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Référence littéraire utilisée par Pierre LEMAITRE dans Travail soigné, Laidlaw m'était totalement inconnu et ne pouvait qu'interpeller ma curiosité d'amateur de romans noirs.

Noir, le roman l'est incontestablement. On est à Glasgow, en Ecosse, dans les années 1970. Cela fait déjà un moment que la ville a entamé son déclin économique et démographique, engendrant de fait une pauvreté croissante et une montée en puissance de la pègre, seule à même d'exploiter la misère humaine. Comme souvent dans le genre, l'inspecteur Jack Laidlaw est un flic dépressif et alcoolique. Il porte toutefois un regard aiguë sur la société dans laquelle il vit et n'accepte ni la langue de bois ni l'hypocrisie de ses congénères ; il s'impose un devoir de vérité, tant sur la société écossaise, que sur les affaires criminelles sur lesquelles il travaille.

Il doit justement enquêter sur un crime sexuel abominable. Bien sûr son objectif est de retrouver le meurtrier, afin de le faire juger et condamner à la mesure de ses actes. Mais il veut aussi le protéger de la vindicte populaire qui, sous l'influence des truands de la ville, tente de se substituer à la justice. Telle est l'une des conséquences de la déliquescence d'une société en voie de paupérisation.

Grâce à cette approche, Laidlaw est un roman bien plus original qu'il n'y parait de prime abord, sa dimension sociale étant particulièrement pertinente. Pour cela la narration de William McILVANNEY se structure autour d'une multiplicité de points de vue qui enrichissent un contexte pesant et une atmosphère sordide. Le lecteur observera par exemple la colère mal dirigée du père de la victime ou le silence résigné de la mère ; il appréciera surtout l'humanisme torturé de Laidlaw qui, si l'on devait lui trouver une quelconque filiation, pourrait être le fruit du croisement littéraire entre le commissaire Maigret (qui cherche plus à comprendre les criminels qu'à les juger) et le flic anonyme de Robin COOK (pour sa sensibilité exacerbée).

Laidlaw est donc une lecture tout à fait intéressante et recommandable aux amateurs de romans noirs.

CITRIQ

Laidlaw - William McILVANNEY (Laidlaw, 1977), traduction de Jan DUSAY, Rivages, 1987, 284 pages

Laidlaw - William McILVANNEY (Laidlaw, 1977), traduction de Jan DUSAY, Rivages, 1987, 284 pages

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