Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recevant quelques amis, un scientifique prétend avoir inventé une machine à explorer le temps et leur raconte son aventure en l’an 802701. Dans ce futur, l’Humanité est divisée en deux groupes : celui des Eloïs, en parfaite symbiose avec la nature, et celui des Morlocks, voué aux ténèbres et à la servitude…

La machine à explorer le temps est le premier roman d’Herbert George Wells. Avec lui, il devenait avec Jules Verne le père fondateur de la science fiction sur une thématique maintes fois utilisée depuis : le voyage dans le temps. Mais là où les récits de Verne impliquent un décalage vers l’avenir, sans que pour autant celui-ci soit posé comme un fait, Wells justifie la possibilité de ce voyage en recourant à une hypothèse scientifique contemporaine : l’existence d’une quatrième dimension, le temps.

Ceci posé, Wells franchit alors le pas de la création d’une machine capable de voyager dans cette quatrième dimension. Il nous entraîne alors dans l’avenir peu reluisant de l’Humanité. Mais là encore, tout n’est pas qu’imagination de la part de l’auteur, mais bel et bien inspiré de ce que certains scientifiques et penseurs de son temps croient dur comme fer : la société moderne porte en elle les germes de son inévitable déclin. Ces germes sont l’urbanisation anarchique, l’invasion de la vie privée par la collectivisation de l’information, le développement de la propagande et, surtout, l’approfondissement du fossé séparant la classe exploitante et la classe dominée (au début de sa vie Wells était un socialiste convaincu).

L’évolution de notre société moderne n’a donc conduit qu’à la décadence et à la dégénérescence de l’Humanité. L’ancienne classe exploitante, les Eloïs, est devenue inutile et improductive, incapable de la moindre réaction face à l’adversité. L’ancienne classe dominée, les Morlocks, s’est quant à elle enfouie sous terre d’où elle gère une machinerie qui rend possible l’existence des anciens exploitants…

Tout cela est extrêmement bien écrit et le roman, en dépit de son âge et des multiples adaptations cinématographiques (généralement mauvaises) dont il a fait l’objet, est passionnant. Certes la description des Eloïs et des Morlocks peut paraître aujourd’hui quelque peu naïve, mais la réflexion sur notre devenir entretient aujourd’hui encore la richesse de cette oeuvre majeure de la science fiction.

CITRIQ

La machine à explorer le temps (The Time Machine, 1895), traduction de Henry D. Davray, Gallimard collection Folio SF n° 73, 2001, 174 pages

La machine à explorer le temps (The Time Machine, 1895), traduction de Henry D. Davray, Gallimard collection Folio SF n° 73, 2001, 174 pages

Tag(s) : #W...

Partager cet article

Repost 0