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Barcelone, 1917. Le jeune David Martin, travaille pour le journal La Voz de la Industria. Son existence bascule le jour où il faut trouver de toute urgence un remplaçant au feuilletoniste dominical ; non seulement David est choisi mais son feuilleton rencontre un immense succès. Pour la première fois David peut se faire payer pour son véritable talent : l'écriture.
Pour autant la route est encore longue. Il va d'abord se faire exploiter par deux éditeurs sans scrupules qui lui demandent de produire à la chaîne des feuilletons sous pseudonyme. Les mêmes l'arnaqueront au moment de l'édition de son propre roman et ne feront rien pour le défendre face à une critique particulièrement virulente. Le désespoir est à son comble quand la femme qu'il aime décide d'épouser celui qui était jusque là son mentor.
C'est à ce moment qu'un mystérieux éditeur parisien, Andreas Corelli, lui propose, contre une petite fortune, de créer un texte fondateur, une sorte de nouvelle Bible, « une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d'être tués ». Du jour où le contrat est accepté, une étrange mécanique de mort se met en place autour de David. D'abord fasciné, puis épouvanté, David Martin mène son enquête sur cet éditeur dont les pouvoirs semblent transcender le temps et l'espace et à qui il a de plus en plus l'impression d'avoir vendu son âme.

Le jeu de l'ange est le deuxième opus du Cimetière des Livres Oubliés. On y retrouve en effet le lieu éponyme, de même que certains personnages, en l'occurrence la famille Sempere qui gère déjà la librairie du même nom. On y retrouve aussi une certaine unité de ton, entre mélancolie et menace. Mais le récit est aussi plus classique et linéaire que chez son prédécesseur, moins politique aussi, plongeant le lecteur dans une énième réinterprétation du mythe faustien, lequel fait ici la part belle au processus de création littéraire, en particulier à ses pouvoirs de rédemption comme de destruction.

Si les personnages mis en scène ne sont certainement pas aussi aboutis que dans L'ombre du vent, ils sont bel et bien joliment mis en scène. Les connaisseurs apprécieront aussi de retrouver la librairie Sempere et ses gérants des années 20 et 30 qui ne sont ni plus ni moins que les parents de Daniel Sempere, personnage central du précédent opus. En particulier la mère de ce dernier, Isabella, qui était une figure éthérique dans le premier roman est bel et bien vivante dans Le jeu de l'ange et y joue un rôle central.

Moins marquant que L'ombre du vent, mais néanmoins d'une lecture très plaisante, Le jeu de l'ange est un roman hautement recommandable et confirme que Carlos Ruiz ZAFON a trouvé avec son Cimetière des Livres Oubliés un terrain propice au développement de son imaginaire toujours aussi fin.

Le jeu de l'ange - Carlos Ruiz ZAFON (El juego del ángel, 2008), traduction de François MASPERO, Robert Laffont, 2009, 536 pages

Le jeu de l'ange - Carlos Ruiz ZAFON (El juego del ángel, 2008), traduction de François MASPERO, Robert Laffont, 2009, 536 pages

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