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Sur Terre, dans un futur indéfini, mais manifestement pas si lointain, la vie est régie par les machines qui ne peuvent qu’apporter le bonheur… Fahrenheit 451 est une vive critique de la société moderne sous la forme d’un constat alarmiste : elle est en ruine spirituellement. Et ce n’est pas parce que l’auteur est américain, et qu’il a écrit ce roman en pleine guerre froide, qu’il faut y voir un plaidoyer anticommuniste. C’est bien la société industrielle et urbaine qui est dénoncée, plus qu’un régime politique quel qu’il soit.

La première des critiques est celle du style de vie et des rapports entre les hommes. La ville où Ray BRADBURYnous fait évoluer est froide et tentaculaire. La publicité est partout, toute spontanéité a disparu. En fait, le conditionnement est total, la délation des comportements déviants omniprésente. Les livres, qui sont au cœur de l’intrigue, ont totalement disparu de l’univers des hommes. Par conséquent, comme le dit Jim plus haut, la pensée et la réflexion n’ont pas lieu d’être, et l’homme n’a plus aucune force créatrice en lui. A sa place c’est la machine qui est toute-puissante. Et tout ce qui s’oppose à elle est irrémédiablement supprimé.

Ray BRADBURY dénonce également la laideur et la vulgarité qui accompagnent inévitablement un tel mode de vie. C’est une impression prégnante de la première à la dernière page du roman. C’est plus particulièrement représenté par Mildred, la femme du personnage principal, dont le conditionnement l’a fait atteindre le stade ultime de la bêtise, devenue désormais la norme.

Quelle solution dans un tel univers ? BRADBURY nous propose un retour en arrière, presque un retour à l’état sauvage. La guerre imminente est forcément la fin d’un cycle ; c’est donc également le début d’un nouveau cycle pendant lequel les survivants reconstruiront, laborieusement, une nouvelle civilisation. En d’autres termes, la pauvreté et la pureté évangélique sont le seul recours.

Fahrenheit 451 a donc un côté moraliste et pastoral, dans le sens religieux du terme, que l’on peut lui reprocher. Il n’en demeure pas moins un très beau roman de science fiction, profondément humaniste, superbement écrit et rythmé. Un classique.

CITRIQ

Fahrenheit 451 - Ray BRADBURY (Fahrenheit 451, 1953) traduction de Henri ROBILLOT, illustration de Marie-Christine FOREST, Denoël collection Présence du futur n°8, 1991, 194 pages

Fahrenheit 451 - Ray BRADBURY (Fahrenheit 451, 1953) traduction de Henri ROBILLOT, illustration de Marie-Christine FOREST, Denoël collection Présence du futur n°8, 1991, 194 pages

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