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Les éditions Gallmeister poursuivent leur réédition des nouvelles de Dorothy M. JOHNSON. Après un premier recueil de haut niveau, en voici donc un deuxième sur les mêmes thématiques et doté des mêmes qualités. La colline des potences réunit dix nouvelles, dont trois sont inédites en France ; ce faisant l'édition française correspond désormais strictement à l'édition américaine originale.

Le recueil démarre sur la thématique amérindienne. Une soeur disparue est une femme blanche ayant passé une quarantaine d'années chez les indiens avant de retrouver sa famille. La cohabitation s'avère toutefois difficile, voire impossible, tant les différences culturelles sont devenues énormes.

Les dernières paroles de Wolfer Joe avant d'être pendu est d'affirmer que la seule chose bien qu'il a fait dans sa vie est d'avoir trahi une femme. Une dernière fanfaronnade ou une triste réalité ?

Au réveil, j'étais un hors-la-loi. C'est ce que nous explique un jeune homme un peu simple, dont le hasard de ses rencontres le fait tomber dans le banditisme. Dès lors il ne reste plus que la chance pour qu'il retrouve une vie conforme à ses aspirations.

L'homme qui connaissait le Bucksin Kid a 90 ans quand il est interrogé sur ce célèbre bandit. Il se souvient alors qu'un demi siècle auparavant il aurait bien pu se joindre à sa bande si le hasard, encore une fois, n'en avait pas décidé autrement.

Première nouvelle totalement inédite en France, Un présent sur la piste met en scène un jeune homme qui retrouve la famille qu'il a sauvé des indiens quelques dix années auparavant. Ces retrouvailles sonnent peut-être comme un présage d'années fastes après la difficile décennie écoulée.

Un jeune garçon est recruté pour assister un vieil homme aveugle vivant avec sa fille indienne. Il vit surtout dans ses souvenirs de jeunesse glorieuse, dans Une époque de grandeur qui a tout pour effrayer, mais aussi fasciner un jeune garçon.

Dans son Journal d'aventure un homme blessé en pleine nature couche sur le papier ce qu'il croit être ses dernières réflexions sur sa vie qu'il avait projeté. Mais il est finalement secouru par une Crow, l'honneur le conduisant alors à bouleverser tous ses projets de vie.

Cette deuxième nouvelle inédite en France est une très belle histoire d'amour tragique. L'histoire de Charley c'est quarante ans de séparation avant que le couple ne se retrouve, ayant chacun vécu une autre vie bien difficile.

Une squaw a bénéficié des largesses et de l'éducation d'une famille de colons dans sa jeunesse. Mais pour l'amour d'un homme blanc elle a également renoncé à tout, y compris à cet amour lui-même, oubliant jusqu'à la langue anglaise, redevenant alors pour tous Une squaw traditionnelle. Il s'agit là de la troisième nouvelle jusqu'alors inédite en France.

Une jeune femme est secourue dans un camp de chercheurs d'or, univers machiste et violent s'il en est. Là ses seuls alliés sont le docteur et son serviteur qui cachent tous deux de lourds secrets et qui tentent d'extraire la jeune femme de cette prison qui n'ose pas dire son nom. Emblème de cet univers de violence, La colline des potences qui surplombe le camp...

Le recueil s'achève donc sur cette image très cinématographique, et d'ailleurs adaptée par Delmer Daves en 1959. La nouvelle elle-même, plus longue que d'habitude dans l'oeuvre de Dorothy M. JOHNSON, donne d'ailleurs l'impression d'avoir été calibrée pour le cinéma. Pour le reste on remarquera que les indiens sont quelque peu effacés par rapport au recueil précédent, à tout le moins plus ou moins assimilés à la communauté blanche. C'est sur cette dernière que JOHNSON se concentre, voulant faire état de la rudesse de leur vie à l'heure où la colonisation s'achève. C'est une nouvelle fois superbe et terriblement émouvant. La colline des potences constitue à cet égard le plus beau des compléments à Contrée indienne.

CITRIQ

La colline des potences - Dorothy M. JOHNSON (The Hanging Tree, 1957), traduction de Lili SZTAJN, illustration de Valérie RENAUD, Gallmeister collection Totem, 2015, 312 pages

La colline des potences - Dorothy M. JOHNSON (The Hanging Tree, 1957), traduction de Lili SZTAJN, illustration de Valérie RENAUD, Gallmeister collection Totem, 2015, 312 pages

Tag(s) : #J..., #Nouvelles éparses

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