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Nicholas d'Urfe (nom choisi en référence à l'auteur de L'Astrée) est un jeune homme élevé dans les préceptes de la petite bourgeoisie anglaise. A l'âge adulte, cette éducation a fait de lui un personnage cynique, égocentrique et finalement médiocre qui, en 1953, accepte un poste d'enseignant sur une île grecque isolée pour échapper à la vacuité de son existence, en dépit de la jeune compagne qu'il laisse derrière lui.

Sur place il fait la connaissance de Conchis, un vieil homme riche et étrange qui vit reclus dans une vaste propriété de l'île. Entre les deux hommes se met en place un jeu de rôles dans lequel Conchis se révèle manipulateur et complexe et Nicholas victime consciente mais incapable de se sortir d'un filet dont les mailles se font de plus en plus serrées.

Le lecteur assiste ainsi à une véritable initiation psychologique dirigée subtilement par un homme capable de conduire son sujet d'expérience aux frontières de la réalité et de la conscience en manipulant ses faiblesses ; c'est en cela qu'il est un véritable mage. Pour John FOWLES, écrivain anglais parfois associé au mouvement du postmodernisme, c'est l'occasion de construire une oeuvre dense dans laquelle se mêlent les genres (thriller psychologique, fantastique, romance, érotisme...) et fourmillent les références culturelles, mythologiques en particulier. Le roman est d'ailleurs dédié à Astarté, déesse de la mythologie cananéenne assimilée à la guerre, l'amour et la fécondité, et dont les traits seront plus tard repris par les égyptiens (Isis) puis par les grecs (Aphrodite). L'expérience de Nicholas sur son île grecque se rapproche par bien des aspects du culte de cette déesse, traditionnellement célébré dans le cadre d'orgies où les femmes jouaient un rôle central.

Au-delà ce cette brève présentation, il est bien difficile de parler du Mage plus avant sans en dévoiler les éléments-clés de l'intrigue. Précisons juste que l'érudition n'empêche pas John FOWLES d'être un formidable conteur, faisant de son roman une oeuvre philosophique à la portée de tous. Le mage est de ces œuvres à lire et à relire rien que pour le plaisir des mots et qui in fine appellent les superlatifs pour les qualifier, et même si on ne sait pas toujours très bien pourquoi.

CITRIQ

Le mage - John FOWLES (The Magus, 1966 et 1977), traduction de Annie SAUMONT, Albin Michel, 2006, 656 pages

Le mage - John FOWLES (The Magus, 1966 et 1977), traduction de Annie SAUMONT, Albin Michel, 2006, 656 pages

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