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Le centurion Gaius Valerius Gratillonius est chargé d’une mission par le Commandant des forces romaines en Bretagne, Magnus Clemens Maximus : établir une ambassade dans la légendaire et mystérieuse cité d’Ys, sise à l’extrême ouest de l’Armorique. Avec cette mission, Gratillonius doit asseoir la position militaire et politique de Maxime…

C’est avec un poids lourd de la SF que Calmann-Lévy poursuit sa redécouverte de la Fantasy. Car Poul Anderson, peu publié en France, bien que prolixe, est avant tout connu des lecteurs francophones pour ses romans de SF, notamment ses space opera. Il s’associe ici à sa femme Karen, pour nous délivrer un pur roman de Fantasy, inspiré d’une période de notre histoire restée étrangement peu exploitée.

Le couple s’inspire donc de deux sources pour Roma Mater : d’une part la légende de la ville d’Ys, d’autre part le Haut Moyen Âge au moment du déclin de l’Empire romain. De la première source, il est préférable de ne pas entrer dans les détails, au risque de dévoiler une bonne partie de l’intrigue, non seulement de Roma Mater lui-même, mais également des trois tomes à venir pour compléter le Cycle du roi d’Ys ; retenons toutefois qu’Ys est supposée avoir été située dans la baie de Douarnenez, et qu’elle était construite plus basse que le niveau de la mer, son existence ne dépendant que d’une digue percée de portes dont le roi portait les clefs autour du cou…

Quant au Haut Moyen Âge, il donne ici lieu à un important travail de recherche historique de la part des deux auteurs. Les notes, le glossaire et les cartes en fin de volume en sont une preuve irréfutable. Mais même l’écriture de Poul et Karen ANDERSON est toujours extrêmement précise, donnant l’impression au lecteur que chaque mot, chaque description et chaque dialogue sont parfaitement justes et à leurs places respectives. Tout cela est au service de la description d’un Empire romain qui entame son déclin, et ce tant d’un point de vue politique que d’un point de vue religieux.

L’ensemble donne un roman très agréable à lire. Certes il y a relativement peu d’action, ni même de ces créatures exotiques qui ont fait le succès de la Fantasy, mais l’omniprésence des religions dans ce qui est appelé à devenir l’Europe les remplace avantageusement. Je suis aussi partisan de croire que ce tome est destiné à poser un décor et une intrigue qui n’attendent que de se développer dans les tomes à venir. Car en refermant ce volume, on ne peut qu’avoir hâte d’ouvrir le suivant.

CITRIQ

Roma Mater - Poul et Karen ANDERSON (Roma Mater, 1986), traduction de Jean-Daniel BRÈQUE, illustration de Justin SWEET, Calmann-Lévy collection Fantasy, 2006, 384 pages

Roma Mater - Poul et Karen ANDERSON (Roma Mater, 1986), traduction de Jean-Daniel BRÈQUE, illustration de Justin SWEET, Calmann-Lévy collection Fantasy, 2006, 384 pages

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