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Roman-feuilleton connu en France pour avoir incité Stephen KING à s'adonner à l'exercice pour La ligne verte, Blackwater n'avait jamais été traduit. Il est vrai que KING lui-même n'était pas spécialement tendre avec l'œuvre, la présentant ainsi dans sa Lettre au lecteur servant de préface à son propre roman-feuilleton : « Ce livre – l’histoire d’une famille du Sud dont les membres ont la fâcheuse habitude de se métamorphoser en alligators – n’est certes pas le meilleur de [Michael] McDOWELL mais n’en fut pas moins un succès commercial pour Avon Books. »

Quoi qu'il en soit, près que quarante ans après sa publication originale, Monsieur Toussaint Louverture a décidé de combler ce vide dans l'édition française, en respectant le feuilletonnage originel de surcroît (six tomes publiés à raison d'un tous les quinze jours entre avril et juin 2022).

Alors qu'en est-il précisément ? Bien plus qu'une histoire racoleuse de métamorphoses improbables, Blackwater est avant tout une saga familiale. C'est celle de la famille Caskey, notables de Perdido, petite ville du sud de l'Alabama, et dont l'économie repose sur le commerce du bois. Les Caskey, dirigés d'une poigne de fer par la matriarche Mary-Love, ont fait fortune en s'appropriant les meilleurs terrains forestiers et ne comptent pas s'arrêter là, d'autant que la crue du printemps 1919 met en difficulté nombre de leurs concurrents. C'est d'ailleurs le point de départ du roman qui couvrira cinq décennies, le sixième tome s'achevant au printemps 1970...

Force est de constater que l'exercice de la saga familiale est pleinement réussi. C'est sans s'en rendre compte que le lecteur s'attache à cette famille, qu'il se plait à suivre chaque membre dans le temps, et que de chapitre en chapitre il veut savoir où la destinée les mènera. C'est d'autant plus vrai que contrairement à ce que Stephen KING peut laisser croire, la dimension fantastique du roman est subtile et ajoute une part de mystère bienvenue à une intrigue qui couvre nombre de thématiques bien humaines telles que la filiation et l'héritage, la ségrégation, la condition des femmes ou encore l'homosexualité...

Blackwater est tout simplement un petit bijou de roman-feuilleton. Populaire il l'est assurément, mais ce terme ne doit certainement pas être pris dans un sens péjoratif et les six tomes se dévorent tous avec un plaisir sans cesse renouvelé. Il y a d'ailleurs fort à parier que démarrer cette lecture signifie qu'elle ira au terme du sixième volume.

Blackwater - Michael McDOWELL (Blackwater, 1983), traduction de Hélène CHARRIER et Yoko LACOUR, illustration de Pedro OYARBIDE, Monsieur Toussaint Louverture, 2022, six tomes de 240 à 260 pagesBlackwater - Michael McDOWELL (Blackwater, 1983), traduction de Hélène CHARRIER et Yoko LACOUR, illustration de Pedro OYARBIDE, Monsieur Toussaint Louverture, 2022, six tomes de 240 à 260 pages
Blackwater - Michael McDOWELL (Blackwater, 1983), traduction de Hélène CHARRIER et Yoko LACOUR, illustration de Pedro OYARBIDE, Monsieur Toussaint Louverture, 2022, six tomes de 240 à 260 pagesBlackwater - Michael McDOWELL (Blackwater, 1983), traduction de Hélène CHARRIER et Yoko LACOUR, illustration de Pedro OYARBIDE, Monsieur Toussaint Louverture, 2022, six tomes de 240 à 260 pages
Blackwater - Michael McDOWELL (Blackwater, 1983), traduction de Hélène CHARRIER et Yoko LACOUR, illustration de Pedro OYARBIDE, Monsieur Toussaint Louverture, 2022, six tomes de 240 à 260 pagesBlackwater - Michael McDOWELL (Blackwater, 1983), traduction de Hélène CHARRIER et Yoko LACOUR, illustration de Pedro OYARBIDE, Monsieur Toussaint Louverture, 2022, six tomes de 240 à 260 pages

Blackwater - Michael McDOWELL (Blackwater, 1983), traduction de Hélène CHARRIER et Yoko LACOUR, illustration de Pedro OYARBIDE, Monsieur Toussaint Louverture, 2022, six tomes de 240 à 260 pages

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