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Dans les années 70, et jusqu’à la fin des années 80, La grande anthologie de la science-fiction est un formidable outil pour les amateurs éclairés du genre.
Chacun des 36 volumes publiés regroupe en effet un choix éclectique de textes, dont la très large majorité est issue de l’âge d’or de la science-fiction (des années 40 aux années 60).
Mais l’anthologie est également un excellent outil d’initiation pour les novices en matière de science-fiction. Outre l’introduction générale, la préface et le dictionnaire des auteurs, chaque nouvelle publiée est agrémentée d’une introduction présentant le thème abordé.

Histoires de demain ne fait pas exception à cette règle et s’intéresse à l’avenir plus ou moins proche de notre société.
Bon nombre de préoccupations actuelles sont déjà là : la consommation à outrance, la publicité envahissante, les conflits piétons-aumobilistes, la surpopulation, le meurtre légalisé, les châtiments, etc.
L’ouvrage compte 19 nouvelles dont voici la liste exhaustive agrémentée d’une brève présentation :


1) Robert SHECKLEY, Le Coût de la vie (Cost of Living, 1952, traduction de Marcel BATTIN)
Le développement de la société de consommation va de pair avec celui du crédit, quitte à ce qu’une génération engage les générations qui la suivront...

2) Ann Warren GRIFFITH, Auditions forcées à perpétuité (Captive Audience, 1953, traducteur inconnu)
Quand la publicité est permanente dans tous les lieux et tous les actes de la vie quotidienne, même les plus anodins…

3) Dave DRYFOOS, Début de carrière (New hire, 1953, traducteur inconnu)
Le vieillissement de la population engendre nécessairement une transformation de la société : ici ce sont les jeunes qui perçoivent une pension, et ce jusqu’à 40 ans, âge auquel ils doivent se mettre à travailler pour 35 ans…

4) Fritz LEIBER, Les Pieds et les roues (X marks the pedwalk, 1963, traduction de Christine RENARD)
Où automobilistes et piétons sont libres de s’entretuer dès lors que les règles édictées par les autorités sont respectées…

5) Richard WILSON, Huit milliards d’hommes à Manhattan (The eight billion, 1965, traduction de Paul ALPERINE)
L’effet de la surpopulation à New-York…

6) J. B. MORTON, A la queue (On the Way to her Sister, 1954, traduction de Roger DURAND)
Quand le conformisme devient extrême, on est prêt à entrer dans une file d’attente sans but précis…

7) Kurt Jr VONNEGUT, Pauvre surhomme (Harrison Bergeron, 1961, traduction de Christine RENARD)
Le principe égalitaire peut-il tirer l’Humanité vers le bas ?

8) Richard MATHESON, Le Phagomane (F…, 1952, traduction de Alain DOREMIEUX)
Et si dans le futur la nourriture était prohibée ?

9) Damon KNIGHT, Tu ne tueras point (The country of the kind, 1956, traduction de Régine VIVIER)
Lorsqu’on est l’unique criminel d’une société humaine et tolérante on est soit le Roi du Monde, soit malade…

10) Robert SILVERBERG, Voir l’homme invisible (To see the invisible man, 1963, traduction de Michel DEMUTH)
L’invisibilité est-elle un châtiment efficace contre l’asocialité ?

11) Henry KUTTNER & C. L. MOORE, Le Repos du chasseur (Home is the hunter, 1953, traduction de Paul HEBERT)
Quand le crime est un sport dont les champions sont idolatrés…

12) Poul ANDERSON, Sam Hall (Sam Hall, 1952, traduction de Denise HERSANT)
L’ordinateur comme outil répressif et… libérateur.

13) Isaac ASIMOV, Droit électoral (Franchise, 1955, traduction de Denise HERSANT)
Les progrès de la théorie des sondages permettent désormais d’élire le chef de l’Etat sur la base de l’interrogation d’une seule et unique personne…

14) Theodore R. COGSWELL, Le Bûcher (The burning, 1960, traduction de Arlette ROSEBLUM)
Une sinistre tradition dans une société matriarcale…

15) Poul ANDERSON, Les Fauteurs de paix (The Peacemongers, 1957, traduction de Roger DURAND)
Lorsque la guerre est la condition nécessaire au confort des peuples, ceux qui veulent la paix sont de dangereux révolutionnaires…

16) Larry SIEGEL, Les Joies de la télévision (Dead-eye Daniel, 1954, traducteur inconnu)
Quand regarder la télévision est un sport donnant lieu à des compétitions internationales…

17) Robert SHECKLEY, Le Prix du danger (The prize of peril, 1958, traduction de Arlette ROSENBLUM)
Dans ce jeu de téléréalité, un unique candidat doit échapper à un groupe de meurtrier pendant une semaine…

18) Ward MOORE, Le Rebelle (Rebel, 1961, traduction de Arlette ROSEBLUM)
Le conflit des générations à une époque où la bohème n’a pas le même visage que celle d’aujourd’hui…

19) Clifford Donald SIMAK, Cycle fermé (Full cycle, date inconnue, traduction de Michel DEUTSCH)
Et si l’Histoire n’était qu’un éternel recommencement…

On notera la présence d’auteurs aujourd’hui reconnus. Ils signent d’ailleurs ce qu’il y a de meilleur dans cette anthologie (ANDERSON, ASIMOV, SHECKLEY, SIMAK), bon nombre des autres présentant également de grandes qualités.

Finalement, il n’y a guère que deux nouvelles pour ne pas être à la hauteur du reste du volume (Les joies de la télévision et Le rebelle, dont les thématiques sont particulièrement tirées par les cheveux), ce qui est relativement peu pour un ouvrage de cet ampleur.

Histoires de demain est donc un excellent plaisir de lecture, que l’on devra malheureusement rechercher sur le marché de l’occasion, La grande anthologie de la science-fiction n’étant plus éditée depuis la fin des années 80.

CITRIQ

Histoires de demain - Anthologie présentée par Demètre IOAKIMIDIS, Jacques GOIMARD et Gérard KLEIN, illustration de Pierre FAUCHEUX, Le Livre de Poche collection La Grande anthologie de la science fiction n° 3771, 1976, 448 pages

Histoires de demain - Anthologie présentée par Demètre IOAKIMIDIS, Jacques GOIMARD et Gérard KLEIN, illustration de Pierre FAUCHEUX, Le Livre de Poche collection La Grande anthologie de la science fiction n° 3771, 1976, 448 pages

Tag(s) : #Nouvelles éparses

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