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Le moine chinois Tripikata effectue un pélerinage vers l’Inde afin d’acquérir des textes sacrés de la main même du Bouddha. Il est escorté pour cela de trois disciples, Singet, Porcet et Sablet, qui l’aident à affronter les 81 épreuves qui parsèment son périple…

A l’origine, La Pérégrination vers l’Ouest est le récit de Xuanzang qui, au VIIème siècle, partit pour l’Inde chercher les livres qui lui permettraient de retrouver les véritables soutras du Bouddha. Dans les siècles qui suivirent, les conteurs chinois s’emparèrent du schéma narratif et lui adjoignirent la plupart des figures de l’imaginaire chinois de l’époque, celles du taoïsme et du bouddhisme en tête, ce qui conduisit à une masse impressionante de récits épars.

C’est au XVIème siècle que le très probable compilateur, Wu CHENG'EN, rassembla cette masse d’écrits pour en faire une oeuvre unique et cohérente. C’est ainsi qu’à un récit de voyage est associé nombre de fantômes et monstres, créant par-là même une fantasmagorie dont l’interprétation pointue conduit inévitablement aux préceptes les plus profonds du bouddhisme.

La pérégrination vers l’Ouest propose donc au moins deux niveaux de lecture. C’est bien sûr celui du simple récit de voyage ponctué de rencontres et d’aventures, qui donnent une impression de linéarité tellement elles sont nombreuses et semblent répétitives. Mais c’est aussi celui du récit bouddhique, dans lequel les actes de chacun des protagonistes leur permettent d’analyser leur propre vie et de prendre conscience qu’il est essentiel de se consacrer au bien de tous les êtres. C’est en fait le contenu même des textes sacrés recherchés qui est révélé petit à petit tout au long de la Pérégrination.

On entrevoit encore au travers du récit l’époque Ming dont le système politique et administratif est reproduit dans l’entourage des divinités et des démons, et dans leurs relations entre eux. L’oeuvre a d’ailleurs parfois été vue comme une satire de la société de l’époque.

Tout cela est servi par une écriture et une traduction de grande qualité. C’est en outre très rythmé et non dénué d’humour, ce qui ne gâche rien. La Pérégrination vers l’Ouest est donc un superbe texte, dont la profondeur et l’apparent non-sens en font un texte fondateur de la Fantasy asiatique (par exemple, Dragon Ball, le célèbre manga de Akira Toriyama, en est une libre adaptation).

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La pérégrination vers l'Ouest - Wu CHENG'EN (Xiyou Ji, XVIème siècle), traduction de André Levy, Gallimard collection Bibliothèque de la Pléiade, 1991, 1312 pages (Tome I) et 1200 pages (Tome II)La pérégrination vers l'Ouest - Wu CHENG'EN (Xiyou Ji, XVIème siècle), traduction de André Levy, Gallimard collection Bibliothèque de la Pléiade, 1991, 1312 pages (Tome I) et 1200 pages (Tome II)

La pérégrination vers l'Ouest - Wu CHENG'EN (Xiyou Ji, XVIème siècle), traduction de André Levy, Gallimard collection Bibliothèque de la Pléiade, 1991, 1312 pages (Tome I) et 1200 pages (Tome II)

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