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Best-seller international, Azteca est, comme son titre le suggère, un roman historique sur le peuple aztèque, autrement appelé mexica. Il prend la forme d'un récit autobiographique d'un vieil amérindien recueilli par l'évêque de Mexico, Juan  de Zumárraga, sur commande de l'empereur du Saint-Empire romain germanique de l'époque, Charles Quint. Très documenté, Gary JENNINGS se veut avant tout descriptif sur tous les aspects de la vie en société de ce peuple qui s'organise autour d'une multitude de cités-Etat plus ou moins puissantes.

 

Comme l'intrigue se déroule quasi intégralement avant la colonisation espagnole (elle court de 1466 à 1531, mais Cortés ne pose le pied sur le territoire aztèque qu'en 1519), c'est l'occasion de découvrir l'organisation sociale de cette civilisation avant qu'elle ne soit irrémédiablement parasitée par les européens. C'est en particulier le système de castes, de l'aristocratie aux esclaves, en passant par les marchands et les plébéiens, et bien sûr par les prêtres qui ponctuent tout évènement marquant par des cérémonies aussi spectaculaires que sanglantes. Mais JENNINGS se garde bien de tout sensationnalisme et veille systématiquement à la crédibilité de son récit, laquelle est renforcée par l'absence de tout jugement de valeur, et le choix de présenter ce qui est alors accepté par tous, y compris les victimes.

 

Le narrateur est en outre un témoin encore vivant de ce que fut cette civilisation. C'est certes un homme dont le destin est pour le moins exceptionnel, mais c'est aussi un homme du peuple (fils de carrier), qui s'est élevé dans la hiérarchie sociale grâce à sa grande intelligence, et notamment son don pour les langues. Cela le conduit d'ailleurs à parcourir le territoire aztèque tout au long de sa vie, à rencontrer les différentes tribus plus ou moins évoluées qui le composent, et à poser un regard objectif sur son peuple et son mode de vie, puis sur les espagnols nouvellement arrivés. L'homme est par ailleurs plein d'humour, ce qui ne gâche rien au plaisir que le lecteur peut retirer de son récit ; ses conversations unilatérales avec les prêtres qui recueillent son témoignage sont à ce titre particulièrement savoureuses.

 

Azteca est donc un roman aussi instructif que divertissant, parfois drôle, mais dont on sait que le final ne peut être que tragique. Tous les ingrédients qui font qu'un simple roman devient un roman marquant sont donc réunis ici. C'est pourquoi il est hautement recommandable pour tous ceux qui apprécient les romans historiques et/ou qui s'intéressent aux civilisations amérindiennes. En outre, après cette lecture, on pourra aussi s'intéresser aux deux suites que Gary JENNINGS a écrit sur le même thème.

 

CITRIQ

Azteca - Garry JENNINGS Traduction de Martine LEROY Le Livre de Poche, 1991, 1056 pages

Azteca - Garry JENNINGS Traduction de Martine LEROY Le Livre de Poche, 1991, 1056 pages

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