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Bunny Munro est un petit VRP en produits cosmétiques. C'est d'ailleurs une activité qui lui permet d'assouvir sans vergogne ses vices, l'alcool, la drogue et le sexe. Ses penchants étant notoires, ce sont probablement eux qui poussent sa femme au suicide lui laissant sur les bras son jeune fils de neuf ans. Renfermé sur lui-même, le nez toujours fourré  dans l'encyclopédie que lui a offert sa maman, Bunny Junior est aussi atteint d'une maladie des yeux que son père ne semble même pas voir...

 

Deuxième roman de Nick CAVE, Mort de Bunny Munro est une peinture crue d'une descente aux enfers d'un quotidien abominable. Tout y est triste et sans espoir, même le sexe qui y est abondamment pratiqué sans amour ; nul happy-end ne peut être attendu, le titre du roman le suggérant d'ailleurs dès le départ.

 

Pourtant Nick CAVE montre aussi une profonde empathie envers ses personnages, laquelle donne au récit une dimension humaniste certaine. Le thème central du roman est même celui de l'enfant non désiré, de l'impuissance de ce dernier face aux actes des adultes qu'il ne peut pas comprendre. Et comme un grand enfant, c'est aussi l'incapacité de l'Homme à faire face à ses démons, sa faiblesse vis-à-vis des psychotropes et de ses obsessions sexuelles.

 

En fait le caractère du personnage principal n'empêche tout simplement pas le récit d'être profondément émouvant. Il est de plus très bien écrit, la vulgarité étant tout simplement totalement absente du roman, ce qui n'est pas une mince  performance étant donnée la crudité de nombreuses scènes. En un mot, Mort de Bunny Munro est un excellent roman.

 

CITRIQ

Mort de Bunny Munro - Nick CAVE (The Death of Bunny Munro, 2009), traduction de Nicolas RICHARD, Points n° P2600, 2011, 352 pages

Mort de Bunny Munro - Nick CAVE (The Death of Bunny Munro, 2009), traduction de Nicolas RICHARD, Points n° P2600, 2011, 352 pages

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