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Ellen KUSHNER n'avait été publiée en France qu'à une occasion, celle de Thomas le Rimeur, dont on avait particulièrement apprécié les grandes qualités. Ce roman n'était toutefois pas sa première oeuvre, celle-ci ayant été précédée trois ans plus tôt par Swordspoint, aujourd'hui traduit et édité par Calmann-Lévy.

A la pointe de l'épée met en scène Richard Saint-Vière, mercenaire de son état. Il loue en effet ses services de bretteur à la noblesse, laquelle se les dispute. C'est ainsi qu'il se retrouve bientôt au coeur d'une intrigue politique pour le moins complexe et dangereuse.

Saint-Vière exerce ses talents dans la capitale d'un pays certes imaginaire, mais éminemment influencé par l'image que l'on a aujourd'hui des grandes villes européennes du XVIIème siècle. Il s'agit tant de la ville elle-même, abondamment décrite, que du mode de vie des habitants, qu'il soit membres de la noblesse ou roturiers. L'auteure se plait d'ailleurs à mettre en avant les contrastes entre ces deux catégories de la population.

Elle s'intéresse toutefois beaucoup plus à la noblesse, à son raffinement, à son sens de l'honneur, le tout masquant la plupart du temps des esprits retors avides de pouvoir. Le lecteur découvre cela en même temps que Saint-Vière en étant plongé au coeur d'une machination aussi complexe que subtile.

Cette intrigue est mise en valeur par une très belle écriture. Superbement imagée (la tache de sang sur un champ de neige fraîchement tombée évoquée par MARTIN dans le quatrième de couverture), elle fait la part belle à la psychologie des personnages, qu'ils soient principaux (l'homosexualité de Saint-Vière) ou secondaires (l'avidité des nobles), tout en impulsant un rythme au récit qui tient le lecteur captif jusqu'à la dernière page.

Finalement, s'il n'y avait qu'une chose à regretter, c'est que l'émotion du lecteur est bien moins souvent mise à contribution que dans Thomas le Rimeur. Il faut dire qu'il croise très peu de personnages sympathiques, même Saint-Vière n'étant rien d'autre qu'un tueur froid motivé uniquement par l'argent et sa réputation. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que le roman est sous-titré « Un mélodrame d'honneur ».

 

CITRIQ

À la pointe de l'épée - Ellen KUSHNER (Swordspoint, 1987), traduction de Patrick MARCEL, illustration de Alain BRION, Calmann-Lévy collection Fantasy, 2008, 308 pages

À la pointe de l'épée - Ellen KUSHNER (Swordspoint, 1987), traduction de Patrick MARCEL, illustration de Alain BRION, Calmann-Lévy collection Fantasy, 2008, 308 pages

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