Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Premier tome d'une trilogie, Le lien maléfique prend la forme d'une saga familiale suivant quelques générations de sorcières du XVIIème siècle à nos jours. Si l'histoire se déroule principalement à La Nouvelle-Orléans, tout démarre en Ecosse avec Suzanne Mayfair qui invoque l'esprit de Lasher avant d'être brûlée vive. Cet esprit maléfique va alors apporter beauté, amour et richesse à chaque héritière de la famille, tout en les dotant de pouvoirs particuliers plus ou moins forts ; il arrive aussi qu'il leur soit néfaste en les rendant folles. Mais Lasher a un objectif qui n'appartient qu'à lui, celui de s'incarner physiquement dans la progéniture de la treizième génération.

Cette treizième sorcière se nomme Rowan Mayfair. Elle a été adoptée dès la naissance par de lointains cousins pour échapper à la malédiction. Médecin en Californie, elle ignore tout de sa famille et de ses caractéristiques jusqu'à la mort de sa mère en 1989 alors qu'elle a trente ans. Elle est alors rattrapée par sa destinée, l'intermédiaire étant l'homme dont elle tombe amoureuse, Michael Curry, qui la ramène à La Nouvelle-Orléans pour en découvrir les secrets.

C'est d'ailleurs lui qui découvre en premier la chronologie de la famille Mayfair par le biais d'un dossier constitué par une organisation secrète, le Talamasca, qui suit les agissements de la famille depuis l'origine. Ce dossier imposant occupe une grande part de la deuxième partie du roman et se révèle très clairement ce qu'on y trouve de plus réussi et plaisant. Anne RICE nous y propose en effet ce qu'elle maîtrise parfaitement et qu'elle avait d'ailleurs utilisé abondamment dans son célèbre premier roman : le journal comme méthode de rétrospective historique.

Pour le reste, le lecteur suit essentiellement Rowan Mayfair, de son refuge californien à sa rencontre avec l'esprit de Lasher, en passant par la découverte de sa vaste famille et de la demeure ancestrale (personnage à part entière dans le roman). Sans que cela soit particulièrement déplaisant au niveau du roman dans son ensemble, il est difficile de ne pas avoir l'impression que RICE tire souvent à la ligne et que le récit aurait pu être élagué de quelques dizaines (centaines ?) de pages. Cette sensation est d'autant plus prégnante que le final est attendu, pour ne pas dire convenu, et que le lecteur sait dès le départ que la fin du roman n'en sera pas vraiment une et appellera inévitablement une suite.

Au final, les lecteurs qui connaissent et apprécient l'auteure ne seront pas déçus et se précipiteront sur ce roman, si ce n'est déjà fait. Quant à ceux qui ne la connaissent pas, je ne saurais que trop leur conseiller de commencer par le meilleur d'Anne RICE pour se forger une opinion et aller plus avant, ou non, dans sa bibliographie.

CITRIQ

Le Lien maléfique - Anne RICE (The Witching Hour, 1990), traduction de Annick GRANGER DE SCRIBA, illustration de Éric SCALA, Fleuve Noir collection Thriller Fantastique, 2004, 868 pages

Le Lien maléfique - Anne RICE (The Witching Hour, 1990), traduction de Annick GRANGER DE SCRIBA, illustration de Éric SCALA, Fleuve Noir collection Thriller Fantastique, 2004, 868 pages

Tag(s) : #R...

Partager cet article

Repost 0