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New York, 1992. Les sociétés humaines, éminemment technologiques et monétarisées, placent leurs morts récents en semi-vie, une sorte de coma artificiel où ils forment un réseau de pensées avec les autres décédés, et avec lequel peuvent communiquer les vivants. Runciter Associates est par ailleurs l'une des plus importantes agences de protection psioniques, dont le rôle est de contrecarrer les pouvoirs des télépathes et précognitifs, respectivement aptes à détecter les pensées les plus intimes et à anticiper l'avenir. Son fondateur, Glen Runciter, et une équipe de onze anti-psis, sont victimes d'un attentat sur la Lune. Runciter décède et est placé en semi-vie. Pour autant, on n'arrive pas à établir de communication avec son esprit, pas même son bras droit, Joe Chip, survivant de l'attentat. Ce dernier tente alors de comprendre ce qui s'est passé. Qui a commandité l'attentat ? Pourquoi la communication avec Runciter est-elle impossible ? Pourquoi les objets et les victimes survivantes de l'attentat semblent-elles régresser vers leur forme originelle ? Et qu'est-ce que ce produit, Ubik, dont les qualités sont vantées par des messages publicitaires signés... Runciter ?


Roman aussi dense que complexe, et qu'il est bien difficile de résumer, Ubik est souvent présenté comme le chef-d'oeuvre de Philip K. DICK. De fait le roman foisonne d'idées novatrices, est parfaitement construit et est incroyablement rythmé. Sur fond de satire de la société de consommation poussée à l'extrême, l'auteur conduit ses lecteurs là où il le souhaite, sur une ligne de temps pour le moins mouvante. C'est ainsi que Joe Chip est sans cesse balloté de son présent en 1992 au passé de 1939, avec tout ce que cela comporte de difficultés pratiques. De plus il doit gérer les résurgences du passé dans le présent, et l'altération du présent dans le passé. Entre réalité et illusion, entre la vie et la mort, en passant par la semi-vie, le lecteur est amené à faire de multiples interprétations, de préférence contradictoires les unes avec les autres, et qui ne trouveront pas forcément solution à la fin du roman.
 

D'aucuns mettent un tel choix narratif, récurrent chez DICK, sur le compte de la santé mentale fragile de l'auteur. Mais ne vaut-il pas mieux le prendre comme un formidable support de réflexion sur des sujets profonds ? Chacun devrait se faire sa propre idée en lisant Ubik qui, qu'on l'aime ou pas, est de toute façon une oeuvre fascinante que l'on n'est pas prêt d'oublier.

 

CITRIQ

Ubik - Philip K. DICK (Ubik, 1969), traduction de Alain DORÉMIEUX, in Aurore sur un jardin de palmes, Presses de la Cité collection Omnibus, 1994, page 501 à 672

Ubik - Philip K. DICK (Ubik, 1969), traduction de Alain DORÉMIEUX, in Aurore sur un jardin de palmes, Presses de la Cité collection Omnibus, 1994, page 501 à 672

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