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Deadwood est une petite ville du Dakota du Sud faisant partie du patrimoine national américain depuis 1961. Fondée illégalement sur un territoire indien à partir de 1874, quand le colonel George Armstrong Custer annonça la découverte de gisements d'or dans les Black Hills, elle devint très vite réputée pour abriter une importante population de bandits et de prostituées. En 1876 elle fut même le théâtre de l'assassinat de Wild Bill Hickok...

 

Le roman éponyme de Pete DEXTER débute d'ailleurs avec l'arrivée d'Hickok et de son ami Charlie Utter dans la ville. Si le meurtre du premier est au coeur du récit, c'est toutefois la vie du second à Deadwood qui en est la ligne directrice. Par ses yeux le lecteur fait en effet connaissance avec la bourgade et la galerie de personnages qui y habitent. Le décor est d'ailleurs planté dès leur entrée dans la ville, avec deux crétins congénitaux qui se baladent avec une tête humaine sous le bras. Et ce n'est qu'un début...

 

Dès lors tout le roman a pour objet de conter la vie de la petite communauté (Deadwood ne compte alors que quelques centaines d'habitants) sur une période de deux ans. On y fera ainsi la connaissance de quelques parfaits inconnus, mais également de véritables légendes de la conquête de l'ouest, tels Wild Bill Hickok bien sûr, mais aussi Calamity Jane. DEXTER met aussi bien en scène les notables que la plèbe, les bourgeoises comme les putains. Mais ce qui les rassemble tous c'est leur humanité, bien loin de la représentation traditionnelle des acteurs de cette période de l'histoire américaine.

 

Ainsi, au-delà de la légende, Hickok est-il un alcoolique bigleux, et Calamity Jane une femme bourrue qui fantasme son amour pour Hickok. De même, la populace n'a rien à envier aux activités souvent douteuses des bourgeois, ni les putains au regard de celles des dames. Américains de souche (ou presque), mexicains ou chinois, tous sont dans l'air de leur temps et en compétition pour décrocher la palme du plus détestable. Bon nombre d'entre eux exhibent les stigmates de la petite vérole, tout le récit sent la sueur et le sang, et le lecteur patauge littéralement dans la fange des rues de Deadwood.

 

En fait Pete DEXTER revisite ainsi un mythe de la conquête de l'ouest sur fond de réalité brute et sur un ton décalé plein d'humour noir. Si l'exercice est brillant pour la caractérisation de ses personnages, il tire toutefois en longueur et aurait probablement gagné à être allégé de quelques centaines de pages. Car en refermant ce roman dense il est bien difficile de ne pas s'interroger sur la finalité de tout cela, et de ne pas douter que l'Amérique se soit constituée uniquement sur de tels fondements.

 

CITRIQ

Deadwood - Pete DEXTER (Deadwood, 1986), traduction de Martine Leroy-Battistelli, Gallimard collection Folio policier n° 452, 2007, 624 pages

Deadwood - Pete DEXTER (Deadwood, 1986), traduction de Martine Leroy-Battistelli, Gallimard collection Folio policier n° 452, 2007, 624 pages

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