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En un lieu et une époque indéterminés, Thomas est un barde particulièrement charismatique. Non seulement ses compositions et ses vers sont un pur ravissement, mais son physique, sa voix et son intelligence font qu’il est reçu dans toutes les cours, liant souvent de précieuses amitiés, s’attirant parfois des ennuis. C’est pourtant dans une campagne, auprès de gens simples, que Thomas vient régulièrement se ressourcer jusqu’à y trouver l’amour. Sa vie bascule pourtant le jour où, acceptant le baiser de la Reine des Elfes, il entre pour sept années dans le royaume de Faërie…

Thomas le Rimeur est un roman à classer dans la pure tradition des contes, celle de ces histoires que l’on lit ou que l’on se fait raconter au coin d’un feu de bois. Ellen KUSHNER s’inspire d’ailleurs d’une ballade celtique, ce qui nous aide finalement à situer l’intrigue dans une campagne d’Écosse à une époque où les Elfes, sans se montrer au commun des mortels, sont bel et bien présents. Le conte nous est narré à quatre voix. La première est celle de Gavin, un berger qui accueille Thomas chez lui par une sombre nuit d’automne, et qui nous raconte comment le barde est en quelque sorte devenu son fils adoptif. La deuxième est celle de Thomas lui même, qui nous détaille ses sept années passées auprès de la reine des Elfes, et in fine comment sa vie a basculé. La troisième est celle de Meg, la femme de Gavin, qui nous fait vivre le retour douloureux de Thomas dans le monde du Milieu, celui des Humains. La quatrième enfin, celle de Elspeth, la femme que Thomas aime d’un véritable Amour, pour nous raconter la fin de la vie du Rimeur.

Cette vie a beau être merveilleuse, elle n’en est pas moins simple. Ici on ne trouvera pas d’épopée héroïque, ni de monstre à terrasser, ni même de bataille à gagner. On n’y trouvera finalement qu’une chronique de la vie de Thomas, qui apprend petit à petit à vivre parmi les siens, l’essentiel tenant dans les sentiments et dans ses relations avec les autres.

Mais ce n’est pas pour autant que l’on s’ennuie, bien au contraire. L’écriture est belle et parfaitement fluide. Le rythme, certes lent, est parfaitement dosé. C’est toujours poétique, souvent bouleversant, en deux mots terriblement efficace !

CITRIQ

Thomas le Rimeur - Ellen KUSHNER (Thomas the Rhymer, 1990), traduction de Béatrice VIERNE, illustration de EIKASIA, Gallimard collection Folio SF n° 116, 2002, 384 pages

Thomas le Rimeur - Ellen KUSHNER (Thomas the Rhymer, 1990), traduction de Béatrice VIERNE, illustration de EIKASIA, Gallimard collection Folio SF n° 116, 2002, 384 pages

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