigueur l'ignorant n'aurait jamais dû naître. Pour autant, entre les deux jeunes hommes, se noue une relation fusionnelle dans laquelle vient s'interposer une femme, Lydia Gwilt, qui pourrait faire des deux Armadale une incarnation de Caïn et Abel...

Souvent considéré comme le père fondateur du roman policier, W. Wilkie COLLINS propose avec Armadale un roman à suspense sur fond d'héritage familial, pécuniaire et moral, dans l'Angleterre victorienne. Il développe abondamment son intrigue autour d'une succession de machinations et de non-dits, voire de mensonges. Ce faisant il fait aussi la peinture de la société bourgeoise de l'époque et des convoitises que sa position pouvait susciter. Le tout est d'une incroyable modernité, COLLINS parvenant à capter l'attention de son lecteur à tout moment, sans temps mort, et même sans répétition, alors même que le roman avait été publié initialement sous forme de feuilleton.

Evidemment les personnages mis en scène sont de leur époque. Leur éducation, mais aussi les relations sociales en général, amoureuses en particulier, peuvent aujourd'hui paraître désuètes. Mais on notera tout de même l'incroyable portrait de femme que COLLINS dresse avec Lydia Gwilt. A l'époque de sa première publication il lui valut une vive critique pour son immoralité ; il lui valut certainement aussi son succès public. Plus d'un siècle et demi après, c'est ce qui amène Michel LE BRIS, préfacier pour l'occasion, à qualifier W. Wilkie COLLINS de « plus actuel des romanciers victoriens ». Le lecteur lambda lui à l'occasion de découvrir un véritable page-turner d'une autre époque, et accessoirement la source d'inspiration de nombre d'auteurs à succès des dernières décennies.

Armadale - W. Wilkie COLLINS (Armadale, 1866), traduction de Emma ALLOUARD, Phébus, 1996, 816 pages

Armadale - W. Wilkie COLLINS (Armadale, 1866), traduction de Emma ALLOUARD, Phébus, 1996, 816 pages

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