Sept années sont passées depuis les événements narrés dans Le silence des agneaux. Sept années durant lesquelles la gloire de Clarice Starling s'est peu à peu délitée, jusqu'à ce que son poste même au sein du FBI soit menacé. Hannibal Lecter vit pour sa part sous une nouvelle identité à Florence, en Italie, la chirurgie esthétique lui permettant d'avoir un nouveau visage et ainsi d'échapper aux polices du monde entier. Mason Verger, milliardaire psychopathe défiguré par Hannibal Lecter, n'a jamais cessé de rechercher son tortionnaire pour assouvir sa vengeance ; maintenant qu'il l'a repéré, il n'a besoin que d'un appât pour l'attirer à lui : Clarice Starling elle-même...
Suite du Silence des agneaux, Hannibal en reprend nombre d'éléments qui ont fait son succès, au premier rang desquels quelques scènes de violence plus incroyables les unes que les autres. De ce point de vue force est de constater que Thomas HARRIS pratique volontiers la surenchère, donnant à son roman un petit arrière-goût de spectacle racoleur au détriment de toute crédibilité. Et cette sensation est d'autant plus désagréable que l'intrigue elle-même se montre finalement plutôt ennuyeuse.
HARRIS exploite aussi les deux personnages emblématiques de son best-seller, à savoir Clarice Starling et Hannibal Lecter. Certes ils étaient dotés d'une indéniable épaisseur dans Le silence des agneaux, mais ici l'auteur donne à leur relation un caractère ambigu qui, s'il contribue à l'ambiance malsaine de l'intrigue, converge peu à peu vers une improbabilité qui finit par confiner au ridicule.
Au final Hannibal est un petit roman noir. Il exploite le filon d'une incontestable réussite pour se transformer en roman de gare aussi vite lu qu'oublié.
