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Moi, Lucifer est une autobiographie du Diable. Incarné pour l'occasion dans le corps d'un médiocre écrivain fraichement suicidé, il ne cesse d'osciller entre la mythologie biblique et la société contemporaine, en passant par quelques épisodes marquant de l'histoire de l'humanité. Ce faisant, Glen DUNCAN remet en cause sans vergogne les fondements de la religion chrétienne et dénonce sans concessions les excès des hommes qui, de tragédies en tragédies, en sont arrivés à vivre dans un monde où le paraître, la performance et l'individualisme sont devenus la norme. A ce titre l'auteur dénonce tout particulièrement le monde des people.

 

Glen DUNCAN dote Lucifer d'un ton à la fois recherché et cru. C'est ainsi qu'il attaque de front le sujet des déviances sexuelles comme la pédophilie ou la prostitution sans jamais être vulgaire, ce qui est une belle performance. Le rythme de la prose est soutenu, rappelant parfois celui que des auteurs comme Chuck PALAHNIUK ou Christopher MOORE peuvent donner à leurs romans. Rappelons d'ailleurs que MOORE a lui aussi abordé le même thème en mettant en scène l'ange Gabriel (que l'on retrouve aussi dans ce roman) ou le Christ. DUNCAN se démarque toutefois de MOORE en ne faisant pas de son roman une farce. Chez-lui, l'humour est noir et sert à illustrer la tragédie de la condition humaine depuis la nuit des temps.

 

Si à ce dernier titre Moi, Lucifer est un roman d'une grande richesse, on peut toutefois lui reprocher un caractère décousu, conséquence du rythme de la narration. L'auteur enchaîne en effet les séquences sans transition, semant parfois le trouble dans l'esprit du lecteur. Bien que cela soit présenté comme intentionnel par le narrateur, Lucifer donc, force est de constater que cela nuit trop souvent à la clarté du récit pour ne pas le regretter.

 

CITRIQ

Moi, Lucifer - Glen DUNCAN (I, Lucifer, 2002), traduction de Michelle CHARRIER, Denoël collection Lunes d'Encre, 2011, 304 pages

Moi, Lucifer - Glen DUNCAN (I, Lucifer, 2002), traduction de Michelle CHARRIER, Denoël collection Lunes d'Encre, 2011, 304 pages

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