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Tout a déjà été dit et écrit au sujet du Cycle de Dune de Frank HERBERT. Il fait en effet parti des sagas de Science Fiction les plus connues et les plus lues et relues dans le monde entier, et ce plus de quarante ans après la publication du premier tome. On peut donc sans hésiter parler de classique du genre, et même de chef-d'oeuvre.

La présente chronique n'a donc d'autre ambition que d'afficher mon accord avec ce constat et de rappeler succinctement quelques éléments de la structure du cycle et quelques unes des raisons qui font qu'il est un incontournable du genre.

Rappelons préalablement que Dune c'est Arrakis, troisième planète du système de Canopus. C'est aussi et surtout une planète désertique peuplée originellement par les fremens et les immenses vers des sables. Il est d'ailleurs supposé qu'une grande partie du sable qui recouvre Arrakis est produit par l'action de ces vers, de même que le Mélange, l'"épice des épices", dont Arrakis constitue l'unique source, et qui est très prisée par l'Empire, notamment pour ses propriétés gériatriques.

L'Empire est de type féodal. Chaque planète le composant est dirigée par une Maison Majeure dont les représentants composent le Landsraad qui, avec l'Empereur, décrète les lois de l'univers connu. Les Maisons Mineures sont quant à elles des entrepreneurs planétaires qui peuvent grâce à leur puissance financière ou leurs alliances accéder au rang de Maisons Majeures par un vote lors d'une réunion du Landsraad.

La puissance économique est toutefois entre les mains de deux représentants : le Combinat des Hônnetes Ober Marchands (CHOM) d'une part, qui gère les échanges commerciaux entre les différentes planètes de l'Empire, la Guilde des Navigateurs d'autre part, qui dispose du monopole du voyage spatial et de la banque.

Le progrès technologique est pour sa part grandement dépendant de la Confédération d'Ix et du Bene Tleilax ; la première est le principal producteur et fournisseur d'objets manufacturés, le second est une mystérieuse Ecole spécialisée en biogénétique.

Et puis il y a également l'Ordre des Mentats, ceux-ci étant en quelque sorte des "ordinateurs humains", puisque formés à la logique la plus poussée depuis que les robots et machines pensantes sont interdits dans l'univers (le Jihad Butlérien). Il y a encore les docteurs Suk, médecins sans égaux dans l'Empire. Il y a enfin le Bene Gesserit, une Ecole exclusivement féminine, et dont les pouvoirs dans l'Empire relèvent tant du spirituel et du religieux que de l'eugénisme.

Telle est la situation de l'univers connu au moment où démarre le cycle de Dune. L'intégralité de ce dernier est alors consacrée à l'évolution parallèle de la Maison Atréides, d'Arrakis, et de l'humanité toute entière sur pas moins de cinq millénaires et six romans.

Les deux premiers romans constituent le coeur du cycle [Dune (Dune, 1965) et Le Messie de Dune (Dune Messiah, 1969)]. On y suit le destin de Paul Atréides dans la conquête du pouvoir qui le conduira à une situation telle que le seul moyen de faire avancer son oeuvre, qui passe par la transformation écologique d'Arrakis, et le contrôle total de la production et de la distribution de l'épice, sera de se sacrifier.

Les deux romans suivants sont consacrés à son fils Leto qui fera tomber le régime tyrannique d'Alia, la soeur de Paul, en obtenant l'immortalité et un statut de divinité [Les enfants de Dune (The Children of Dune, 1976)]. Mais 3 500 ans plus tard, son régime est lui aussi devenu tyrannique et l'Empire est entré dans une phase de stagnation, les forces en présence n'étant plus guère que les serviteurs de l'Empereur-Dieu ; mais Leto suit immuablement son "Sentier d'or" car il sait que le renouveau de l'humanité passera par sa propre destruction physique dont il attend le catalyseur [L'Empereur-Dieu de Dune (God Emperor of Dune, 1981)].

Près de deux millénaires après la disparition de l'Empereur-Dieu, sa conscience est dispersée dans les vers géants de Dune. A cette image, le pouvoir dans l'univers est de nouveau partagé entre les diverses forces en présence, chacune se disputant l'hégémonie. Et puis Dune, désormais appelé Rakis, n'a plus le monopole de l'épice, le Bene Tleilax ayant découvert le moyen de la synthétiser. Enfin, de nouveaux protagonistes sont apparus, en particulier les Honorées Matriarches, une sorte de Bene Gesserit dont l'objectif se résume à l'expansion non contrôlée, le sexe et à la violence devant leur garantir de dominer un univers connu de plus en plus vaste. Ainsi le Sentier d'or de Leto n'est-il plus unique et linéaire ; c'est ce que les historiens de l'univers connu appellent la Grande Dispersion [Les Hérétiques de Dune (Heretics of Dune, 1984) et La Maison des mères (Chapterhouse : Dune, 1985)].

Cette brève présentation ne rend bien sûr qu'imparfaitement hommage à la richesse du cycle de Dune. Celui-ci décrit en effet un univers complet, complexe et cohérent, en mettant en scène des dizaines de personnages et en entrelaçant une multitude d'intrigues politiques et économiques pensées dans leurs moindres détails. L'oeuvre est également remarquable pour la psychologie de ses personnages. A cet égard, le personnage de Paul Atréides dans Dune et Le Messie de Dune est un exemple de densité et de profondeur pour une oeuvre de fiction en général, une oeuvre de Science-Fiction en particulier.

Bien sûr, le cycle de Dune n'est pas toujours facile d'accès. A l'action, Frank HERBERT préfère bien souvent la réflexion sur le pouvoir, la politique et la religion, et surtout sur les interactions entre ces trois composantes de toute société humaine. Par le prisme de l'écologie de Dune, il en va in fine de la pérennité de l'humanité et le lecteur qui en découvre la démonstration dans ce cycle de Science Fiction, découvre dans le même temps une oeuvre littéraire majeure. Il est vrai qu'HERBERT sait mettre en valeur son univers et ses thématiques par une écriture parfaitement fluide.

Notons enfin que l'édition présentée ici est complétée par un important et intéressant dossier consacré à Frank HERBERT et à son cycle majeur.

 

CITRIQ

Le Cycle de Dune - Frank HERBERT, traduction de Michel DEMUTH et Guy ABADIA, illustration de Jackie PATERNOSTER, Robert Laffont collection Ailleurs & Demain : La Bibliothèque, 2003, 1200 et 1440 pages

Le Cycle de Dune - Frank HERBERT, traduction de Michel DEMUTH et Guy ABADIA, illustration de Jackie PATERNOSTER, Robert Laffont collection Ailleurs & Demain : La Bibliothèque, 2003, 1200 et 1440 pages

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