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Contrée indienne est un recueil de onze nouvelles écrites dans les années 1940 et 1950 par Dorothy M. JOHNSON. Nouvelliste prolixe, elle s'est spécialisée dans la représentation de l'Amérique des pionniers, celle où les colons ont d'abord tenté de trouver leur place, avant de céder ce rôle aux Indiens dépossédés de leurs terres.

Flamme sur la plaine raconte l'histoire de deux sœurs blanches enlevées par les Sioux ; l'une s'intégrera rapidement mais sera libérée quelques années plus tard, l'autre refusera d'abord toute intégration mais souhaitera rester près de son mari indien quand l'occasion se présentera de retrouver les siens.

Dans L'incroyant, nouvelle inédite en français jusqu'à cette édition, un homme blanc qui a vécu chez les Crows dans sa jeunesse souhaite y finir sa vie. Mais on ne va et vient pas aussi finalement au sein de ce peuple ; bien au contraire, il faut accepter leurs moeurs jusque dans leurs croyances les plus intimes.

A l'époque de la conquête de l'Ouest, les jeunes garçons entraient précocement dans l'âge adulte. Le protagoniste principal de Prairie Kid en fait l'apprentissage, l'arme à la main, en chassant un individu louche du ranch familial.

Parce que les anciens ont estimé que Smoke Rising n'avait pas rêvé sa médecine il n'est pas considéré comme un guerrier, mais plutôt comme la source de tous les maux. Se sentant exclu, l'intéressé quitte la tribu de lui-même, et découvre enfin la nature sa médecine. Tel est le sujet de L'exil d'un guerrier.

Avec Retour au fort on retrouve la thématique initiale du recueil. Enlevée par les Sioux, une femme est libérée contre rançon par un détachement de six soldats. Le retour vers le fort est pour elle une véritable torture, sa détention ayant été traumatisante et les derniers kilomètres sur la plaine se faisant dans une peur constante. C'est la peur du destin de sa petite fille, enlevée en même temps qu'elle, mais aussi celle d'être attaquée à nouveau par les indiens.

Probablement la nouvelle la plus connue du recueil, grâce à son adaptation cinématographique par John Ford, L'homme qui tua Liberty Valance met en scène un sénateur qui doit sa carrière à sa réputation de justicier. Il a en effet éliminé un bandit de notoriété publique dans sa jeunesse. Mais cette réputation est-elle vraiment justifiée ? A l'entrée du XXème siècle il est peut-être temps de confronter la légende à la réalité.

Dans La tunique de guerre un homme cherche son frère qui a tout abandonné pour aller vivre parmi les Indiens. Le face à face tourne toutefois court puisque l'intégration du second est si totale que pas même les liens du sang les plus forts ne pourraient réunir les deux hommes.

Après la plaine met en scène un groupe de colons après une attaque indienne. Certains souhaitent tout abandonner, d'autres poursuivre envers et contre tout.

Dans Cicatrices d’honneur c'est le choc des générations qui est mis à l'honneur quand, dans les années 1940, de jeunes indiens prêts à partir au front demandent à un vieillard de la réserve de les initier aux rites oubliés des cheyennes. C'est l'occasion de faire sortir de l'oubli la fameuse danse du soleil. Cette nouvelle aussi était restée inédite en français, jusqu'à cette édition.

Une vieille femme se remémore sa jeunesse et sa relation complexe avec deux hommes. L'un deviendra son mari, l'autre sera tué prématurément de mort violente. Tel est le sujet de Et toujours se moquer du danger.

A l'instar de L'homme qui tua Liberty Valance, Un homme nommé Cheval est connu pour son adaptation cinématographique par Elliot Silverstein. Capturé par les Crows, un homme blanc devient l’esclave d’une vieille femme. Son assimilation à un cheval lui permet de s'intégrer progressivement à la communauté indienne. Reste à savoir si cette intégration est irrévocable ou non.

Très éloignés de la caricature hollywoodienne, tous ces textes respirent la vérité et permettent à leur auteure de caractériser des personnages profondément humains et émouvants. Mis en scène dans le cadre d'intrigues parfaitement structurées, le résultat est un recueil de haut niveau, et même indispensable pour qui s'intéresse de près ou de loin à cette période de l'histoire américaine.

 

CITRIQ

Contrée indienne - Dorothy M. JOHNSON (Indian country, 1953), traduction de Lili SZTAJN, illustration de Valérie RENAUD, Gallmeister collection Totem, 2013, 256 pages

Contrée indienne - Dorothy M. JOHNSON (Indian country, 1953), traduction de Lili SZTAJN, illustration de Valérie RENAUD, Gallmeister collection Totem, 2013, 256 pages

Tag(s) : #J..., #Nouvelles éparses

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