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Jasmine Pascal-Anderson est lieutenant pour l'Otan lors de la désintégration yougoslave et la tragédie interethnique de 1999. Grièvement blessée lors d'une mission, son coeur s'arrête de battre pendant de longues secondes. Il repart néanmoins et, à son réveil, Jasmine est persuadée d'avoir vu l'antichambre de la mort, une étrange ville portuaire évoquant la Chine ancestrale où règne la terreur pour s'emparer des  « visas » de ceux qui sont susceptibles de retourner à la vie. Quelques années plus tard, quand son fils de cinq ans doit subir une intervention chirurgicale nécessitant un arrêt cardiaque, elle décide de l'accompagner en provocant sa propre mort artificielle. Jasmine et Dante vont alors devoir se battre contre les lois iniques du lieu, et même participer à un simulacre de justice d'un autre temps, le playground...

Lars KEPLER est le pseudonyme d'un couple d'auteurs suédois, Alexander et Alexandra Ahndoril. Jusque-là spécialisé dans le roman noir, il produit avec Playground un premier one-shot à la confluence des genres. Le noir est toujours présent, mais il est cette fois-ci mêlé au surnaturel d'un lieu mythique. Très clairement inspiré par La Divine Comédie de Dante (comme le prénom du fils de Jasmine...) ALIGHIERI, Lars KEPLER transpose les neuf cercles de l'Enfer dans le cadre d'une mythologie chinoise où l'on retrouve les neufs péchés imaginés par le florentin (les limbes, la luxure, la gourmandise, l'avarice, la colère, l'hérésie, la violence, la tromperie et la trahison).

Si la source d'inspiration est riche, son traitement laisse le lecteur quelque peu sur sa faim. En dehors du portrait de Jasmine en tant que femme, les autres personnages mis en scène sont finalement assez peu caractérisés. Surtout, il est bien difficile de croire à cette antichambre de la mort dans laquelle se succèdent des scènes de violence interminables et où l'humanité n'est capable que de perversité, à tout le moins de voyeurisme morbide.

Pour autant Playground se lit rapidement, et sans déplaisir particulier, mais sera tout aussi vite oublié.

Playground - Lars KEPLER (Playground, 2015), traduction de Lena GRUMBACH , illustration de Tom BAGSHAW, Actes Sud collection Exofictions, 2017 , 416 pages

Playground - Lars KEPLER (Playground, 2015), traduction de Lena GRUMBACH , illustration de Tom BAGSHAW, Actes Sud collection Exofictions, 2017 , 416 pages

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