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Premier tome d'une trilogie dont chaque roman est devenu un best-seller international, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes est un thriller dans la plus pure tradition de ce que James ELLROY nous a donné l'habitude de produire (le quatuor de Los Angeles en particulier).

Deux intrigues s'y entremêlent, l'une relative à un scandale économico-financier, l'autre à la disparition d'une femme depuis quarante ans. Deux personnages hauts en couleur y tiennent les premiers rôles ; c'est Mikael Blomkvist, le journaliste mis en cause dans la première intrigue et qui enquête sur la disparition de la seconde ; c'est Lisbeth Salander, une jeune femme parfaitement asociale, et d'ailleurs placée sous tutelle, mais dotée d'un don exceptionnel pour dénicher des informations normalement introuvables. De nombreux personnages secondaires y sont également mis en scène, à commencer par les membres de la famille Vanger, laquelle est une des plus puissantes de Suède grâce à l'empire industriel et financier qu'elle a développé tout au long du XXème siècle. Mais elle se démarque surtout par le fait que nombre de ses membres sont totalement dégénérés, tant d'un point de vue politique et social que sur des aspects purement sexuels. Cela donne l'occasion à Stieg LARSSON d'écrire quelques scènes choc, le plus souvent relatives à des viols, et de faire planer l'ombre du nazisme tout au long de son roman. Ce faisant, c'est une véritable peinture de la société suédoise qu'il livre à ses lecteurs.

En cela Les hommes qui n'aimaient pas les femmes s'avère dépaysant pour le lectorat français, et explique probablement une bonne part du succès de l'oeuvre. Reconnaissons aussi que Stieg LARSSON maîtrise parfaitement son intrigue et parvient à nous tenir en haleine grâce à un rythme soutenu de bout en bout, sans longueurs ni temps morts. Mais tout n'est pas parfait pour autant puisque la complexité de l'intrigue n'est guère qu'apparente, et finalement plutôt prévisible. De plus l'auteur succombe à quelques facilités scénaristiques que les meilleurs auteurs ne se seraient pas autorisés.

Néanmoins, la sensation qui domine à la fin de cette lecture est celle d'un roman noir percutant et parfaitement maîtrisé. Il est donc normal d'avoir envie d'aller plus avant dans cette trilogie.

CITRIQ

Millénium - Stieg LARSSON ; Les hommes qui n'aimaient pas les femmes (Män som hatar kvinnor, 2005), traduction de Lena GRUMBACH et Marc DE GOUVENAIN, Actes Sud collection Actes noirs, 2006, 490 pages

Millénium - Stieg LARSSON ; Les hommes qui n'aimaient pas les femmes (Män som hatar kvinnor, 2005), traduction de Lena GRUMBACH et Marc DE GOUVENAIN, Actes Sud collection Actes noirs, 2006, 490 pages

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