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Dernier roman de ce que l'on appelle communément le quatuor de Los Angeles, après Le Dahlia Noir, Le grand nulle part et L.A. Confidential, White Jazz met en scène le Lieutenant Dave Klein du LAPD qui, à l'automne 1958, passe d'une affaire sordide à l'autre, depuis un vol de fourrures jusqu'à un tueur en série de clochards, en passant par un cambriolage chez un trafiquant drogue, par ailleurs indicateur privilégié de la brigade des stupéfiants. N'oublions pas non plus les petits coups de main qu'il peut donner ici et là, notamment à Howard Hughes et Mickey Cohen.

Le Lieutenant Dave Klein est donc très occupé et n'a pas de temps à perdre dans la rédaction de rapports soignés. C'est pourquoi, quand il nous raconte son histoire, il le fait comme s'il le faisait de vive voix, entre deux portes, et deux missions dans les bas-fonds de Los Angeles. C'est pour rendre cet état d'esprit que James ELLROY donne à sa prose un style peu commun en littérature : le style télégraphique. Ce choix peut en effet surprendre, d'autant qu'il est bel et bien appliqué à l'intégralité du roman, à l'exception des coupures de journaux reprises ici et là, et qui viennent combler le déficit d'informations données par le narrateur. Force est pourtant de reconnaître que cela fonctionne, que cela convient parfaitement, tant au personnage qu'à l'ambiance générale du roman, et que cela ne nuit en rien à la fluidité de la narration. Bien au contraire, White Jazz est un récit incroyablement rythmé, comme sur un tempo soutenu d'un titre de bebop.

Pour le reste on retrouve les mêmes ingrédients que dans les précédents romans du quatuor. C'est une intrigue dans laquelle plusieurs affaires apparemment indépendantes sont finalement intimement liées. Ce sont les flics véreux, les truands, les prostitué(e)s, les politiciens corrompus et toute la lie de la société du Los Angeles de la fin des années cinquante, quand racisme, homophobie et anticommunisme primaire étaient la norme. Le résultat est un roman noir à l'atmosphère particulièrement glauque dans lequel il serait vain de rechercher un quelconque optimisme.

Pour apprécier White Jazz, il faudra donc avant tout adhérer au style très particulier de la narration, celui-ci ne simplifiant pas la compréhension d'une intrigue complexe à la base. Mais en l'occurrence l'effort d'attention ne peut être que payant et permet de conclure le quatuor de Los Angeles de la meilleure des manières qui soit.

CITRIQ

White Jazz - James ELLROY (White Jazz, 1991), traduction de Freddy MICHALSKI, illustration de Stephen PERINGER, Rivages collection Noir n° 141, 1994, 546 pages

White Jazz - James ELLROY (White Jazz, 1991), traduction de Freddy MICHALSKI, illustration de Stephen PERINGER, Rivages collection Noir n° 141, 1994, 546 pages

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