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Oeuvre majeure de la littérature allemande, et peut-être même mondiale, La montagne magique de Thomas MANN a été rééditée récemment dans une nouvelle traduction (la précédente datait de 1931).

L’intrigue se déroule au début du XXème siècle et conte l’expérience de Hans Castorp, jeune ingénieur hambourgeois, dans le sanatorium de Berghof, près de Davos en Suisse. Initialement simple visite de trois semaines à son cousin Joachim Ziemssen, l'allemand y contracte une pathologie qui ne le fera retourner « en bas » que sept années plus tard, en pleine Première Guerre mondiale...

Entre-temps il découvre une galerie de personnages incarnant chacun une facette de l’époque. Il y a par exemples l'italien Settembrini, franc-maçon, avocat de la Raison et du Progrès, le mystique jésuite Naphta, contempteur de la société bourgeoise, le docteur Krokovski, adepte de la psychanalyse, l’hédoniste Peeperkorn et l'ensorcelante Clavdia Chauchat, personnification de la volupté. Chacun agit à sa façon sur le jeune Castorp, qui voit alors sa vie totalement chamboulée.

A l'origine La montagne magique devait faire écho à La Mort à Venise, nouvelle publiée douze ans plus tôt, en intégrant une dimension satirique aux thèmes de la mort, de l'art et de la nostalgie si brillamment développés dans la célèbre nouvelle. Mais la longue phase d'écriture (entre 1912 et 1923) est marquée par la Première Guerre mondiale qui décide Thomas MANN a intégrer dans son oeuvre bien d'autres thèmes que le conflit avait rendu plus actuels. Le résultat est une oeuvre monumentale (près de 800 pages bien tassées dans la présente édition) qui n'a alors plus de commun avec La mort à Venise que la richesse de la langue et les innombrables références plus ou moins explicites.

La montagne magique est donc un roman exigeant, qui gagne certainement à être lu lentement, ne serait-ce que pour la beauté du verbe. Quant aux références philosophiques, historiques et culturelles elles sont heureusement souvent expliquées par la traductrice dans des notes de bas de page succinctes, mais claires. Il n'en demeure pas moins que l'oeuvre est à réserver aux lecteurs avertis qui ont l'occasion de se plonger ici dans le très beau tableau d'une époque, un havre de paix qui annonce le premier chaos du siècle.

Signalons enfin l'intéressante postface de Claire de OLIVEIRA qui vient éclairer l'oeuvre à l'aune de son travail de traduction.

La montagne magique - Thomas MANN (Der Zauberberg,1924), traduction de Claire de OLIVEIRA, Fayard, 2016, 784 pages

La montagne magique - Thomas MANN (Der Zauberberg,1924), traduction de Claire de OLIVEIRA, Fayard, 2016, 784 pages

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