Premier roman de Maurice G. DANTEC, La sirène rouge est un thriller survitaminé qui ne s'embarrasse avec la crédibilité. Alice, une adolescente de douze ans, vient déposer une plainte plainte contre sa mère dans un commissariat hollandais. Même si l'accusation est grave (un trafic de snuff movie), l'enfant n'est guère prise au sérieux par la police et trouve l'aide d'Hugo, un mercenaire de retour de Yougoslavie. L'improbable duo traverse alors l'Europe pour retrouver le père d'Alice censé vivre au Portugal, pourchassé par les séides de sa richissime mère...
Cette course-poursuite est le prétexte d'innombrables rebondissements qui se succèdent à un rythme effréné, certains étant téléphonés, d'autres incroyables. L'auteur montre aussi une tendance à la digression sur un sujet certes grave (le conflit Yougoslave du début des années 1990), mais qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe dans le cadre de cette histoire. Et même le rythme du récit finit par s'essouffler, les derniers chapitres étant particulièrement longs.
Peu caractérisés, voire caricaturaux, les personnages ne servent que l'action. On offrira une mention spéciale au personnage de la mère de l'héroïne dont la psychopathie confine au ridicule.
La sirène rouge est donc un roman de pure action qui pourra ravir les lecteurs qui ne veulent pas se faire de nœuds au cerveau avec une lecture en dilettante.
