Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

A la fin du XVème siècle chrétien, Lisán al-Aysar, érudit musulman de Grenade, découvre des vestiges archéologiques qui le persuadent de l'existence d'un Autre Monde, au-delà de la mer Ténébreuse (l'océan Atlantique). Désireux de réaliser la traversée, et après une rencontre qui tourne mal avec un certain génois, il s’entoure d’un équipage hétéroclite pour partir en quête de ce continent inconnu...

 

Comme son titre arabisé l'indique, Rihla est un récit de voyage composé d'observations de toutes natures : factuelles bien sûr, mais également géographiques, ethnologiques, religieuses, etc. De fait, la découverte de l'Amérique par Lisán al-Aysar, quelques mois avant celle de Christophe Colomb donc, est un sujet riche d'enseignements pour un érudit tel que lui, d'autant qu'il échoue sur un territoire qui est le théâtre d'une guerre sans merci entre mayas et aztèques (quelque part entre le Honduras et le Mexique actuels).

 

Juan Miguel AGUILERA adopte donc la même technique narrative que dans La folie de Dieu. Il mêle habilement descriptions détaillées des moeurs mayas et aztèques, action et fantastique. De même, s'il s'arrête plus sur la personnalité de Lisán al-Aysar qu'il ne le faisait sur celle de Ramon Llull, la psychologie des personnages secondaires n'est que trop peu évoquée. Enfin, et au contraire de ce que l'on pouvait regretter dans La folie de Dieu, les scènes d'actions sont nombreuses mais trop longues. C'est tout particulièrement le cas des scènes de sacrifices humains, particulièrement sanglantes de surcroît.

 

Mais au-delà de ces quelques défauts, il faut reconnaître qu'AGUILERA est un formidable conteur. Ses idées sont excellentes, ses mises en perspective historique rigoureuses, sa plume d'une grande finesse. Maniant l'allusion à la perfection, il sait parfaitement faire découvrir ses univers aux lecteurs en même temps qu'à ses personnages, ce qui permet aux premiers d'être tenus en haleine tout au long du roman.

 

CITRIQ

Rihla - Juan Miguel AGUILERA (Rihla, 2003), traduction de Antoine MARTIN, illustration de André JUILLARD, Au Diable Vauvert, 2003, 560 pages

Rihla - Juan Miguel AGUILERA (Rihla, 2003), traduction de Antoine MARTIN, illustration de André JUILLARD, Au Diable Vauvert, 2003, 560 pages

Tag(s) : #A...

Partager cet article

Repost 0